Repères

FICHE SARKOZY 2007 : "Le travail" !

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FICHE N°1

Thème : Discours de Sarkozy

 

Sujet : « Le TRAVAIL »

Auteur : PenserlaFrance/pujo                                                                   Importance : 5/5              

Citations :

« Je crois au travail, je crois au mérite. Je crois à l’effort, je crois à l’énergie. » Nicolas Sarkozy

« J’aimerai que nous nous retrouvions autour d’une seule priorité qui, au final, conditionne l’efficacité de tout le reste : celle de la réhabilitation absolue et urgente du travail. » Nicolas Sarkozy

« Le but de la République, c’est la reconnaissance du travail comme source de la propriété et la propriété comme représentation du travail. »  Nicolas Sarkozy - 14 janvier 2007

Introduction :

Le travail est une valeur centrale du discours de NS. Il en fait volontiers l’éloge.

Cette démarche révèle un positionnement social et idéologique particulier et reste encore dissimulée par une approche incantatoire du bonheur collectif.

Pour NS, vanter les mérites du travail, ce n’est pas vanter « l’amour du travail bien fait » mais c’est opérer un bouleversement dans le rapport que nous entretenons avec le Travail, avec l’Idée de travail. C’est modifier en profondeur notre culture du « travail » forgé par 150 ans d’histoire économique et sociale.

Une étude fine permet de démontrer que cette approche concourt à instaurer une véritable révolution sociale et économique dont nous mésestimons les dangers.

—    1) La critique du droit du travail :

o       Un système perdant—perdant : « Jamais notre droit du travail n’a été si protecteur pour les salariés ; or jamais ceux-ci ne se sont sentis dans un tel état de précarité. C’est un système où tout le monde est perdant. »

o       Un droit du travail qui exploite les patrons : « La situation la plus enviable n’est pas  celle du propriétaire de l’entreprise. Le droit du travail moderne met l’entrepreneur dans une relation d’esclavage à l’égard du salarié. La coopération sociale n’est pas compatible avec des relations d’esclavage. Or, c’est exactement ce que crée le droit du travail puisqu’il attribue au salarié par la contrainte des droits sur l’employeur. » (Pascal Salin. « Libéralisme »).

o       Il faut « sauver » les patrons : il faut remplacer ce système qui bloque la croissance par un droit de l’entreprise libérateur. « Bien sûr, il n’est pas question de demander que l’on protège le faible — c'est-à-dire l’entrepreneur — mais à tout le moins qu’on ne protège pas le fort, c'est-à-dire le salarié. » (Pascal Salin. « Libéralisme »).

o       Arrêter de voler les pauvres : ne plus leur interdire de travailler ! « Faire confiance à leurs propres forces, c'est-à-dire au sein de la société favoriser l’entraide plutôt que l’aide. Enfin, nous pouvons encourager ceux qui croient aux autres à investir dans ceux qui croient en eux-mêmes. » («Que faire des gens riches ?» Christian Michel) ;

—    2) La faute aux 35 heures :

o       « La réforme des 35 heures doit reposer sur un principe : le libre-choix en permettant à ceux qui le veulent de  travailler plus pour gagner plus. » NS

o       L’idée que la France ne travaillerait plus assez est l’un des grands thèmes préférés des partisans de la thèse « décliniste ».

o       Or, le volume annuel de travail :

§         1990/1996 =  21.5 milliard d’heures ;

§         Après les 35h = 22 et 22.5 milliards d’heures ( Philippe Askeazy CNRS)

§         Excédent de travail 350.000 à 700.000 emplois ;

§         Intégration des pauses dans le calcul du temps de travail : baisse non plus de 11% mais de 3% du temps de travail. ( de 39 à 37 heures)

§          Montant équivalent au Canada ;

o       Productivité : la France a la meilleure productivité  au monde par heure travaillée ;

o       Travailler plus :

§         Cela dépend de l’employeur qui seul a le pouvoir de décider de faire ou de ne pas faire accomplir des heures supplémentaires. Le refus du salarié peut même être une faute justifiant un licenciement.

