Osons le dire

Louis Renault ... par Mme Lacroix-Riz (SUITE)

En 1945, le rapport d’expertise de Caujolle, fondé sur la documentation du COA, elle-même déjà soigneusement expurgée par les dirigeants de l’institution, trancha en ces termes : « sous l’impulsion de Lehideux », son « principal animateur, le comité d’organisation de l’automobile a livré aux Allemands, pendant l’Occupation, 117 512 voitures, pour la somme de 16 778 598 000 frs, soit 85% de la production totale » ; les 15% restants ont eu la même destination : « Sur les 20 776 voitures livrées au secteur civil français, un certain nombre ont été réquisitionnées par les allemands, et d’autres ont été acquises par des entreprises qui en avaient besoin pour leur permettre de travailler pour l’occupant. » En dehors des véhicules, le COA avait livré « des pièces détachées pour chars et effectué des transformations ou réparations ayant le caractère de fournitures de matériel de guerre proprement dit, qui s’élevèrent au minimum à 2 358 197 814 francs »[64]. En 1948, à l’ère du pardon général ou officiel, le rapport Lemoine tailla selon l’usage à coups de serpe dans la correspondance accablante pour Lehideux et ses pairs (ou en inversa strictement le sens). Il ne put cependant revenir sur les 85%, et dut se contenter d’invoquer 15% de « secteur civil français »[65] qui relevait de la légende.

Les chiffres absolus étaient d’ailleurs ridicules, comparés aux listes successives qu’adressèrent à Berlin les services économiques du Militärbefehlshaber in Frankreich, photographie immuable d’une France caverne d’Ali Baba du Reich, et à bien d’autres documents. Ainsi, nul ne contesta, à la réunion franco-allemande du 6 avril 1943 au siège du COA, le chiffre de 10 000 unités par mois pour la production automobile française à destination du Reich (seul), soit 120 000 par an ‑ quatre fois plus que les rapports d’instruction de 1945 ou 1948[66]. Évaluation conforme au cri du cœur poussé par Lehideux devant Milch et von Loeb en mai 1942 : ma volonté d’« entente entre la France et l’Allemagne » a été démontrée par l’« aide réelle et efficace » que j’ai fournie « à l’Allemagne [...] puisque 150 000 camions ont été livrés à l’armée allemande par les différentes usines françaises. » Il en est allé de même « sur le plan de la production [générale...], et, soit par mon fait, soit par celui de mes amis, de nombreuses fournitures ont été faites à l’armée allemande : des centaines de millions de commandes ont été réalisées dans les usines françaises, et une coopération économique dépassant les espérances que les autorités allemandes avaient pu former s’est développée entre la France et l’Allemagne. [...] j’agissais non pas en technicien, mais en homme politique, en homme qui faisait confiance à la sagesse politique de l’Allemagne et qui, en quelque sorte, tirait en chèque en blanc sur la compréhension politique et sur la largeur de vues des hommes d’État responsables de l’Allemagne. »[67]

Les références a posteriori et fluctuantes au méchant ou gentil Lehideux ou au gentil ou vilain Peyrecave (qui, après Drieu la Rochelle, avait arraché Mme Renault à son mari), n’ont rien à voir avec le dossier factuel des responsabilités de Louis Renault, actionnaire très majoritaire de la SAUR, et de ses collaborateurs de haut rang, dans le sort de la France et les modalités de la Deuxième Guerre mondiale. Certes, il y eut inégalité de traitement, puisque Louis Renault avait illustré, avec éclat, un comportement général. Pour faire accepter à la population radicalisée par la crise puis par l’Occupation le sabotage grandiose, décidé d’emblée, de l’épuration économique, les autorités gaullistes se résignèrent à « sacrifier » à l’indignation populaire - pas aux seuls « communistes » ‑ deux vieillards, Renault, mourant, et Laurent-Atthalin, président de la Banque de Paris et des Pays-Bas, ayant franchi l’âge de la présidence des conseils d’administration. Faut-il réhabiliter Renault et Laurent-Atthalin parce que tous leurs pairs ou presque se virent entre 1944 et 1949 épargner le châtiment pour faits relevant le plus souvent, non pas de la seule « collaboration avec l’ennemi », mais aussi de « l’intelligence avec l’ennemi » ou « haute trahison » (respectivement visés par les articles 89 et suivants et 75 et suivants du Code pénal) ? Faut-il réviser non pas la nationalisation, dont la révision est en voie d’achèvement, mais la « spoliation » d’héritiers sans doute ulcérés que tant de pairs de Louis Renault aient pu transmettre à leurs descendants, sans encombre ou après révision judiciaire, d’énormes biens, qu’avaient encore arrondis les années 1940-1944 ?

