Osons le dire

« Peut-on librement parler de la sortie de l’Union Européenne ? » par Jean-Luc Pujo, président des clubs "Penser la France"

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« Peut-on librement parler de la sortie de l’Union Européenne ? » suivie d’un appel à la création d’une « Garde Nationale de patriotes volontaires »

[Avertissement : Invité par le Rassemblement pour l’Indépendance de la France (RIF), au cours des « Rencontres pour la liberté d’expression » jean-luc Pujo est intervenu sur le sujet tabou de l’Union européenne. Il faut remercier ici les responsables du RIF – notamment M. Bournazel - pour avoir garantie une totale liberté de parole. Samedi 11 septembre 2010]

***

LE TEXTE

Mes premiers mots seront des remerciements.

Je veux ici remercier MM. Alain BOURNAZEL pour cette invitation. Vous dire combien ce débat me réjouit.

Il se trouve que j’interviens ce soir à l’invitation de l’association américaine CIT de Craig RANKE au sujet des attentats du 11 septembre - autre débat interdit - pour présenter une lecture politique des conséquences de « cet attentat fabriqué ».

Comme j’interviens demain à la « Fête de l’Humanité » sur le thème du « démantèlement de la France », à l’invitation du Pôle de renaissance du communisme en France (PRCF) et de l’Arc républicain de progrès (ARP) de Claude Beaulieu.

Tous ces débats sont essentiels. Les thèmes sont différents mais pourtant - et c’est ce que je vais tenter de vous démontrer - tout se tient.

Tout se tient en cette  décennie de basculement au niveau mondial et c’est cela que nous devons comprendre.

Nous allons – en effet - devoir poser les bases d’une « nouvelle Résistance ».

***

Je viens à vous avec une conviction que je sais ici – ô combien partagée - La liberté d’expression, c’est la démocratie, c’est la République … c’est donc la France.

Dans cet esprit, je veux dire tout le plaisir que j’ai de répondre à l’invitation de Paul-Marie COUTEAUX que je lis régulièrement et qui – j’ai déjà eu l’occasion de le lui dire – vient de commettre un essai magistral - « De Gaulle, espérer contre tout » - que je tiens pour un des essais français les plus brillants des trente dernières années, et c’est un lecteur fidèle de Régis DEBRAY qui parle.

Merci Paul-Marie Couteaux.

Je voudrai enfin, saluer toute la tribune notamment Karim Ouchikh avec qui j’ai déjà eu de passionnantes discussions.

Je veux enfin saluer les responsables de Riposte Laïque et de Résistance républicaine – Pierre CASSEN et Christine TASIN – et - si vous le permettez – je veux publiquement la saluer très chaleureusement.

***

Mais venons-en au sujet !

« Peut-on librement parler de la sortie de l’Union Européenne ? »

De cette interrogation découlent plusieurs autres et c’est sous cette forme que je veux traiter du sujet.

Mais qu’est-ce donc que l’Union européenne ?

Derrière la réalité institutionnelle que tout le monde connaît, derrière les politiques de convergences économiques, sociales … que cache ce processus supranational ?

Puisqu’il y a processus dissimulé, qui donc est à la manœuvre ? Qui décide ? Dans quel but ?

***

Nous le savons, la mise en œuvre de l’UE a entrainé : La délégation de pans entiers de notre souveraineté nationale à des institutions internationales qui ne sont contrôlées par aucun pouvoir populaire souverain : monnaie, défense, sécurité intérieure (c’est en cours), politique sociale, politique agricole, diplomatie, fiscalité, budget, culture … plus rien n’est maitrisé par la Nation ;

Ce processus a entrainé la perte de pouvoir – c'est-à-dire la capacité de décision et d’action – du législatif et de l’exécutif national.

Dans le même temps, les pouvoirs régionaux ont été renforcés gagnant en autonomie dans des domaines non régaliens.

En un mot notre peuple a accepté – en silence ou presque - de voir s’ériger un pouvoir nouveau – européen - sans lien avec lui et qui décide pour lui.

Ce processus complexe, subtil s’est opéré en douceur accompagné du doux terme de « démocratie » par nos gouvernements - de gauche comme de  droite – qui depuis 1983 –  ont dirigé et accompagné un processus imposé en prenant les dispositions nécessaires à sa bonne réalisation : contrôle des médias, contrôle des partis politiques, contrôle des syndicats ;

Tout a été fait pour réduire la voix des français attachés à la France.

Quand les français – par quel miracle ? – ont fait état soit de leur réticence soit de leur désaccord, tout a été organisé pour que – quoi qu’il arrive – le processus aille à son terme.

A quoi a servit le référendum de 2005 ? Toute cette énergie déployée effacée trois ans plus tard par un Parlement corrompu ?

Vu les moyens déployés, nous pouvons en conclure que les enjeux liés à la mise en œuvre de l’Union Européenne sont  immenses.

C’est sur ce point que je voudrai insister.

Mais quels sont donc les enjeux dissimulés de la construction de l’Union Européenne ?

L’Union européenne est une des pièces du puzzle mondial qui est en train de s’imposer à nous.

Derrière l’architecture de l’ordre mondial apparent, classique – celui des Etats-nations réunis en Nations unies - un nouvel ordre mondial est en train de s’imposer.

Cette Europe là est un des éléments essentiel du dispositif.

Le but évident est celui de détruire les Etats-Nations en Europe car l’Etat-Nation est un frein à ce nouvel ordre mondial, à la mise en œuvre des décisions qui vont nous être imposées par la force s’il le faut.

Cette décennie 2000-2010 a vraisemblablement été la décennie de basculement d’une architecture mondiale vers une autre.

Il est même possible de dire que « les attentats du 11 septembre » sont le moment de ce basculement, c’est à dire la prise de pouvoir de ce nouvel ordre mondial sur l’ancien.

Mais quel est donc le projet de ce nouvel ordre mondial ?

Ce nouvel ordre mondial aux mains du complexe militaro-industriel allié à la Finance fut dénoncé dès 1961 par le Président Eisenhower dans son célèbre discours d’adieu au peuple américain ou dix ans plus tard par Salvador ALLENDE lui-même  dans son discours à l‘Assemblée Générale des Nations Unis, quelques semaines avant sa mort !

Mais quel est donc leur projet ?

Ecoutons – si vous le voulez bien - un de leurs maîtres actuels !

La plus grande menace qui pèse sur l’Humanité, nous dit le Néo conservateur Zbigniew Brezinski - c’est « l’éveil politique mondial » (1)

« Pour la première fois, presque toute l’humanité est active, consciente, et interactive sur le plan politique ».

« L’activisme politique mondial qui en résulte génère une montée de la quête de dignité personnelle, du respect culturel et de l’opportunité économique dans un monde douloureusement marqué par les souvenirs de plusieurs siècle de domination étrangère, coloniale ou impériale. »

 « Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’aujourd’hui au XXIème siècle, la plupart des populations des pays développés sont politiquement agitées et effervescentes à de nombreux endroits. Il s’agit d’une population excessivement consciente de l’injustice sociale, comme jamais auparavant, et souvent plein de ressentiment face à la perception qu’elle a de son manque de dignité »

« La jeunesse du tiers-monde – nous dit Brzezinski - est particulièrement agitée et rancunière. La révolution démographique qu’ils incarnent constitue dès lors elle aussi une bombe à retardement politique. »

 « Chaque jour, 34000 enfants de moins de 5 ans meurent de faim ou d’autre maladies liées à la malnutrition, ce qui entraine six millions de décès annuellement. (…) sur les 6.2 milliards de personnes vivant aujourd’hui, 1.2 milliard le font avec moins de 1 $  par jour depuis 2003 et près de 3 milliards de personnes vivent avec moins de 2 $ par jour »

Et la famine va … qui empire !

Dans le même temps, les classes moyennes occidentales – c'est-à-dire européenne- c’est à dire NOUS -  allons subir de plein fouet la crise.

« Quand l’austérité frappera l’Occident – nous dit Brezinski -   toute la classe moyenne disparaitra dans l’ombre, puisqu’elle sera absorbée par la classe ouvrière inférieure. La jeunesse issue de la classe moyenne occidentale, dont la majorité est éduquée, fera face à la « désillusion » : elle a grandi dans un monde où on lui promettait tout et où on lui a tout confisqué rapidement. Dans ce contexte, les manifestations, les émeutes et les éventuelles rébellions sont aussi inévitables que le lever de soleil. »

Pour Brezinski, seule une gouvernance mondiale - c'est-à-dire la création d’un appareil gouvernemental mondial oppressif - peut assurer la pérennité de l’Oligarchie qui nous gouverne.

Nous le comprenons alors très bien, ce fascisme économique et financier - qui vient de prendre le pouvoir - n’épargnera personne, ni le Tiers monde ni l’Europe.

La mise en œuvre de cette domination s’opère par de très puissants moyens : sociétés militaires privées qui interviennent partout dans le monde, et dotées de moyens technologiques impressionnants : nouvelles armes notamment biologique ou climatique, nouveaux moyens de communications...

Pour cette Oligarchie, la seule façon d’imposer cet ordre et de garantir son contrôle est d’organiser le chaos : crises économiques, guerre et expansion rapide ainsi que institutionnalisation d’une dictature scientifique mondiale.

L’immigration dérégulée participe de ce chao, bien sûr.

***

Il nous faut alors l’admettre, la destruction de l’Etat-Nation est un des éléments clés de ce processus.

Cette destruction est un préalable indispensable car l’Etat reste l’arme – peut-être la seule – capable de lutter et de résister contre ce nouvel ordre mondial.

Mais voulons-nous résister ?

Voulons-nous résister à ces valeurs antihumanistes ? Héritées des penseurs nihilistes Nietzsche, Léo Strauss, Karl schmitt ?

Voulons-nous résister à ces penseurs – Léo Strauss et Kojève - affirmant que « la question de l’état universel et homogène désignant un monde sans guerre ni sous-développement et où le bien être et le temps de loisirs augmenteraient … signifie « la fin de l’histoire ». »

Avons-nous mieux à proposer  quand ils affirment que « Les notions de paix, de progrès et de prospérité éliminent les valeurs « supérieures » de l’humanité qui dépendent de la politique et donc de la guerre ? »

Quand ils affirment qu’il s’agit d’initier un processus de « nouveau départ pour l’homme et l’humanité » ; que « seule une révolte nihiliste pourra faire régresser l’humanité à la condition misérable du paléolithique pour que tout recommence » ?

Ils écrivent cela !

***

Avons-nous mieux à proposer ?

Je veux le croire.

Je veux croire que nous sommes – nous, français, européen - attachés à une culture humaniste qui n’a pas dit son dernier mot.

Je veux croire que l’Europe n’a pas vocation à sombrer dans une misère annoncée et dont nous voyons déjà les prémisses quand les systèmes de santés, de retraite – tous les systèmes de solidarité - auront tout simplement disparu, quand la misère touchera les trois quart du corps social européen ;

Nous devons refuser ce nouvel ordre mondial avec tout ce que cela induit.

Nous devons pour cela donner naissance à une « nouvelle résistance » au nom d’une nouvelle révolution humaniste ce à quoi nous appelle avec génie le grand philosophe Manuel de DIEGUEZ.

Et cette révolution humaniste passe par un regard sans concession sur ce que nous sommes, sur le nécessaire dépassement que nous devons opérer par la connaissance anthropologique de l’Homme : Mais quel est donc cet animal en nous ? Quel est ce demi-homme qui a tant besoin d’idoles comme de sang immolateur ?

Oui, nous devons donner naissance à une « nouvelle résistance » pour accoucher d’un nouvel Humanisme !

***

Il nous faut alors - RESISTER !

La première des résistances, c’est la recherche de la vérité !

Il nous faut discuter, diffuser l’information et convaincre nos concitoyens que tout est encore possible.

Nous le faisons aujourd’hui.

La seconde résistance, c’est travailler à se doter de moyens capables d’assurer notre victoire.

Il nous faut affirmer l’urgence d’une reprise en main de notre destin.

Nous devons opérer un renversement du mouvement anti-national par l’affirmation révolutionnaire d’une priorité du National.

Nous devons libérer l’Etat-Nation pour libérer la France.

Nous devons affirmer la pleine souveraineté française : souveraineté monétaire, souveraineté militaire !

Nous devons appeler à une véritable insurrection républicaine : il nous faut sortir de l’OTAN, il nous faut sortir de l’Union européenne.

Alors, OUI, disons le !

Il n’y a plus ni Gauche ni Droite. Il y a l’immense Empire et ses agents, d’un côté; il y a la Nation, la République, la France ! Il y a les peuples libres et les Nations prêtes à se libérer ! De l’autre !

Sommes-nous capables de fonder l’alliance objective des classes populaires françaises très durement touchées par ces crises imposées avec tous ceux qui ont à cœur le souci de la France ?

Allons-nous être capables de contourner Médias, Partis institutionnalisés de gauche comme de droite, Syndicats corrompus ?

Partout vous le voyez se lèvent l’insatisfaction comme un vent de révolte : ici, le Front syndical de classe, là d’anciens résistants, communistes et gaullistes, proclament l’urgence d’une front nouveau, l’urgence d’un nouveau Conseil National de la Résistance !

Ici, même, des souverainistes disent toujours croire en la Nation, libre et indépendante …

Allons-nous – dis-je – réussir à unir toutes ces forces au sein d’une nouvelle résistance ?

Je veux le croire ! OUI ! Je veux le croire !

Car j’ai foi en la France, j’ai foi dans mon pays.

J’ai foi dans notre jeunesse, j’ai foi dans notre peuple.

Le 18 juin dernier, au cours d’une manifestation magnifique à la Sorbonne, autour de Roland Hureau et M. Robatel, nous avons lancé un « appel à la jeunesse » qui a suscité de nombreuses réactions.

OUI ! Notre jeunesse a soif d’engagement, elle a soif de service à la France. Mais elle est désorientée. Elle est désorientée comme notre peuple.

Son énergie est inutilisée ! Et bien utilisons là !

C’est dans cet esprit que nous avons décidé de lancer la création d’une Garde Nationale de patriotes volontaires ! (2)

Nous en étudions actuellement les modalités pour que dans chaque Commune de France se mette en place cet élan de la jeunesse avec une seule ambition : le service à la Nation.

Il nous faut, nous devons, travailler au réveil la France.

Nous devons travailler au réveil de l’Europe !

***

Nous voici arrivé au terme de cette intervention.

Et vous l’avez compris,  « il n’est pas possible de parler librement  de la sortie de l’Union européenne », car envisager la sortie de l’Union européenne est un crime contre l’ordre mondial.

Aucun homme politique susceptible de briguer l’Elysée avec quelques chances n’abordera le sujet car il faut - pour entrer à l’Elysée - recevoir l’aval de l’Empire.

Ils sont tous au service de cette même logique.

Mais pas nous !

Nous voulons simplement – mais n’est-ce pas essentiel ? - la liberté  de notre peuple, la liberté de la Nation.

Nous sommes au service d’une haute idée de la France et - vous l’avez compris – nous sommes au service d’une haute idée de l’Homme.

Et je mesure tout à coup, en cet instant, ici même, que nous ne sommes plus seuls.

Oui, je veux le croire, Nous sommes déjà une « armée pour la France ».

Merci

[Applaudissements]

***

Bibliographie & Sources documentaires

- « Défis républicain » Jean-Pierre Chevènement, Fayard – 2004 – voir notamment le chapitre « Europe européenne ou Europe américaine » p.535 ;

- « La faute de M. Monnet » Chevènement, Fayard, 2006 ;

- « Le mythe Jean Monnet » Marc Joly – CNRS édition, 2007 ;

- « Oser dire non  à la politique du mensonge » ouvrage collectif préface de MF Garaud, avec MF.Bechtel, FG.Bertrand, J.Calvet, A.Cotta, J.Foyer, M.Gallo, PM.Gallois, C.Graeff, G.Robin, JJ.Rosa – Edition du Rocher, 2005 ;

« Le bêtisier de Maastricht » présenté par Chevènement – Arléa – mai 1997 ;

- « Pour l’Europe, votez Non » Chevènement, Fayard, 2005 ;

- « France-Allemagne  - Parlons Franc ! » Chevènement – Plon – 1996 ;

« Voyage imaginaire à travers les mots du siècle » Didier Motchane – Fayard – 2010 – voir notamment le mot « Européisme » p.123 ;

- "La trahison des économistes" jean-luc Greau – Gallimard – 2008 ;

- « La fin de l’euro-libéralisme » Jacques SAPIR – Seuil – 2006 ;

- « La fin de l’Euro » Christian Saint-Etienne – Bourin éditeur – 2009 ;


(1) Discours à Chatham House à Londres, 2009 (ancien Royal Institue of International Relations, contrepartie du Council on Foreign Relations situé aux Etats-Unis) ou « America’s Geopolitical Dilemmas ». Speech at the Canadian international Council and Montreal Council on foreign Relations : april 23, 2010

(2) La Garde Nationale de patriotes volontaires - lire un point d'histoire « Une garde nationale pour la France" par Xavier Lavie – L’Harmattan – 2010 ;

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