PHARMAKON.fr - école de Philosophie d'Epineuil-le-Fleuriel - Bernard STIEGLER - (France)

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[NDLR : Depuis 2012, la rédaction de Politique-actu.com suit et entretient des relations avec plusieurs centres intellectuels exceptionnels dans le monde entier (USA, Grèce, Chine, Japon...) visant à promouvoir réflexions critiques, rencontres et échanges. Le projet #PHARMACON (France) est de ceux-la. JLPujo]
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Exorganologie III : Remondialisation, localités et modernité
Maison Suger (Métro St. Michel), les jeudis de 17 heures à 19 heures
28 Novembre 2019 / 12 Décembre 2019 / 23 Janvier 2020
30 Janvier 2020 / 6 Février 2020 / 5 Mars 2020
Argument : Quel est le périmètre de l’individuation collective dont nous posons avec Simondon qu’elle conditionne l’individuation psychique, et comment ce périmètre et cette condition peuvent-ils être configurés par l’individuation technique ? Questionner ainsi, c’est examiner comment s’entr’appartiennent ce que nous avons appelé les exorganismes simples, les exorganismes complexes inférieurs et les exorganismes complexes supérieurs.
Pour explorer ces questions, nous passerons par Les deux sources de la morale et de la religion et par ce que Bergson y considère comme le clos et l’ouvert. Nous tenterons en outre de comprendre ce qu’Augustin Berque tente d’établir à travers la mésologie qu’il élabore à partir de son interprétation du Fûdo du Watsuji Tetsurô. A partir de là, nous reviendrons vers les énoncés de Marcel Mauss autour de la question de l’internation, de leurs limites, et de leur nécessité.
Nous tentons d’établir dans ce séminaire que la localité n’est pas soluble dans le devenir – sauf à en éliminer tout avenir. [Lire l’argument complet]
Liens utiles :
• L’ensemble des Cours Pharmakon (2010 – présent)
• Séminaire Pharmakon 2019/2020 – Exorganologie III
Vous pourrez bientôt retrouver ici les enregistrements vidéo du Séminaire Pharmakon 2019/2020 – Exorganologie III.
• Séminaire Pharmakon 2019 – Exorganologie II
Vous pouvez dès à présent retrouver ici les enregistrements vidéo du Séminaire Pharmakon 2019 – Exorganologie II.
• Séminaire Pharmakon 2017-2018 – Exorganologie I
Vous pouvez dès à présent retrouver ici les enregistrements vidéo du Séminaire Pharmakon 2017-2018 – Exorganologie.
• Cours IC01 – Histoire et prospective des industries culturelles et des médias numériques
Enregistrements vidéo du cours IC01–Histoire et prospective des industries culturelles et des médias numériques, professé par Bernard Stiegler à l’UTC (automne 2015).
• Cours PH10 – Analyse phénoménologique des objets audiovisuels
Enregistrements vidéo du cours PH10–Analyse phénoménologique des objets audiovisuels, professé par Bernard Stiegler à l’UTC (printemps 2015).
Pour avoir accès aux cours et aux séminaires précédents, visitez le site IRI-Ressource.
Exorganologie II : Remondialisation et internation
Maison Suger (Métro St. Michel), les jeudis de 17 heures à 19 heures
Dates des séances : 10 et 31 janvier / 7 février / 11 avril / 2, 16 et 23 mai / 13 et 27 juin
Argument : La globalisation a été une immondialisation : l’immonde destruction des mondes. Cette réalité sur laquelle prospèrent toutes les régressions désormais dominantes est restée foncièrement impensée. Et il en va ainsi parce qu’un monde, en tant qu’il constitue une matrice de noodiversité, est avant tout une singularité idiomatique néguanthropique. Comment panser cela sans régresser soi-même, et pourquoi cela n’aura-t-il donc pas été pensé en tant que tel, à l’échelon politique et économique en particulier – et malgré des travaux tels ceux par exemple de Jean-Luc Nancy ?
