Bibliographie « tolle,legue »

L'Art de réduire les têtes : Sur la nouvelle servitude de l'homme libéré à l'ère du capitalisme total de Dany - Robert DUFOUR - Denoël

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Après l'enfer du nazisme et la terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon. Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un " homme nouveau ". Tous les changements en cours, aussi bien dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie symbolique ou l'économie psychique, en témoignent. Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Déchu de sa faculté de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel " homme nouveau " est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans l'ère du " capitalisme total " sur la planète. C'est cette véritable mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur appelle " l'art de réduire les têtes ", qu'analyse cet ouvrage. L'auteur traite ainsi, en philosophe, des questions pratiques auxquelles sont confrontés aujourd'hui les sociologues, les psychanalystes ou les spécialistes de l'éducation. En s'interrogeant très concrètement sur l'avenir des jeunes générations aux prises avec de nouvelles façons de consommer, de s'informer, de s'éduquer, de travailler ou, plus généralement, de vivre avec les autres Biographie de l'auteur Dany-Robert Dufour, philosophe, professeur en sciences de l'éducation à l'université Paris VIII, enseigne régulièrement au Brésil et au Mexique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Lettres sur la nature humaine (Calmann-Lévy, 1999), Folie et démocratie (Gallimard, 1996) et Les Mystères de la trinité (Gallimard,1990)

"Le bonheur paradoxal : Essai sur la société d'hyperconsommation" de Gilles LIPOVETSKY

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Sous-tendu par la nouvelle religion de l'amélioration continuelle des conditions de vie, le mieux-vivre est devenu une passion de masse, le but suprême des sociétés démocratiques, un idéal exalté à tous les coins de rue. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase du capitalisme: la société d'hyperconsommation. Un Homo consumericus de troisième type voit le jour, une espèce de turbo-consommateur décalé, mobile, flexible, largement affranchi des anciennes cultures de classe, imprévisible dans ses goûts et ses achats, à l'affût d'expériences émotionnelles et de mieux-être, de qualité de vie et de santé, de marques et d'authenticité, d'immédiateté et de communication. La consommation intimisée a pris la relève de la consommation honorifique dans un système où l'acheteur est de plus en plus informé et infidèle, réflexif et "esthétique". L'esprit de consommation a réussi à s'infiltrer jusque dans le rapport à la famille et à la religion, à la politique et au syndicalisme, à la culture et au temps disponible. Tout se passe comme si, dorénavant, la consommation fonctionnait tel un empire sans temps mort dont les contours sont infinis. Mais ces plaisirs privés débouchent sur un bonheur blessé : jamais, montre Gilles Lipovetsky, l'individu contemporain n'a atteint un tel degré de déréliction.

«Cette France qu'on oublie d'aimer » de Andreï MAKINE - Flammarion - Mars 2006

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"Je n'écrirais pas ce livre si je ne croyais pas profondément à la vitalité de la France, à son avenir, à la capacité des Français de dire " assez ! " " Andreï Makine est né en Sibérie en 1957 et vit en France depuis 1987. Il est l'auteur, entre autres, du Testament français, (Mercure de France, 1995 ; Prix Goncourt, Prix Goncourt des lycéens et Prix Médicis), de Requiem pour l'Est (Mercure de France, 2000), La Musique d'une vie (Seuil, 2001 ; Grand Prix RTL-Lire), et La Femme qui attendait (Seuil, 2004). Il est le lauréat 2005 du prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco.

« Les anti-Lumières : Du XVIIIe siècle à la guerre froide » de Zeev Sternhell - Fayard - avril 2006.

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La déliquescence dans nos sociétés et nos organisations politiques des valeurs universelles que nous devons aux Lumières " franco-kantiennes " ne procède pas de la génération spontanée. Dès le XVIIIe siècle et tout au long des deux cents dernières années s'est édifiée une autre tradition - une autre modernité. Sur une argumentation similaire, elle a fait la guerre aux Lumières. L'une des raisons de la cohérence interne de cette pensée qui s'en prend aux Lumières tient au fait que tous ses hérauts se lisent les uns les autres avec une grande attention. (…) Avec la rigueur et l'esprit méthodique qu'on lui connaît, le grand historien israélien Zeev Sternhell établit avec précision une généalogie convaincante des anti-Lumières (ou des contre-Lumières, si l'on préfère). Ce faisant, il éclaire les enjeux de notre temps tant il est vrai que les maux contre lesquels ont combattu les Lumières sont de tous les temps. Pour éviter à l'homme du XXIe siècle de sombrer dans un nouvel âge glacé du conformisme, la vision prospective créée par les Lumières d'un individu maître de son présent, sinon de son avenir, reste irremplaçable. Zeev Sternhell, professeur d'histoire des idées, occupe la chaire Léon-Blum de science politique à l'université hébraïque de Jérusalem.