La Cour d’Appel de Limoges déclare qu’« aucun travail historique n’infirme une décision judiciaire du 30 avril 1949 disant que les usines Renault n’avaient pas fabriqué de chars ou de chenillettes mais avaient été obligées d’effectuer des réparations durant la guerre ». Pur argument d’autorité, historiquement infondé. L’historien ne peut certes la contraindre à rouvrir un dossier de collaboration et d’intelligence avec l’ennemi dont les cours de justice d’après Libération n’ignoraient rien. C’est dommage tant pour la science historique que pour l’information civique. La Haute-Cour (créée pour juger du cas des ministres et assimilés de Vichy), a comme les autres cours, traité « à chaud » les cas qui lui étaient soumis en s’appliquant à taire d’emblée ce que les tout débuts de l’instruction lui avaient révélé - sans parler de l’information initiale transmise à Londres et à Alger, source des mandats d’arrêt de l’été et de l’automne 1944.

Entre 1945 à 1948, les « archives [dites] de Berlin » ‑ copies de la correspondance entre le ministère allemand des Affaires étrangères et ses services en France entre les étés 1940 et 1944 - furent transférées en masse à Paris[68]. Ces milliers de pièces allemandes complétèrent une instruction française déjà explicite (pour ne citer que l’incroyable « malle Pétain »), balayèrent définitivement les « mémoires de défense » et propos flatteurs des témoins à décharge des intéressés, et aggravèrent tous les cas concernés. Elles les replacèrent sans équivoque dans la catégorie où le juge militaire Stehlé les avait initialement placés par ses mandats d’arrêt de 1944 « pour trahison » : ce fut le cas pour Pétain, Lehideux et une multitude d’autres.

Les « archives de Berlin », à supposer que l’instruction française ait été incomplète, auraient permis de réviser les cas qui avaient déjà fait l’objet d’un verdict, possibilité qui fut délibérément rejetée, pour Pétain et les autres[69]. Le sabotage initial de la procédure Pétain, dont l’instruction établissait formellement la trahison, explicitement évacuée au procès par le procureur général André Mornet, dicta la voie générale. Français et allemands, les documents conservés dans les fonds de la Haute-Cour et ailleurs éclairent substantiellement l’historien sur les faits, de trahison ou de collaboration. Ils le mettent en mesure de démontrer, par son « travail historique », les manquements initiaux délibérés de la justice française ‑ à commencer par les circonstances de l’abandon précoce du crime de trahison au profit de la seule collaboration. Manquements qui furent consentis d’autant plus aisément que l’appareil judiciaire français, non seulement avait prêté serment à Pétain (à l’exception d’un unique héros, Paul Didier), mais avait été sous Vichy directement impliqué, au plus haut niveau, dans la répression judiciaire : l’avocat de Pétain Me Jacques Isorni dénonça la chose avec une férocité jubilatoire dès le procès de son illustre client, en juillet 1945, en rappelant les missions qu’avaient acceptées ou sollicitées de Vichy, parfois dès l’été 1940, le président du tribunal, Paul Mongibeaux, et le procureur général Mornet[70].

L’historien n’a pas le droit de réclamer réparation à la justice d’aujourd’hui pour les décisions de la justice d’hier de classement des affaires de trahison et de collaboration, décisions antagoniques, du seul point de vue juridique, avec les pièces de l’instruction. Mais l’historien devrait pouvoir obtenir des magistrats d’aujourd’hui qu’ils n’invoquent pas un « travail historique » qu’ils n’ont pas consulté ou qu’ils ne se retranchent pas devant la chose politiquement jugée par leurs prédécesseurs de l’après-guerre pour interdire de fait le « travail historique » ou son exploitation par les associations de résistance. Le « travail historique », étayé par des fonds étatiques, français et allemands (policiers, militaires, diplomatiques, etc.) dont la justice d’hier a assumé la responsabilité politique de ne tenir aucun compte, démontre « que les usines Renault », comme celles des autres constructeurs, ont volontairement « fabriqué de[s] chars ou de[s] chenillettes » pour la Wehrmacht.

