Osons le dire

« Nicolas SARKOZY ou le Président des mots volés » par Jean-Luc Pujo

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La corruption de la parole reste sans aucun doute l’un des plus grands drames qui caractérise les sociétés occidentales contemporaines.

Cette parole corrompue a gagné un à un tous les pans de nos sociétés : l’école et l’Université, la science - dernièrement et c’est un renouveau – les Lettres et les Arts – c’est un suicide – puis la politique – c’est désastreux.

Même la philosophie a été gagnée par ce vice où se prétendent « philosophes » quelques diplômés brillants mais qui n’en sont pas. Où l’on confond histoire des idées aisément exposée et introspections philosophiques.

Peu à peu, tous les champs d’exercice de la parole publique ont ainsi été corrompus. Mesure-t-on la réalité et la gravité de ce que cela signifie pour une civilisation ?

***

Si la politique a toujours cultivé un rapport particulier avec la Vérité, il n’en reste pas moins vrai que le progrès se targuant d’excellence démocratique avait élaboré un rapport secret avec la vérité sous couvert de parler vrai, de cultiver les peuples, de respecter ce que l’on appelait encore il y a peu la conscience des peuples, celle du citoyen que l’on cherchait à « éclairer ».

A la séduction s’attachait la démagogie.

Certes depuis Aristophane, le doute pesait sur la démocratie et certaines de ses pratiques – mais l’essor de nos Etats de droits, de nos sociétés politiques les conduisait vers un mieux disant et faisait évidence quand à la nécessité de construire un rapport sans cesse amélioré entre parole publique et Vérité.

***

Nous vivons aujourd’hui, une véritable régression en Occident, et depuis peu – à un degré inégalé – en France.

Comment faire quand tous les instruments de pouvoir sont corrompus, notamment les médias, en totalités, et particulièrement en France où nous sommes la seule grande démocratie en Europe à conserver une élite journalistique totalement asservie et corrompue ?

Nos voisins journalistes - Allemand ou anglo-saxon – méprisent nos journalistes qui n’en sont pas et ils ont bien raisons.

Vincent Peillon n’est-il d’ailleurs pas « fou » d’avoir ainsi levé le voile sur un système parfaitement clos, viciés au risque d’être ostracisé pour des années par ceux-là même qui – indignes – font figures de journalistes, ce beau mot qu’ils salissent à en vomir ? Aujourd’hui, la parole volée est devenue présidentielle.

La campagne de l’élu avait en ce sens été exemplaire où le « tout » côtoyait le « n’importe quoi » dans un non-sens apocalyptique. Nous en mesurons aujourd’hui le résultat.

Souvenons-nous que les Officiers de la Médiasphère parlaient de cohérences totales, que certains illuminés parlent encore de victoires gramsciennes ( ?) quand tout n’a été que destruction des cadres-référents, explosions des signifiants, implosions des repères... et agitation des peurs primaires.

Nous avons donc atteint le sommet de la corruption totale qui profite de la naïveté de quelques quidams incultes pour se targuer d’une opération de communication réussie, quand rien n’a plus d’importance que le sentiment donné d’avoir été vertueux sans mesurer aucunement cette vertu.

La généralisation de la corruption de la parole publique donne le sentiment qu’ainsi tout est possible. Que l’on se rassure, ce n’est pas qu’un sentiment.

Tous les pans de l’action publique examinés permettent d’affirmer qu’aujourd’hui en France tout est possible : arrestations arbitraires, méconnaissance des règles procédurales, non respect des droits de la défense, officiers publics mentant effrontément, violences disproportionnées, opportunité des poursuites mettant en évidence une corruption spirituelle de la république, méconnaissance totale de l’intérêt général au plus haut sommet de l’Etat…

La France est dans le fossé. Abandonnée. La République aux objets trouvés.

Seuls encore quelques Magistrats de province, quelques juges d’instruction ou en formation, nos juges de la rue de Montpensier ou le vieux Sénat semblent vouloir résister.

Si peu en sommes.

Quelques citoyens ne peuvent-ils se lever ? Conscients de leurs pouvoirs et de leur rôle … S’écrier que cela n’a que trop duré ?

Mais où sont donc passés les élus de la Nation dedans l’opposition ?

Plus le temps passe et plus dure sera la chute. Car il est une constante. Après la corruption de la parole publique, vient ce moment particulier : la recherche de l’intense vérité. Passage douloureux, ce passage obligé est souvent très mal accompagné.

Qu’il vienne au plus vite, donc, pour chasser ce Président, véritable caricature d’un moment historique particulier.

Ce lundi 25 janvier, nous venons d’assister à un triomphe fabriqué pour un président au rabais : C'était Nicolas Sarkozy, le Président des « mots volés » !

Photo : lundi 25 janvier 2010./REUTERS/TF1 TELEVISION

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