"La Faute de Monsieur Monnet " Jean-Pierre Chevènement

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Jean Monnet écrivait d'Alger, en mai 1943, à Henri Hopkins, conseiller du Président Roosevelt : « Il faut le détruire », en parlant du général de Gaulle. La reconstitution des souverainetés nationales en Europe était la hantise de Jean Monnet. Dès cette époque, il pense l'organisation future de l'Europe contre l'idée de souveraineté. Prescience géniale de la nécessité de constituer l'Europe comme un grand marché régi par une autorité supranationale unique ou complot objectif contre le souveraineté populaire, qui est au principe de la République, au bénéfice d'un capitalisme euratlantique dominé par les Etats-Unis ? Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de « Constitution européenne ». La « méthode Monnet », celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la « mondialisation », la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples. C'est cette voie nouvelle, celle d'une autre Europe, que Jean-Pierre Chevènement propose d'explorer : comment articuler l'idée européenne et la souveraineté populaire, le progrès social et l'exigence démocratique ? Ne serait-il pas temps aussi de penser l'Europe dans sa grande dimension, jusqu'à la Russie, pour construire avec les peuples qui le voudront, l'acteur stratégique dont nous avons besoin au XXIe siècle ? Pour faire marcher ensemble l'Europe et la République, le moment est venu d'inventer, audacieusement.

REFLEXION sur la Gauche : « D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la Gauche Française » Didier ERIBON - édit. Léo Scheer

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Lorsque la gauche arriva au pouvoir, en mai 1981, nombre de ceux qui avaient participé à la contestation des années 1960 et 1970 considérèrent que cette victoire était un peu la leur : ils pensèrent que les socialistes allaient inventer un nouvel art de gouverner permettant de réconcilier la critique radicale et la réforme effective. Il leur fallut déchanter : les socialistes furent changés par l'exercice du pouvoir et se mirent à dénoncer les mouvements sociaux et les intellectuels qui les soutenaient. Dans le même temps, s'opérait un glissement vers la droite de toute la vie intellectuelle française, produit dans une large mesure par le travail de cénacles idéologiques. C'est le divorce qui s'installa alors entre une gauche officielle gagnée au néo-conservatisme et une gauche critique renvoyée à la radicalité pure qui explique la défaite du candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2002. C'est de cette séquence - et de ses conséquences actuelles - que Didier Eribon entreprend ici l'analyse historique, théorique et politique.

« L'Obscenite Democratique » Régis DEBRAY

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« Non ce n'est pas la démocratie qui est obscène ! C'est la scène républicaine qu'il faut sauver de l'obscénité, au moment où la politique devient le tout-à-l'ego d'un pays en proie aux tyrannies de l'audimat, de l'émotif et de l'intime. »

« Le dialogue des civilisations, un mythe contemporain » R. Debray

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Permettez-moi un petit examen de conscience sur cette formule pieuse, le dernier dogme d'un monde sans dogme, à la fois cri de détresse et protestation contre la détresse, je veux dire : "le dialogue des cultures". Que veut dire ce mantra et que faire pour qu'il ne tourne pas à l'exutoire, voire à l'exorcisme? Le 28 juin 2007 Régis Debray inaugure le grand symposium qui rassemble des penseurs venus des quatre coins de la Méditerranée et qu'accueille à Séville la Fondation des Trois Cultures. Ce discours va bouleverser l'audience et modifier les travaux de l'assemblée. Il représente en fait un tournant dans la pensée de l'après 11 septembre. En tant que tel, il est donc appelé à demeurer comme un rare exercice philosophique de lucidité. A lire absolument !

"Pour en finir avec le Mythe Jean MONNET !" Marc JOLY

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Jean Monnet, " Père fondateur " de la construction européenne? Marc Joly passe au scalpel cette idée reçue en l'analysant comme un mythe politique produit par les élites dirigeantes de l'Union. Ce faisant, il éclaire la genèse, le fonctionnement et l'idéologie du " pouvoir-Europe ". Les conceptions institutionnelles de Jean Monnet s'accordaient idéalement à la quête de légitimité d'un nouveau type de pouvoir, affranchi des règles de contrôle démocratique et des idéologies nationales. L' " inspirateur " aurait inventé une martingale: passer par l'intégration économique pour édifier l'Europe politique. Confrontant le mythe Monnet avec la théorie du processus de civilisation définie par Norbert Elias, Marc Joly livre une étude stimulante qui interroge les non-dits de la crise actuelle.

« De quoi Sarkozy est-il le nom ? » Alain BADIOU

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« Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. » C'est dans ces termes - souverains - qu'Alain Badiou commente, auprès de son auditoire de l'École normale supérieure, les résultats d'une élection qui désorientent passablement celui-ci, s'ils ne le découragent pas. Autrement dit, une élection même présidentielle n'est plus en mesure de faire que quelque chose se passe - de constituer un événement (tout au plus une « circonstance », selon la qualification donnée par cette série de livres) ; Badiou reste ferme quant au soupçon qu'il y a lieu de porter sur l'opération démocratique du suffrage électoral (Voir Circonstances 1). Mais, clairement, il tient à dire ceci aussi : même l'élection de Sarkozy au poste de président de la République, pour inquiétante ou décourageante qu'elle soit, n'est pas de taille à permettre qu'on dise que quelque chose s'est passé, a fortiori qu'un événement est survenu. « Oui, continue-t-il, je pense que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer. Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. » De quoi Sarkozy est-il le nom ? De quoi tire-t-il son nom ? C'est la question que pose ce livre ...

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