"France, français et Francophonie : amputation-destruction ou survie ?" par le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF) - 27 juin 2025

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Lettre aux Media 27 juin 2025 suivie du texte en proclamation du HCILFF
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À Mesdames et Messieurs les responsables et journalistes de media francophones,
Madame, Monsieur,
Au nom du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF) fondé le 18 juin 2020, ses deux créateurs soussignés, décrits dans la liste jointe de ses 200 membres, vous proposent de (re)lire la lettre en PJ du 2/9/2024 à l’Élysée, et de publier l’article joint « France, français et Francophonie : amputation-destruction, ou survie ? »
Le Haut Conseil international (ici : HC) et ses associations et personnalités membres, vous proposent en effet d’informer vos lecteurs, auditeurs et spectateurs respectifs, de la politique anticonstitutionnelle et devenue destructrice menée par nos récents gouvernements en matière de Langue française et de Francophonie, qui furent pendant près de cinq siècles des fondements puis des objectifs fondamentaux de la France, des autres communautés de langue française, et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Après la dernière « époque » 1958-74, nos gouvernements ont pris de plus en plus de distance avec ces thèmes fondamentaux. Ils ont fini par s’illustrer dans une véritable offensive d’imposition de l’anglais et de marginalisation du français.
Divers media (peut-être pas le vôtre ?) se sont alors accommodés de l’offensive.
Or, le contexte politique, social, culturel, linguistique, change :
- D’abord, le peuple français constate enfin la gravité de la situation politique, économique et sociale, linguistique et culturelle, de notre pays. Il comprend la nécessité urgente d’un redressement vigoureux et courageux, et le soutient. Il comprend mieux que ce redressement dépend largement d’une prompte réappropriation par la France de son esprit, de sa culture, de sa langue française.
– L’espoir et la confiance, voire l’engouement-envoûtement d’une partie du peuple français constatés en 2017 disparaissent. Le roi nu inspire beaucoup moins de respect, de crainte, d’attachement. Des candidats parmi les plus sérieux à l’élection présidentielle lui suggèrent publiquement de « partir ».
- La dissolution de l’Assemblée et l’élection qui l’a suivie ont eu au moins l’avantage, par suite de la disparition de la majorité très fermée à notre combat, de réduire considérablement les effets de la politique macronienne.
- Nous assistons, presque partout dans le monde, à la réaffirmation des nations, plus soucieuses de leurs intérêts fondamentaux, de leur langue et de leur culture. Y compris en Europe – fortement, de la Hongrie jusqu’à l’Allemagne -, malgré l’action très fédéraliste des Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron ...
- L’effet Trump de découplage EU-UE a douché et réveillé les Européens, permettant chez nous une prise de conscience de la rupture de la vassalisation-protection, et de l’urgence de compter à nouveau sur nos propres forces politiques, militaires, économiques, et d’abord spirituelles, morales, culturelles et linguistiques, de nous ressourcer en notre âme.
- En Europe : l’Eurovision 2025 a donné un signal récent non négligeable de la moindre domination de l’anglais, là où elle était devenue presque totale.
- En France : nous avons l’exemple d’un sursaut du proche Québec : il a voté en 2022 une forte loi (96) de protection de son français qui subissait l’étranglement progressif anglo-fédéral et états-unien.
- Nous suivons aussi les réactions provoquées par la demande publique de M. Mélenchon de remplacer par « créole » la « langue française » qu’il maîtrise remarquablement. Il oublie qu’en 2017 il a étayé sa campagne présidentielle en publiant, avec l’aide de nos associations, une « Charte de la Francophonie »…Appliquer son raisonnement à l’anglais conduit à le nommer « pidgin ». C’est bien un « pidgin mondial » qui nous est imposé. Au secours ! En vieille gouaille parisienne : « pas fameux ! ». Dans un (approximatif) créole français, disons : « pas d’quoi êt fiers ! ». Ou en « creyol » haïtien auquel un linguiste américain a appliqué le masque d’une « graphie de l’y et du k » l’éloignant de sa source française : « padkoi ett fyer ! ».
Madame, Monsieur, nous espérons vous avoir sensibilisé(e) à l’opportunité de présenter à votre public la double nécessité : a) d’« arrêter le massacre du français » dénoncé par les mouvements montants de résistance ; b) de mettre en valeur leurs actions qui méritent que vous en souligniez l’importance politique.