§         Actuellement : place pour 13 heures supplémentaires par semaines !

§         Situation réelle : travail supplémentaire non rémunéré, ou en dessous du tarif majoré légal (hôtellerie, restauration, transport, nettoyage, agriculture, service, industries, encadrement…)

—    3) L’Idéologie du travail de Sarkozy :

o       « En France, on ne travaille pas assez et on n’a pas assez d’emplois parce qu’il n’y a pas assez de travail. » Nicolas Sarkozy 

o       « Remettre la France au travail » = en finir avec « l’idéologie des loisirs ».

o       La réduction du temps de travail, c’est bon pour les riches mais pas pour les « prolo » (Nicolas Baverez).

o       Autant la réduction du temps du travail « c’est appréciable pour aller dans le Lubéron, autant pour les couches les plus modestes, le temps libéré par les 35 heures, c’est de  la violence conjugale et de l’alcoolisme. » (Nicolas Baverez) ;

o       Dénoncer la « diabolisation » dont le travail est victime : le pire travail est mieux que le loisir habituel !

o       Fin du « travailler moins pour vivre mieux » et du « consommer moins pour vivre mieux » : «  Je ne suis pas sûr qu’on s’enrichisse plus devant la télé que dans son milieu professionnel » (Maurice Thévenet — Le plaisir de travailler) ;

—    4) Pour une Idéologie vitaliste :

o       Il faut que ça bouge, il faut que ça aille plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort : c’est une vision biologisante de la société et de l’homme (vieux courant réactionnaire du XIXème siècle) ;

o       Il faut travailler et consommer plus. Les ménages français ne sont pas assez endettés ;

o       « L’Europe, c’est la  plus formidable occasion de réveiller la France, de la faire bouger, de lui donner une nouvelle énergie » Nicolas Sarkozy

—    5) La dévalorisation du travail :

o       « Je propose que l’on fusionne le CDD avec le CDI dans un seul contrat de travail » Nicolas Sarkozy

o       Derrière le culte du travail rédempteur se cache un projet de réintroduction de l’offre de travail bas de gamme dans le champ salarial normal : déqualification des postes, augmentation des formes précaires, concentration des salaires autour du SMIC, etc.

o       Cette dévalorisation va de pair avec la thèse de « la fin du travail » : la société repose sur la valeur travail alors qu’elle tue  le travail ;

—    6) Nier l’aliénation au travail :

o       La conception du travail industriel « libérateur » est née avec l’invention des usines et du travail des femmes et des enfants.

o       Or, le travail salarié est aliénant car il reste extérieur au salarié, lequel doit pour l’accompagner nier d’autres dimensions de sa personnalité ;

o       Le droit du travail parle d’ailleurs d’état de subordination ;

o       Le salarié n’a donc la possibilité d’être vraiment lui—même qu’en dehors du travail, puisqu’il ne s’agit pas d’une activité libre mais contrainte ;

—    7) Travailler plus pour gagner moins :

 

o       « Gagner plus parce que l’on travaille plus » Nicolas Sarkozy

o       La tendance à la diminution des revenus du travail est une réalité non seulement dans toute l’Europe mais aussi dans les pays du Sud. Elle serait une nécessité pour faire face à la concurrence des nouveaux membres de l’UE et des pays émergents comme la Chine ;

o       Discours mensongers et dangereux : un salarié français coûte 40% de moins qu’un ouvrier allemand, ce qui n’empêche pas l’Allemagne d’exporter ;

o       Tous les efforts pour abaisser le coût du travail peu qualifié depuis 20 ans ont abouti à une concentration des salaires à proximité du SMIC et à une spécialisation assez bas de gamme ;

o       Cet argument a déjà servi contre l’interdiction du travail des enfants, l’adoption des premières lois de sécurité dans les mines, contre l’idée des congés payés…

o       La main d’œuvre est toujours trop chère pour le MEDEF ;

 

—    8) Augmenter la population active pour accroître la concurrence entre salariés :