Les représentants de la justice d’aujourd’hui doivent admettre qu’ils ne sont pas habilités à dire ou décréter l’histoire ni à interdire aux historiens de la faire et aux associations de résistance de la diffuser. L’incursion illégitime de la Cour d’Appel de Limoges dans un domaine qui n’est pas le sien et la sanction dont elle a frappé le « Centre de la mémoire » d’Oradour-sur-Glane posent un problème scientifique et civique. A fortiori à l’heure où l’extrême droite flamande, le Vlaams Belang, dénonce « l’incorrection de l’État belge à l’égard du peuple flamand » et la justice « bornée, aveugle et haineuse » de l’après-guerre, et fait inscrire à l’ordre du jour de la Chambre belge avec le soutien de 70 sur 88 élus flamands (droite « classique » et « libérale » comprise) une proposition de loi effaçant « tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme prétendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier »[71].

Ces errements judiciaires et parlementaires ont été facilités par l’empilement, depuis vingt ans, d’hagiographies de Renault et alii, abdications scientifiques assurées du soutien de la grande presse, Le Monde compris. Ce qui s’impose n’est pas la réhabilitation d’un Louis Renault qui n’aurait « pas fabriqué de chars pour la Wehrmacht » : c’est seulement le retour aux règles méthodologiques de la recherche historique indépendante et la mise à l’écart de la justice et du parlement d’une sphère d’intervention qui n’est pas la leur.

NOTES

[1] Cité, Le Monde Magazine et Le Populaire et La Montagne (8 et, article unique, 15 janvier 2011).

[2] Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera (journalistes économiques), Les patrons sous l’Occupation, Paris, Odile Jacob, 1995, réhabilitation générale qui a esquivé le cas Renault, mais traité celui de Paul Berliet sur le même mode. Publication accompagnée d’une intense campagne médiatique.

[3] Louis Renault, Gallimard, 2009, citation, p. 7. Livre non mentionné par Le Monde.

[4] Annie Lacroix-Riz, Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999.

[5] Respectivement, Flammarion, 2000, et Louis Renault, biographie, Plon, 1998.

[6] Citation, Monde cité, p. 38, réduite, dans le gros titre de cette page, à : « jamais Louis Renault n’a accepté de fabriquer des chars pour les Allemands ».

[7] Gilbert Hatry, Louis Renault, patron absolu, Paris, Éditions JCM, 1990, p. 352 ; l’hagiographie de Chadeau l’admettait, Louis Renault, passim, surtout chapitre 5, sur 1936-1938.

[8] Archives Renault, carton 18. Lettre communiquée à Michel Certano par un membre de la société d’histoire du groupe Renault », et dont M. Certano m’a fourni copie.

[9] Patrick Fridenson, « Première rencontre entre Louis Renault et Hitler », Renault-Histoire, juin 1999, pp. 8-18.

[10] Saint Loup, Renault de Billancourt, Paris, Amiot Dumont, 1955, p. 272 : pseudonyme d’un ancien agent de la SAUR, l’hitlérien de premier plan Marc Augier, idéologue et homme de main, objet de nombreux dossiers de police, président du groupe Collaboration fondé en janvier 1941, RG de la PP, 10 juin 1941, B 07, 10 juin 41, cardinal Baudrillart (membre de son comité d’honneur), archives de la Préfecture de police (APP) ; « administrateur provisoire » précoce de biens juifs (lettre de l’Allemand Stenger (MBF) au Commissariat général aux questions juives, 8 août 1941, AJ 38 (CGQJ), 344, courrier arrivée du MBF, août 1941 ; « ancien combattant de la LVF », rapport direction des Renseignements généraux (DRG) Paris, 6 décembre 1944, 3W 213, Laval, AN). Témoignage fiable en l’occurrence, vu la notoriété de l’emballement hitlérien de Renault (et du patronat français des décennies 1930 et 1940, voir mes travaux cités).

[11] P.A. 16160/1, DGSN, 8 décembre 1939, F 7 15328, Laval, Archives nationales, plus loin AN.

[12]. Citation, Fernand Grenier à Pucheu, « procès Pucheu » (à Alger), sd, séances 6-12 mars 1944, GA, P 4, Pierre Pucheu, APP. Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, nouvelle édition augmentée, De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2010 et 2008, index (tous noms cités).