Nous vous prions donc de recevoir l’expression de notre gratitude, et de nos sentiments les meilleurs.
Pour le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie, son cofondateur Georges Gastaud, professeur de philosophie, Président d’un mouvement progressiste et de l’association C.O.U.R.R.I.E.L ; et son cofondateur et Secrétaire général Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, cofondateur et Président d’honneur d’Avenir de la Langue française (ALF).
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France, français et Francophonie :
amputation-destruction ou survie ?
Paris 27/6/2025
I) 4 étapes, de la gloire à l’amputation-destruction :
1) Français et Francophonie ont été, depuis François Ier, parmi les principaux axes politiques (fondamentaux) de tous nos régimes de gouvernement. Encore, avec éclat, dans la dernière grande « époque » (au sens de Péguy) de l’histoire de France : 1958-1974, avec de belles créations en symbiose État-associations : ancêtres des Délégation générale à la Langue française (DGLFLF), Commissions de Terminologie, Organisation internationale de la Francophonie (OIF)...
2) Depuis 1974 : signal de rupture donné par M. Giscard d’Estaing dès sa 1ère conférence de presse moitié en anglais. 43 ans de dégradation croissante, jusqu’à un presque désintérêt sous M. Hollande.
3) Dès 2017 (« Helpers » « French tech » « Choose France » « Start-up nation », discours de M. Macron en seul anglais à l’Université Humboldt de Berlin...), l’action de l’État passe de la dégradation à la destruction de plus en plus ouverte de nos deux fondamentaux, pour imposer l’anglais, instrument de la soumission voulue à l’empire.
4) en 2022- 2024, la Cité internationale de Villers-Cotterêts, partie très positive du « en même temps », fut dûment saluée par nos associations rédactrices de l’ambitieux projet en 2001. Mais, réduite aujourd’hui à un (très beau) musée du français plus local qu’international, elle est loin de compenser les grands coups de boutoir contre le français et la Francophonie portés par Paris, dont voici les principaux :
- a) D’abord l’absence de réaction du gouvernement, malgré les promesses écrites du ministre, au coup d’État post-Brexit d’Ursula v. d. Leyen : l’anglais seule « langue commune » dans les institutions de l’UE, contraire aux trois textes fondateurs de l’Union. Cette décision arbitraire, qui relevait du seul Conseil européen, organe suprême, a nui fortement aux deux autres langues de travail : le français et l’allemand. Culpabilité de grave forfaiture ;
- b) JO Paris 2024 : malgré les annonces officielles (DGLFLF) du printemps 2024 promettant l’affirmation en France du français langue olympique, et pays hôte de ces jeux, tout ce qui était écrit, y compris les résultats des épreuves, fut en anglais non traduit, seul vu par le milliard de téléspectateurs mondiaux, dont francophones. Le français olympique éliminé de facto, en France, à Paris. Insultante trahison.
- c) La Francophonie mondiale, notamment africaine, négligée. Indifférence du Paris officiel et médiatique lorsque des pays sahéliens, Mali, Burkina-Faso, Niger...le délaissent, pour d’autres allégeances.
- d) Attitude ambigüe du gouvernement face aux problèmes de plusieurs Régions, Départements et Territoires français d’Outre-mer, voire d’Europe (Corse).
II) La résistance pour la survie de la France et de sa langue :
Nos associations, le Haut Conseil international pour le français et la Francophonie (HCILFF) les regroupant presque toutes (31 en France) et comptant 201 personnalités membres, ont adressé au Président et aux media des lettres ouvertes (2020, 2021, 2022, 2024, 2025), à la disposition de nos lecteurs invités à militer à nos côtés. Les contextes politiques intérieur – et international à la faveur du découplage trumpien EU-UE, et de la résurgence des nations - ouvrent des perspectives à notre combat. Nous nous sommes donc tournés vers les médias, vers tous les candidats à la prochaine élection présidentielle*, ainsi que vers les députés et sénateurs afin qu’ils se dotent des moyens organisationnels d’intervenir en faveur de nos fondamentaux et de voter, à l’image du Québec en 2022, une proposition de loi de protection renforcée du français en France.
*Plusieurs des candidats potentiels ont demandé publiquement à M. Macron de partir. Albert.salon0638@orange.fr 21/6/2025.
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