Nous posons dans ce séminaire conduit dans le cadre de pharmakon.fr qu’il en va ainsi parce que les concepts d’entropie et de néguentropie, tels qu’ils décrivent des réalités thermodynamiques, biologiques et cognitivo-informationnelles, demeurent à ce jour dans les limbes. Et nous posons que l’ère Anthropocène est une ère Entropocène telle que ces dimensions thermodynamiques, biologiques et cognitivo-informationnelles s’y combinent en mettant le cap au pire. [Lire l’argument complet]
Pharmakon à Hangzhou, Chine :
Conférences prononcées en anglais et traduites en Chinois par Yuk Hui. Cliquez ici pour télécharger les quatre interventions de Bernard Stiegler (traduites en anglais par Dan Ross, printemps 2018)
Cours du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) :
Bernard Stiegler est invité par cette grande école du théâtre pour proposer un enseignement et organiser des ateliers pratiques avec les étudiants. Ce cours et ces ateliers auront pour but d’étudier et mettre en oeuvre les techniques de soin, individuelles et collectives, qui ont toujours été liées au théâtre et qui sont à interroger dans un contexte de généralisation des automatismes numérisés. Ce travail s’inscrira par ailleurs en relation avec le projet de recherche contributive de Plaine Commune et le théâtre Gérard Philippe.
Cours précédents :
Vous pouvez retrouver sur ce site les archives du cours :
- enregistrements vidéo du cours (année 2013-2014 : 8 séances, années 2012-2013 : 8 séances, années 2011-2012 : 8 séances puis 2010-2011 : 13 séances + 1 intercours )
Un podcast permet l’accès aux MP3 du cours.
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Séminaire
Présentation du séminaire http://pharmakon.fr/wordpress/wordpress/le-seminaire/
Lieu : salle Triangle, Centre Pompidou, Paris (entrée sur le parvis du Centre Pompidou)
Les enregistrements de ce séminaire sont publiés sur cette page : http://pharmakon.fr/wordpress/wordpress/category/seminaire/
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A Epineuil-le-Fleuriel du lundi 18 août au mercredi 20 août 2014
"Voilà presque cinquante ans que, dans le noir, le peuple des salles obscures brûle de l’imaginaire pour réchauffer du réel. Maintenant celui-ci se venge et veut de vraies larmes et du vrai sang.
Mais de Vienne à Madrid, de Siodmak à Capra, de Paris à Los Angeles et Moscou, de Renoir à Malraux et Dojvenko, les grands réalisateurs de fiction ont été incapables de contrôler la vengeance qu’ils avaient vingt fois mise en scène."
Jean-Luc Godard
LA CONDITION ONIRIQUE
Dans le cours pharmakon.fr 2013-2014, qui aura été consacré de novembre à avril et pour la troisième année consécutive à l’interprétation de La République, nous avons envisagé la caverne du livre VII comme une salle et un studio de cinéma qui, en projetant les rêves, permettrait de les réaliser et de les déréaliser : la caverne serait une scène organologique, c’est à dire pharmacologique.
Dans le séminaire de cette année, et dans le fil de ces hypothèses, nous esquissons ce que pourrait être une nouvelle critique de l’anthropologie sur la base d’une approche « anthropotechnique » – dans le langage de Peter Sloterdijk, et, dans notre propre langage, sur la base d’une approche organologique, qui est elle-même fondée sur ce que nous appelons un archi-cinéma (un cinéma que ce que l’on nomme l’homme se serait toujours fait) dont témoigneraient tardivement (trois millions d’années après le début de l’hominisation) les projections rupestres du paléolithique supérieur au début de ce que nous appelons le processus de grammatisation.
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L’archi-cinéma serait ce qui commande les trois synthèses de l’imagination telles que les présente la première édition de la Critique de la raison pure (cf sur ce point La technique et le temps 3). En cela, l’archi-cinéma serait tout aussi bien la condition onirique de réalisation et de déréalisation de l’être organologique et pharmacologique.
La question deviendrait alors l’organologie des rêves tout aussi bien que l’onirologie des organisations (sinon leur onéiromancie), où les rêves sont la condition de l’organologie, qui est en retour (et comme rétention tertiaire) la condition des rêves en tant qu’ils se réalisent, et, ce faisant, se trans-forment – et, tout aussi bien, se déréalisent, au risque de tourner au cauchemar.
À l’époque où l’industrie du cinéma qui était au service du psychopouvoir fait place au neuropouvoir de l’ère numérique et à l’économie des data, c’est à dire aux traces autoprojetées par tout un chacun sur son mur, son écran, son réseau, c’est la condition organologique de la projection qu’il s’agit d’analyser du point de vue de l’organe cérébral.
