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« Allocution de Pierre Pranchère » Ancien résistant FTPF-COPA - Maquis de Corrèze *- Paris - 29 novembre 2014

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 Café hyper-républicain, 29 novembre 2014. PARIS - Place de la BASTILLE

***

Mesdames, Messieurs, Cher (es) Amis (es), Cher (es) Camarades,

Nous pouvons et devons féliciter les organisateurs de ce Café hyper-républicain que préside notre ami et camarade, Jean-Luc Pujo, président des clubs Penser la France.

L’objectif commun, qui nous réunit aujourd’hui, est le lancement d’un appel pour un nouveau CNR, prenant appui sur les orientations de principe, toujours valables, de son aîné prestigieux, le Conseil National de la Résistance et son lumineux programme les Jours Heureux.

Les deux piliers de la Résistance furent les gaullistes, avec l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, et les communistes avec l’appel du 10 juillet 1940 de Maurice Thorez et de Jacques Duclos au nom du comité central du PCF.

Je me souviens de la brochure clandestine du PCF de mars 1944 que j’ai distribuée, avec mes camarades, aux risques et périls de l’époque. Elle contenait des extraits de la lettre adressée, le 10 février 1943, par le général de Gaulle aux membres du Comité Central du PCF. Sept jours après la victoire de Stalingrad, d’ailleurs évoquée dans la lettre, le général salue l’accord réalisé, les vaillantes formations de Francs-Tireurs et il écrit ceci :

« Vous savez comme moi qu’une coordination efficace des organisations de résistances est indispensable au but que nous poursuivons en commun ».

Qui pourrait nier qu’il avance ainsi le fondement du futur CNR même si celui-ci ne se concrétisa que 3 mois et 17 jours plus tard, le 27 mai 1943. Je persiste donc et signe pour l’idée des deux piliers.

Le 15 mars 1944, le Conseil National de la Résistance prit, à l’unanimité, une décision historique en adoptant son programme selon le texte présenté par Pierre Villon. Qu’il soit entré dans l’histoire, qui pourrait en douter ? Le rappel de la déclaration du milliardaire sarkozyste Denis Kessler traduisant le combat de sa caste - « sortir de 1945 et défaire méthodiquement le programme du CNR » - suffit à le prouver.

La destruction des conquêtes sociales, économiques et démocratiques de la Libération s’opère dans l’entreprise mortelle de « la concurrence libre et non faussée » de l’Union Européenne et de sa Commission de Bruxelles, de l’euro-deutsche Mark d’une Allemagne dominante. Tous les responsables d’une politique qui liquide la République et la France prétendent en s’alignant sur la finance qu’il n’y aurait pas d’autre issue. Après Sarkozy, c’est Hollande qui a pris le chemin du MEDEF en lui accordant des dizaines de milliards d’euros et en faisant de Gattaz et Macron les maîtres à penser du « changement maintenant ».

Dans ma contribution, je n’ai nullement l’intention de traiter tous les aspects concernés par l’enjeu d’un nouveau CNR. Nous rencontrons très souvent dans nos contacts individuels l’objection « on ne peut pas revenir au franc ». La démonstration que les moyens existent pour un nouveau CNR avec son programme actualisé me paraît centrale.

Le 14 mai 2011, au plateau des Glières où dans l’ordre du jour figurait : « l’élaboration d’un projet de société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR les Jours Heureux ». Dans mon allocution, je notais la dramatique régression sociale et l’explosion des richesses d’une minorité. Je citais la revue Challenges et sa liste des cinquante plus grandes fortunes : un total de 162 milliards d’euros soit en moyenne 3 milliards 240 millions (Betancourt 20 milliards).

Trois ans plus tard, en août 2014, la revue Challenges publia la fortune des 500 personnes les plus riches de France. Elle atteint 400 milliards d’euros. Depuis 2011, elle a augmenté de 150 milliards. La progression est stupéfiante car en prenant comme référence l’année 1996, selon la même revue, la fortune globale des 500 a quintuplé. À partir de 2002, le nombre de milliardaires a presque triplé.

Après le scandale des dizaines de milliards livrés au MEDEF sans contrepartie, voyons encore : en 2013, les actionnaires du CAC 40 s’enrichissent de 40 milliards, l’évasion dans les paradis fiscaux, évaluée à 600 milliards, induit une perte fiscale de 60 milliards (la liste des ministres corrompus et démissionnaires va-t-elle s’allonger ?). La contribution à l’Union Européenne qualifiée de nette, car la France verse plus qu’elle ne reçoit, engendre une facture en 2013 de 9 milliards d’euros, elle sera de 45 milliards dans 5 ans et atteindra 90 milliards dans dix ans. Ajoutons-y les contributions au FMI, à l’OMC et à l’OTAN qui exercent sous la direction des États-Unis la dictature internationale des marchés financiers. Il y a aussi les terribles conséquences des délocalisations qui liquident des pans entiers de l’emploi, celles du financement insolent du patronat par les exonérations de cotisations responsables des déficits de la sécurité sociale et des caisses de retraites etc., etc. Ces quelques exemples démontrent que les moyens existent.

Nous demandons les grandes nationalisations indispensables pour rétablir l’indépendance de la France et cela dans l’esprit du général de Gaulle qui préconisait, dès 1942, à propos des rapports entre les nations, je cite :

« que chaque peuple puisse se développer selon son génie propre et sans subir aucune oppression politique ni économique ».

De plus, la Constitution de la Ve République, dont le général de Gaulle fut le véritable concepteur, conserve le préambule de la Constitution de 1946 lequel inclut le programme du CNR.

Ma conclusion coulera de source. Avoir une démarche audacieuse car nous constatons que le CNR et son programme sont un enjeu. À l’occasion du 70e anniversaire de la Libération, la Résistance et même le programme du CNR ont été évoqués, mais les instance étatiques et autres s’en sont tenues au « devoir de mémoire » écartant d’une façon ou d’une autre l’exigence absolue d’un nouveau CNR.

Nous pouvons et devons franchir une étape nouvelle de notre bataille actualisant son programme Les Jours Heureux.

Les départements peuvent jouer un rôle important dans notre démarche, ils peuvent être les lieux où se réuniront des dizaines et des centaines de signataires, et où, les ruisseaux faisant les grandes rivières, ils se compteront par milliers au plan national.

Je vous remercie de votre attention.

___

* Pierre Pranchère  est ancien résistant FTPF-COPA - Cofondateur et secrétaire général du Collectif Maquis de Corrèze - Responsable PRCF - Ancien député PCF de Tulle -Député honoraire au Parlement Européen ;

 SOURCE EVENEMENT:

http://www.politique-actu.com/actualite/samedi-novembre-2014-cafe-pour-nouveau-appel-jeunesse-france-avec-militants-communistes-gaullistes-reunis-service-france/1187974/

 

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