Osons le dire

LOUIS RENAULT : le temps du révisionnisme ! par Mme LACROIX-RIZ

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LETTRE de Mme LACROIX-RIZ

Chers amis,

Mercredi prochain 14 sera diffusée sur le service public de télévision, en l'occurrence sur France 3 à 20 h 35 une nouvelle émission sur Renault (et Citroën, cette fois). Je vous en communique ci-dessous la présentation officielle, que je commenterai dans la suite immédiate de ce texte.

http://programmes.france3.fr/documentaires/index.php?page=doc&programme=histoire-immediate&id_article=2057

Ce film est l’histoire de deux destins tragiques qui se confondent avec les destins de la France et du monde dans la première moitié du XXe siècle

Un documentaire de Hugues Nancy
Réalisé par Fabien Béziat
Commentaires : Didier Bezace
Producteur délégué : Fabrice Coat
Productrice exécutive : Christine Doublet
Une production Program 33, avec la participation de France Télévisions et de Planète


Renault et Citroën. Deux marques mondialement connues. A l’image de la tour Eiffel, ces fleurons de l’industrie automobile appartiennent désormais au patrimoine français. Et pourtant, qui connaît Louis Renault et André Citroën, les fondateurs de ces marques ? Que reste-t-il dans nos mémoires de l’histoire des deux plus grands industriels que la France ait jamais connus ? 

Les deux frères ennemis ont partagé les bancs du lycée Condorcet. Ils ont bâti et porté à bout de bras deux empires industriels de renommée mondiale. Ils se sont livrés une concurrence acharnée, et ont façonné l’histoire industrielle du pays. Puis, les créations des deux génies qui ont inventé l’automobile moderne se sont retournées contre leurs créateurs. L’histoire leur a tout repris, comme s’il avait fallu à tout prix gommer l’incroyable histoire de Louis Renault et André Citroën.

Comme dans une tragédie classique, la vie de Louis Renault et d’André Citroën est une fresque intime et sombre qui a le goût de cendres des époques perdues. Jamais en France, des hommes étaient partis de si peu et étaient parvenus si haut. Jamais des hommes aussi puissants avaient finalement tout perdu, presque en un instant. La terrible crise économique des années 30 a eu raison des audaces de Citroën. Ruiné, il meurt en juillet 1935, quelques mois après avoir perdu le contrôle de son usine au bénéfice d’Edouard Michelin. Dix ans plus tard, Louis Renault, enfermé à la maison d’arrêt de Fresnes pour collaboration avec l’ennemi, meurt dans une clinique d’une hémorragie cérébrale avant d’avoir pu défendre son honneur
L’usine est nationalisée en 1945, et Louis Renault érigé en symbole de la collaboration patronale, alors que de nombreux industriels seront épargnés, malgré une collaboration active organisée par le régime de Vichy.

Ce film est l’histoire de deux destins tragiques qui se confondent avec les destins de la France et du monde dans la première moitié du XXe siècle. L’histoire d’une aventure industrielle époustouflante, dans un monde secoué par une crise économique et par deux guerres mondiales.
L’histoire d’une société qui a basculé dans la modernité et le tout voiture. Notre histoire.
    
DEBAT, animé par Samuel Etienne


HISTOIRE IMMEDIATE, Présenté par Samuel Etienne, est Le rendez-vous du documentaire de France 3. L’émission raconte aux téléspectateurs leur histoire, celle qu’ils ont, pour la plupart, vécue depuis le début du XXe siècle. Cette histoire est aussi celle des grands hommes, dans l’intimité des événements majeurs qui ont marqué leur époque.

(passages surlignés par moi : la première affirmation est fausse ; la seconde est malhonnête, puisqu’elle suppose que Renault avait conservé « son honneur » ; la troisième au moins autant, puisque, comme je l’ai démontré dans l’ouvrage Industriels et banquiers français sous l’Occupation (Armand Colin, 1999), la collaboration protégée et promue par Vichy a été, concernant la collaboration économique, d'origine privée, et non « organisée », de l’extérieur, par le régime politique).

Sur la base de cette information, Marc Lacroix, président de l’association « Esprit de Résistance » a adressé le vendredi 9 décembre à Rémy Pflimlin, président de France Télévisions, le courrier qui figure en annexe, courrier proposant pour la participation au débat les noms de Michel Certano et de moi-même. J’ai pour ma part appris vendredi soir qu’il était d'ores et déjà enregistré et accueillerait quatre intervenants, dont les trois suivants :

Laurent Dingli, historien hagiographe de Louis Renault, dont l’indépendance est établie par son statut de mari d’une des plaignantes, Hélène Dingli née Renault.

Hélène Dingli-Renault, petite-fille de Louis Renault, qui a bénéficié, comme son mari, d’une quasi-exclusivité médiatique continue depuis le n° du 8 janvier 2011 du Monde Magazine, au service, dans un premier temps, de la « réhabilitation » de l’industriel , et, depuis le 9 mai 2011, de l’assignation déposée par elle-même et les six autres petits-enfants de Louis Renault contre l’Etat, en vue d’indemnisation de la confiscation décidée le 16 janvier 1945.

