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Référendum Alsace - Le 7 avril : NON, pas l’abstention !

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Collectivité Territoriale d’Alsace – Referendum du 7avril 2013

Le 7 avril : NON, pas l’abstention ! 

Ayant déjà publié un article et une infographie sur la question de l'étrange seuil de 25% des inscrits pour le « oui », je suis régulièrement sollicité par des internautes qui se demandent s’il n’est pas préférable de s’abstenir plutôt que voter « non ». Comme l’abstention n’est pas un acte satisfaisant sur le plan démocratique, ces derniers se désolent d’envisager une telle hypothèse. Il sera pourtant bien plus efficace d’accomplir son devoir de citoyen, conformément à ses opinions, sans crainte de favoriser le « oui ». Bien au contraire. Car l'abstention va augmenter le score du "oui" sans pour autant le mettre en danger. Explications.

(cliquez sur les documents pour les agrandir)

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Ne pas aller voter pour faire tomber la participation, dans l'espoir de faire capoter le projet, c'est une erreur de perspective. Car avec la loi du 16 décembre 2010, nous ne sommes pas face à un taux de participation "classique", mais avec un seuil de votants pour le "oui" qui doit comptabiliser au moins 25% des inscrits pour passer. Autrement dit, la participation globale n’est pas le critère. C’est la participation des partisans du projet qui est en jeu. Pas celle des opposants.

1/ Si le nombre de "oui" n'atteint pas le seuil de 25% des inscrits, dans un seul des deux départements, ou dans les deux, le résultat de la consultation est réputé caduque, quel que soit le nombre de bulletins "non". Il n'y a donc aucun "risque" à voter "non".

2/ Si le nombre de « oui » atteint le seuil de 25% des inscrits, la seule façon pour les opposants au projet d'y changer quelque chose, c'est de voter massivement « non » pour dépasser le « oui » parmi les suffrages exprimés. C'est la logique démocratique.

3/ Si, avec une importante mobilisation des partisans du projet, le « oui » devait l'emporter tout de même le 7 avril, deux possibilités :

  • si l'abstention des opposants a été massive, le nombre de bulletins « non » est donc plutôt faible : cela donnera mathématiquement un score plus important pour le "oui" (au-dessus des 70%, pourquoi pas 80% voire plus). Cela lui donnera un poids plus grand lors des négociations futures avec le gouvernement et le parlement. Quant à l'abstention, elle sombrera dans l'oubli, tout comme les bulletins blancs et nuls. Le pourcentage des expriméssera utilisé par les promoteurs du projet et les « abstentionnistes d'opposition » seront rangés parmi les indifférents.
  • si au contraire le nombre de bulletins "non" est élevéle score du "oui" sera automatiquement plus faible (au-dessus de 50% des exprimés, mais de peu) : il sera dans ces conditions plus difficile de négocier avec le législateur, et les opposants auront pesé sur le scrutin.

Philippe Richert l'a lui-même reconnu: il s'agit de faire voter massivement les Alsaciens pour le "oui", afin de pouvoir peser ensuite sur le Parlement. Dans cette stratégie du chèque en blancce serait donc un atout pour le "oui" que les opposants se démobilisent et préfèrent l'abstention. Ne tombons pas dans ce piège.

M.L.

                                          *   *   *   *   *   *   *

      La démonstration par les chiffres

Conseil Collectivite territoriale Alsace 25 pour cent

Comme le sujet est compliqué (on se demande bien qui a inventé ça, mais on se souvient que Philippe Richert était à l'époque le ministre des collectivités locales qui a porté cette loi du 16 décembre 2010), je vais redire les mêmes choses en donnant cette fois-ci chiffres et exemples.

Il y a en Alsace environ 1,8M d’habitants et1,2M d’entre eux sont inscrits sur les listes électorales (ces chiffres sont arrondis, tout comme ceux qui suivront, afin de faciliter la compréhension).

Sur ces 1,2M d’inscrits, on compte grosso modo 500 000 inscrits dans le Haut-Rhin et 700 000 dans le Bas-Rhin.

Pour l’emporter, le « oui » doit réunir 25% des inscrits dans chacun des deux départementsséparément, soit 125 000 voix dans le Haut Rhin et 175 000 voix dans le Bas Rhin.

--> Imaginons maintenant que, dans le cas du Haut-Rhin, sur 500 000 inscrits, 150 000 d'entre eux soient déterminés à s’abstenir. Il resterait donc 350 000 électeurs intéressés par ce débat, pour ou contre le projet : soit une participation potentielle de 70%.

Imaginons toujours que parmi ces 350 000 électeurs potentiels, 150 000 souhaitent voter « oui »,soit 40% des inscrits. Le seuil des 25% d'inscrits serait donc atteint.

Il resterait donc 200 000 citoyens hésitant entre le « non », le blanc, le nul ou le choix d’une abstention supposément « stratégique ».

  • Sur ces 200 000, si 150 000 d’entre eux faisaient finalement le choix de l’abstention, laparticipation tomberait à 40% des inscrits. Le « oui » l’emporterait avec 150 000 voix contre les 50 000 qui ont voté "non", soit 75% des suffrages exprimés. Un « beau score » qui permettrait de « faire pression sur Paris ». Les chiffres de l’abstention, du vote blanc et des bulletins nuls, seront vite oubliés, et l’abstention d’opposition mêlées de façon inextricable avec l’abstention d’indifférence.
  • A l’inverse si sur les 200 000 "hésitants", 150 000 préféraient le bulletin « non », conformément à leur opinion sur ce projet, le taux de participation monterait à 60%. Le « oui » et le « non » seraient au coude à coude à 50-50%. Il suffirait d’un bulletin « non » supplémentaire pour faire échouer le projet. Dans le cas contraire, même avec quelques bulletins « oui » en plus, un score de 50,01% pour le « oui » l’handicaperait dans les négociations qui devront formaliser le projet. Et ce d’autant plus que le nombre de personnes ouvertement opposées aura été important.

     Conclusion

referendums locaux et nationaux en france depuis 1-copie-1

Le choix d’une abstention « stratégique » destinée à faire échouer le projet est donc une erreur. Quand on est opposant au projet, s'abstenir et inciter d’autres opposants à faire de même est totalement contre-productif.

Si un électeur souhaite que le projet ne passe pas, il doit logiquement aller voter « non ». Au moins pour faire monter le score du « non » et minimiser celui du « oui » en cas de victoire pour ce dernier. Au mieux pour faire monter la participation au-dessus de 50% dans l’objectif de mettre le "oui" en minorité.

Pour faire trébucher le « oui » (étant donnés les résultats du premier sondage), il convient donc de faire monter le plus possible la participationmobiliser les opposantsconvaincre les indifférents et ceux qui pensent actuellement qu'il est préférable de s'abstenir.

L’enjeu est aussi de mettre en lumière le grand malentendu du « oui » et montrer à nos concitoyens, a priori favorables à condition qu’il y ait des économies et de la simplification, que ce ne sera justement pas le cas, comme l'affirment des promoteurs du projet, comme Charles Buttner, président du conseil général 68, ou des opposants de taille, comme Constant Goerg, ancien président du CG68, Jean Ueberschlag, ancien député maire de Saint-Louis ou encore Pierre Freyburger, conseiller municipal de Mulhouse et conseiller général.

    Mathieu Lavarenne

Président du Cercle Républicain 68 Edouard Boeglin

Conseiller municipal indépendant

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 SOURCE:

http://referendum.alsace.over-blog.com/

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