 

o       « Les allocations sociales sont payées par le fruit du travail de la France qui se lève tôt le matin. » Nicolas Sarkozy

o       Il faut augmenter la population active pour permettre de développer la concurrence entre les salariés ;

o       Il faut remettre les vieux au travail, faire bosser les jeunes beaucoup plus tôt, y compris par des stages en entreprises et développer une « immigration choisie » selon les vœux du MEDEF ;

 

—    9) Remettre les seniors au travail :

o       «  L’augmentation du taux d’emploi des seniors est devenue une priorité européenne. L’exclusion des seniors (55—64 ans) du marché du travail résulte avant tout d’un choix malthusien, réalisé en France au début des années 80 » Fondation pour l’innovation Politique, 2005 ;

o       Fini les préretraites et les mises à la retraite d’office à 60 ans ;

o       Les nouvelles formes de travail des papis et des mamies seront à l’image des emploi post-retraite : équipier chez Mc Do, remplisseur de distributeurs, veilleur de nuit, etc.

o       Les frontière entre emplois et retraites vont devenir moins nettes ( Aux USA, une personne âgée de 65 ans doit travailler 30% de plus pour obtenir la même retraite qu’en 1974) ;

o        Aux USA, invention d’un « nouveau troisième âge » d’une durée de 10 à 15 ans avec des périodes d’activités professionnelles plus ou moins longues ( « The conférence board » ;

—    10) Mettre les jeunes au travail :

 

o       Etudes beaucoup trop longues et inutiles ;

o       Echec de l’instauration du Smic—jeunes = multiplication des stages ;

o       L’écoles est faites pour répondre aux besoins économiques ;

o       Il ne s’agit plus de lutter contre les inégalités mais de développer des politiques de réinsertion incitatives au retour à l’emploi (modèle allemand);

 

 

—     11) Mettre les immigrés au travail :

 

o       « Un développement du solde migratoire assorti d’une sélection des candidats peut apporter des réponses immédiates à des problèmes de pénuries de main—d’œuvre et compenser près de la moitié de la baisse attendue de la population en âge de travailler. » ( Institut Montaigne) ;

—    11) Création de deux grands types d’emplois :

o       Les emplois d’accompagnement (de services) :

§         pas de formation poussée ni de rémunération importante ;

§         occupés par une main-d’oeuvre immigrée ;

o       Les emplois d’entraînement (moins nombreux) :

§         occupés principalement par les nouvelles élites internationales ;

§         revenus élevés ;

§         aidés par les employés d’accompagnement ;

***

En conclusion, le projet de Sarkozy sur « le travail » apparaît neuf parce qu’il porte un projet de rupture avec la tradition française, avec le pacte social français.

Il apparaît neuf mais puise ses fondements dans un libéralisme des plus classiques.

Le projet Sarkozy est directement dicté par les organisations patronales françaises et européennes inspirées par leurs homologues américains.

« Le travail » est ainsi vanté pour créer une confusion entre deux besoins contradictoires : le besoin de progrès social auquel est attaché chacun des travailleurs et le besoin de domination de l’employeur sur le salariés pour assurer un profit jamais satisfaisant.

L’équilibre même du modèle français est ainsi menacé au profit de qui l’on sait.

Sources :

—    « Misère du sarkozysme » Paul ARIES — Parangon/Vs — Octobre 2005 — 251 p. (****) ;

—    «  La saga Sarkozy » — L’EXPRESS — 309 p. — supplément au N° 2897 du 11 janvier 2007 ;

—     « L’inquiétante rupture tranquille de Sarkozy » Eric BessonL’hebdo des socialiste n°431” — 10 janvier 2007 ;

—    « La vraie nature de Nicolas » — 10 pages spéciales — Le Parisien — 12 janvier 2007 ;

—    «  Ce que l’on ne vous a jamais dit sur Sarkozy » — L’EXPRESS — N°2897 du 11 janvier 2007 ;

—    Discours « Ensemble tout devient possible » — Dimanche  14 janvier 2007 — Porte de Versailles ;

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