L’historien Patrick Fridenson, qui a consacré à Louis Renault et à la Société anonyme des usines Renault d’importants travaux s’arrêtant à septembre 1939, c'est à dire à la déclaration de guerre officielle (Histoire des Usines Renault 1. Naissance de la grande entreprise, 1898-1939, Paris, Seuil, 1972). « Spécialiste » reconnu du Renault d’avant-guerre, mon collègue a été le 23 novembre 2011 présenté par France Info comme « spécialiste de Renault », sans autre précision chronologique, et interrogé sur le bilan d’Occupation de Louis Renault, période à laquelle il n’a pas consacré ses recherches : il n’en a pas moins dressé le bilan de guerre suivant des œuvres de Louis Renault : il s’est « en 1939 et 1940 […] investi pour produire des matériels d’armement pour la défense nationale » ; il a sous l'Occupation produit pour l’Allemagne « la même chose que les autres entreprises d’automobiles » et, s’il n’a pas soutenu « la résistance, comme Citroën et Peugeot, […] le reste fait partie de choses sur lesquelles nous n’avons pas à l'heure actuelle d’éléments sérieux et incontestables d’information ». M. Fridenson ne saurait donc, à la lumière de ces récentes prises de positions, non étayées par des recherches, « débattre » d’éventuels désaccords avec la plaignante et son mari. J’ignore encore le nom du quatrième « débatteur », mais d'ores et déjà, le « débat » est acquis aux trois-quarts à la thèse selon laquelle Louis Renault n’a pas collaboré du tout ‑ ou pas particulièrement ‑ avec l’ennemi et a été victime d’une « voie de fait » susceptible d’être rectifiée et réparée par la Justice.

Depuis le 8 janvier 2011, date d’un dossier de 5 pages, extrêmement favorable aux héritiers Renault, rédigé par Pascale Robert-Diard et Thomas Wieder du Monde Magazine, intitulé : « Renault. La justice révise les années noires », il a été strictement impossible d’obtenir des grands media, écrits ou télévisuels, malgré des demandes réitérées, le droit de faire connaître aux lecteurs, auditeurs ou spectateurs la thèse contestant celle des héritiers Renault, désormais engagés dans une action en indemnisation contre l’Etat. Le service public de télévision a déjà, à deux reprises, sur France 2, les 2 mars et 26 avril 2011, accordé à des heures de grande écoute voix exclusive aux héritiers. Le 3 août 2011, sur Europe 1, Franck Ferrand, a associé M. Laurent Dingli, dans son émission Au cœur de l’histoire, à l’indispensable réhabilitation de l’honneur de Louis Renault mis en cause par des historiens acharnés à « salir la mémoire de Louis Renault », dans des conditions décrites par le courrier ci-joint, que j’ai adressé à M. Ferrand, courrier demeuré à cette date sans réponse. Pour la troisième fois depuis mars, le service public donne la parole aux héritiers Renault et à au moins un historien qui soutient ou ne conteste pas la thèse de ceux-ci, et interdit de parole l’histoire fondée sur les sources originales. Le faux « débat » programmé, et déjà enregistré, sera diffusé au soir même de la première audience vraiment importante du procès que les héritiers Renault ont engagé le 9 mai 2011 contre l’État. Il risque, une fois de plus, de peser unilatéralement sur le cours de la justice.

La presse a le devoir théorique, jusqu'ici bafoué, d’informer sur la situation et les citoyens celui de protester contre une partialité qui met ladite presse, privée et publique, au service exclusif des héritiers de Renault qui ont engagé un combat contre la vérité historique au profit d’une prétendue quête désintéressée de réhabilitation avant de se lancer dans une action judiciaire en indemnisation concernant tous les contribuables français. Il convient d’exiger du service public, que ceux-ci financent directement, le respect du pluralisme : or, celui-ci a été bafoué avec application depuis janvier 2011, date où est entrée dans le domaine public la grande offensive des héritiers de Renault, parée dans un premier temps des atours de la nécessaire « réhabilitation » morale, révélée le 9 mai pour ce qu’elle était, une opération financière de grande envergure.

Vous trouverez dans un second document douze des pièces d’archives qui attestent, sans aucun doute possible, l’ampleur de la collaboration de Louis Renault avec l’Allemagne, que je borne à la seule période septembre 1939-Libération. Je me propose, dans la période à venir, à publier un grand nombre de documents provenant des fonds d’archives concernés (copies des archives de la Préfecture de police; transcriptions des fonds Lehideux de Haute-Cour, 3 W, sous dérogation particulière et donc interdits de photocopie et de photographie).

J’adresse aux journalistes un courrier comportant les mêmes pièces d’archives.

Bien cordialement,

Annie Lacroix-Riz

SOURCE:

http://www.historiographie.info/renault.html

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