[13] Langeron, 1938-1941, Lacroix-Riz, Munich (index) et « Le PCF entre assaut et mea culpa : juin 1940 et la résistance communiste », 2007, www.historiographie.info

[14] BA 2135, Renault, dossier « Grève de novembre 1938 », APP, et Sylvie Schweitzer, « Partis et syndicats aux usines Renault (1936-1939) », mémoire de maîtrise, université Paris 1, 1975, résumé et cité par Guy Bourdé, La défaite du Front Populaire, Paris, Maspéro, 1977, p. 143-149, et références de la n. 8. Voir aussi, indispensable, Ingo Kolboom, La revanche des patrons. Le patronat français face au Front Populaire, Paris, Flammarion, 1986.

[15] Note Wi II/193/41, mars 1941, AJ 40, fonds du Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF) dits de l’Hôtel Majestic, 774, influence des banques, AN.

[16] « Jean-Noël Jeanneney, Jacques Nobécourt, Robert Paxton, René Rémond ou Michel Winock », travaux non cités, Thomas Wieder, Monde cité, p. 39 ; travaux « consensuels » cités et contestés, Lacroix-Riz, Le Choix et De Munich à Vichy, index La Rocque (et de tous les noms cités ici) ; son dossier est alourdi par son palmarès de 1940-1943, recensé par les RG de la PP, présentation critique de « Textes Europe concours 2007-2009, session 2008-2009 », http://www.historiographie.info/. Sur les « historiens du consensus » (dont Robert Paxton n’était pas naguère), Robert Soucy, French Fascism, the first wave, 1924-1933, et French Fascism, the second wave, 1933-1939, New Haven and London, Yale University Press, 1986 et 1995 (traduit).

[17] Note PP « sur la société des usines Renault et ses dirigeants », 6 juin 1942, avec biographie de chacun, BA 2135, Renault, APP. Dossier Renault qui a pourtant été littéralement vidé.

[18] Lacroix-Riz, « Les comités d’organisation et l’Allemagne : tentative d’évaluation », in Hervé Joly, dir., Les comités d’organisation et l’économie dirigée du régime de Vichy, Centre de recherche d’histoire quantitative, Seconde Guerre mondiale, Caen, 2004, p. 47-62 ; noms cités, index de mes op. cit.

[19] Note PP « sur la société des usines Renault et ses dirigeants », 6 juin 1942, BA 2135, Renault, APP, et litanie des fonds Barnaud, AN, F 37, et des fonds Lehideux de la Haute-Cour (217-234). Huntziger, index des op. cit.

[20] PV 6e réunion commission de sûreté du ministère de l’intérieur, 30 septembre, Paris, 2 octobre 1944, F7 14966, épuration (1942-1950), listes d’arrestation, AN.

[21] DGSN sans n° (sn), 4 octobre 1940, F7 15307, propagande allemande, « communication de M. Mianney », AN.

[22] Synthèse du courrier de l’AM, Berlin, n° 1033, 24 novembre, et n° 1075, 8 décembre 1938, 7 N 2602, Attachés militaires Allemagne, juin 1938-juin et 21 août 1939, Service historique de l’armée de terre (SHAT, Vincennes).

[23] « Mémoire », sans date, de 1945, 3 W 217, AN, de l’énorme dossier de Haute-Cour de Lehideux, 217-234.

[24] Interview à Aujourd’hui 24 décembre 1940, 3 W 217, AN.

[25] Rapport équipe Vilatte, PP, PJ, cabinet du commissaire Henri Mathieu, 19 juillet 1945, 3 W 217, AN.

[26] Fridenson, art. cit., p. 13

[27] Lacroix-Riz, Le Choix, passim.

[28] Rapport allemand et traduction, « compte rendu des entretiens au GBK » ; « note [Mettas] sur notre voyage à Berlin » ; rapport J. Marcou « voyage à Berlin, 3/7 mars 41 », 3 W 218 ; « Mémoire » Lehideux, sans date, de 1945 ; rapport Vilatte, 19 juillet 1945 (liste des billets de train pour l’Allemagne), 3 W 217, AN.

[29] Lacroix-Riz, Industriels, chapitre 5.

[30] Chronologie des négociations aussi erronée, Mouret, Renault, p. 286-291 (citation, 291).

[31] PV de l’entretien du 4 août 1940, « Affaire Renault. Scellé 21 », 3 W 217, AN. Souligné par moi.

[32] « Compte rendu d’une réunion du 19 mars au sujet des bombardements aériens britanniques et risques de guerre » (argument explicitement utilisé pour imputer cette reconstruction aux Allemands - payable avec l’argent français des frais d’occupation et pas les fonds français de la reconstruction acceptée le 28 février), 30 mars 1942, AN, 3 W 219, cf. infra. J’ai, dans Industriels, montré le caractère tactique de « réquisitions » allemandes inutiles à l’été 1940, mais de plus en plus sollicitées par les industriels français dans la perspective de la défaite du Reich,

[33] Cité par Gérard Chauvy, Lyon 40-44, Paris, Payot, 1993 (1è éd., 1985) p. 136.