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Le cerveau est un organe de projection, au sens où Jean-Luc Godard pense le spectateur comme celui projette (ce que je dis, c’est vous qui le dîtes), et aux sens de Freud qui suppose l’introjection en un sens plus vaste que celui de la psychanalyse, c’est à dire l’intériorisation de ce qui a été organologiquement extériorisé comme réalisation d’un rêve – par exemple comme devenir organologique du cerveau organique (tel que nous l’avons envisagé l’an passé en nous référant au travaux de neuropsychologie de Maryanne Wolff) – par l’intériorisation du cinéma social qui constitue les systèmes sociaux : ainsi de la parenté au sens de Maurice Godelier dans sesMétamorphoses de la parenté (Champs, Flammarion, 2004) que nous étudions actuellement dans le séminaire.
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Sans ce cinéma, qui est aussi la condition de ce qu’Etienne Balibar et Immanuel Wallerstein ont appelé l’ethnicité fictive (Race, nation, classe, La découverte, 1997), il ne peut pas y avoir constitution de systèmes sociaux, c’est à dire de circuits transgénérationels conditionnant ce que nous appelons le processus de transindividuation.
Mais un tel cinéma n’est pas pensable sans que soient intrinsèquement articulés les trois niveaux de l’organologie par où l’organique darwinien devient l’organologique post-darwinien (compatible avec la lutte pour la vie conçue par Charles Darwin comme sélection naturelle) : un tel cinéma (qui est une sélection artificielle à partir du pouvoir de rêver et de réaliser ses rêves) n’est pensable qu’à la condition de critiquer l’anthropo-logie d’un point de vue anthropo-technique. Faute de quoi la critique cinématographique des rêves humains est impossible, et l’industrie des rêves tourne au cauchemar (à la déréalisation du pouvoir de rêver lui-même – c’est à dire : à la destruction de l’économie libidinale).
Tel sont notre lot et notre tâche – et nous tenterons de penser ce lot et cette tâche pour affronter comme chaque année l’objet de l’académie d’été d’Epineuil : pourquoi et comment philosopher aujourd’hui ?
Aujourd’hui où « l’oubli de l’extermination fait partie de l’extermination » (Godard).
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Conférences
18 août 2014
Matin (9h30)
Bernard Stiegler, Métamorphoses de la parenté et anthropologie du capital (séance conclusive du séminaire du printemps 2014)
Paul-Emile Geoffroy, Pharmacologie du virtuel texte vidéo youtube ltd ltd annoté
Michel Calvez, Rêve et cinéma texte
Discussion
Après-midi
Paul Willemarck, Le défaut d’origine comme double origine texte texte suite
Igor Galligo, Les rêves du night club. Ecologie libidinale de l’ambiantal (par skype)
Anaïs Nony, La médiation comme réseau de technicité texte
Gerald Moore, On the Pharmacolgy of the Dopamine System : Fetish and Sacrifice in an « Addictogenic Society » texte
Discussion
19 août 2014
Matin
Yves Chatenay, Comprendre le processus d’individuation à la lumière de travaux de Jung Video
Anne Alombert, Bergson et le cinéma – à partir d’un article d’Arnaud Bouaniche texte
Sara Baranzoni, La performance : Ciné-théâtre du corps social.
Discussion
Après-midi
Paolo Vignola, Cerveaux dans un (archi)cinéma texte
Henry Story, David Lewis et la fiction
Pierre-Yves Defosse, Le Titanic de James Cameron et un discours de Steve Jobs : prétextes pour une contribution à l’anthropotechnique texte
Riccardo Baldissone, Faites vos jeux de projection : l’archi-cinéma comme antidépresseur texte
Discussion
En soirée
Valérie Cordy, Performance
20 août 2014
Matin
Bernard Stiegler, Condition onirique et pharmacologie
Hidetaka Ishida, À propos du Wunderblock de Freud (par skype)
Barbara Glowczewski, Espace temps du rêve (en vidéo)
Julien Stiegler, Dislocation de la perception texte
Après-midi
Jean-Hugues Barthélémy, Simondon et le cybernétique texte
Hélène Mialet, Stephen Hawking incorporated
Christian Fauré, Que faire de l’humanisme ?
Yuk Hui, Simondon et l’information texte
En soirée
BIGcrunch_Marienbad, présentation de l’installation de Maria Barthélémy et René Sultra
SOURCE:

