Osons le dire

PANTHEON : "LE SEPARATISME DE CLASSE DE NOUVEAU PANTHEONISE ?" Par Floréal, P.R.C.F.

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Le 14 novembre 2020,

Que les cendres de l’écrivain combattant Maurice Genevoix entrent au Panthéon, qui y objectera ? En tout cas pas l’auteur de ces lignes, fils de Résistant et petit-fils d’un combattant de Verdun , qui apprécie ce romancier classique, ce défenseur de notre langue (ancien secrétaire perpétuel de l’Académie française) et cet homme fidèle au souvenir des Poilus dont il porta sa vie durant la souffrance lancinante… 

 Mais une fois de plus, sont exclus du Panthéon non seulement, et comme à l’ordinaire, les grands Jacobins de l’An II (notamment Robespierre qui fonda la République française et la sauva d’immenses périls en 1793-94), non seulement les figures de proue de l’histoire communiste française du XXe siècle (pour n’en citer que quelques-uns : Pierre Sémard, tombé en criant “vive la France!” sous les balles allemandes ; Maurice Thorez, concepteur et chef de file ouvrier du Front populaire, créateur, après guerre, du statut de la fonction publique et du statut des mineurs ; Jacques Duclos, qui dirigea clandestinement le PCF durant toute l’Occupation ; Ambroise Croizat, qui construisit la Sécu et les retraites par répartition ; Marcel Paul, qui fonda EDF après avoir organisé un réseau de solidarité à l’intérieur d’un camp de concentration nazi… etc.), mais aussi ces très grands écrivains français étroitement liés à la Grande Guerre que furent…

 * le romancier communiste Henri Barbusse, l’auteur du “Feu”, cette dénonciation impitoyable de la guerre impérialiste par un homme qui en avait vécu l’enfer ;

* l’écrivain communiste Louis Aragon, Croix de guerre 14-18, médecin militaire sur le front, inventeur d’un dispositif mécanique qui permettait aux tankistes français de fuir les flammes quand leur engin prenait feu; cet immense romancier, théoricien et poète, auteur de la Diane française sous l’Occupation, co-animateur, avec Claude Morgan, des Lettres françaises clandestines (qui s’ouvrirent, entre autres, à Mauriac et à Sartre…), phare de la vie littéraire française du vingtième siècle, avec son inoubliable compagne Elsa Triolet, grand écrivaine communiste elle aussi ;

* le poète Paul Eluard, auteur notamment du poème “Liberté”, qu’on lisait pour se donner du courage dans les Maquis des Francs-Tireurs et Partisans de France? 

Et pardon si j’en oublie, comme le jeune physicien et philosophe communiste Jacques Solomon, gendre de Paul Langevin, l’écrivain et fin germaniste Jacques Decour ou le jeune et génial philosophe Georges Politzer, tous trois fondateurs de l’Université libre dès l’automne 1940, fusillés par les Allemands, le dernier après avoir été affreusement torturé.

 Sans parler de Paul Vaillant-Couturier, lui aussi officier pendant la première guerre mondiale, auteur de l’immortel récit Enfance, âme du Front populaire qui réclamait pour les ouvriers « du pain et des roses », auteur de poèmes et de chansons, dont l’épouse, Marie-Claude Vaillant-Couturier, journaliste et résistante-déportée, témoignera pour la France au procès de Nuremberg en 1946 puis à celui du boucher de Lyon, Klaus Barbie, en 1987.

 Eluard, Politzer, Aragon, Triolet, Barbusse, Vaillant-Couturier, Decour, ne sont-ils pas assez grands littéraires, assez grands patriotes pour vous M. Macron, que Mme Merkel vient d’introniser Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle ? Mais est-ce vous, M. Macron, qui les rabaissez en les retranchant de la reconnaissance nationale, ainsi que firent avant vous tous les présidents de la IVème et de la Vème Républiques, ou n’est-ce pas plutôt vous qui vous abaissez vous-même, si c’était du moins encore possible, en faisant preuve d’une telle petitesse de classe et de caste ?

Ces auteurs ont certes commis un crime méritant la “damnatio memoriae“: ils étaient tous communistes et révolutionnaires et n’ont jamais consenti à diaboliser le pays des Soviets au sujet duquel de Gaulle déclarera pourtant loyalement, en 1944, lors de sa visite d’Etat à Staline, que “la Russie soviétique a joué le rôle principal dans la libération des Français”.

 Alors, qui est “séparatiste” en France, MM. Sarkozy, Hollande, Macron ? Sont-ce les communistes, qui ont toujours tenté d’unir le peuple de France contre le fascisme (Front populaire), contre l’oligarchie pro-hitlérienne (“Front français”), contre l’Occupant nazi (Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, apport central du PCF à la création du Conseil National de la Résistance ainsi qu’à la conception et la mise en oeuvre de son programme en 1944-1946) ? En réalité, les vrais séparatistes mémoriels sont les mesquins gouvernants maastrichtiens successifs de la France qui, tout en dissolvant la France dans l’Empire euro-atlantique, tout en rampant devant la Bundeskanzlerin et en sacrifiant sans honte le français au tout-anglais, ostracisent toute la part jacobine et communarde de la mémoire française (le PCF resta le premier parti de France jusqu’au milieu des années 1970 !), mettant au ban du souvenir français la masse des Résistants de terrain, ces ouvriers, intellectuels et autres paysans rouges qui “montaient des mines et descendaient des collines”, selon la parole du Chant des partisans. Ce faisant, sans vous en douter peut-être, MM. Sarkozy, Hollande et Macron, vous répercutez sordidement la parole ignoble de l’officier nazi envoyant nos camarades au poteau d’exécution en déclarant: “Kommunist, pas français!”…

 En tout cas, dans le Panthéon mental des communistes, on n'a pas de ces petitesses car on n'y trie pas les héros. Que l’on relise, pour s’en convaincre, le poème d’Aragon La Rose et le Réséda, consacré à “Celui qui croyait au Ciel”, l’officier patriote Estienne d’Orves, comme à “Celui qui n’y croyait pas”, Gabriel Péri, l’éditorialiste clairvoyant de l’Huma qui avait dénoncé le pacte déshonorant et suicidaire de Munich ?

 “La mémoire ne vaut pas que pour le souvenir, dit quelquefois notre héroïque camarade Léon Landini, ancien officier des FTP-MOI, elle vaut aussi pour le devenir“. Une classe sociale, la grande bourgeoisie, qui nie et massacre ainsi le souvenir et l’histoire de la nation, ne saurait qu’en saboter le présent et qu’en saboter l’avenir. « Je me considère un peu comme une feuille qui tombe de l’arbre pour faire du terreau. La qualité du terreau dépendra de celle des feuilles. Je veux parler de la jeunesse française, en qui je mets tout mon espoir », écrivait Jacques Decour dans sa dernière lettre. 

Avis aux travailleurs qui font vivre la France au présent et qui méritent d’en porter l’avenir : défendez votre mémoire rouge, camarades !

FLOREAL*

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Source:

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/le-separatisme-de-classe-pantheonise-par-floral-prcf/

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