[34] Notes Wi II/193/41, mars 1941, AJ 40, 774, et sur « le groupe Worms » jointe à note du chef du groupe Wi II, von Mahs, 3 décembre 1941, AJ 40, 779, matières premières, contribution de l’économie française au Reich, commandes, AN. Souligné par moi.

[35] Journal dactylographié 1940-1944 de Pierre Nicolle, du lundi 20 janvier 1941 : il y était « depuis deux jours » APP, PJ 39.

[36]. Autorisation du MBF, 17 janvier 1941, AN, AJ 40, vol. 774. Souligné par moi.

[37] Réunion dans le bureau du délégué général aux relations économiques franco-allemandes Barnaud, avec divers hauts fonctionnaires dont le Directeur des Finances extérieures et des changes Couve de Murville, point « commandes en zone libre », Paris, 28 mai 1941, 3 W 219, Lehideux, AN. Souligné par moi.

[38]. Tél. de Tunis 655, 8 mai, et 922, 24 juin 1941, Vichy Tunisie, 30, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[39] Note de X, place Maubert, Paris, 1er avril 1941, Londres 1939-1945, 300, Situation et opinion en France, dossier général, juin 1940-juillet 1941, MAE.

[40] RM 2 polonais, n° 1847, dossier n° 32, Seine, 30 avril 1941, Londres 1939-1945, 300, MAE.

[41] Note FFL, EM de Gaulle, SR, 6 juin 1941, Londres, 300, MAE.

[42] Note n° 29, source : St.J.06, 30 mai 1941, Londres, 300, MAE.

[43]. Note FFL, EM, Londres, 30 mai 1941, Londres, 300, MAE, souligné dans le texte.

[44]. Note D, 3362/SR, 31 mai 1941, Londres, 300, MAE.

[45] CR « d’une réunion du 19 mars », déjà citée, 3 W 219, AN.

[46]. Note 430 de Jean Terray à Lehideux, 27 mai 1941, F 37, fonds Barnaud, 16, AN.

[47]. Note 3870 OE/FR, de la présidence du CFLN, DG des Services spéciaux, sur les « répercussions des bombardements anglo-américains [entre janvier 1943 et mars 1944] sur le moral des populations en France », Alger, 17 mai 1944, F1 a, vol. 3743, AN.

[48] Notes 542 d/BCRA/NM, 7 octobre 1942, AN, F1a, 3958.

[49] Rapports, pourtant euphémiques ; Vilatte, 19 juillet 1945, 3 W 217, et Lemoine, 6e partie, Paris, 15 décembre 1948, 3 W 218, AN. Sur Bichelonne, cf. infra.

[50] R 17 n° 11 C, EX 20, 25 novembre 1942, AN, F1a, 3958.

[51] Sur la liste des 8, déjà mentionnée, PV 6e réunion commission de sûreté du ministère de l’intérieur, Paris, 2 octobre 1944, F7 14966, AN.

[52] Informations d’avril reçue le 12 mai 1944, AN, F1 a, 3975, Seine-et-Oise, et de février-mars 1944, 25 mars 1944, AN, F1a 3853, industries chimiques, poudres, armements.

[53]. Interrogatoire de Knochen par Bergé, 4 janvier 1947, 3 W, 358, AN. Nombreux exemples, Lacroix-Riz, Industriels, p. 143-146, et index Renault.

[54]. Information de Perony, 6 juillet 1944 (« plans au 1/200 (...) établis très justes par des services topographiques ») F1 a, 3973, AN.

[55] Rapport final du Wi V/2, d’après la statistique générale de la France, 31 juillet 1944, AJ 40, 820, AN. Frais d’occupation et clearing, Industriels.

[56] Note Hemmen 2493/42 P, 10 avril 1942, 3 W 219, AN.

[57] CR « d’une réunion du 19 mars », 30 mars 1942, 3 W 219, AN.

[58] Lettre 468/DE DFAE, de Boisanger à Barnaud, note Hemmen 2493/42 P, lettre 2903 RFA de Barnaud à Lehideux, Paris, 13, 10 et 21 avril 1942, 3 W 219, AN.

[59] Note MPI aux inspections générales de la PI, Paris, 20 janvier 1944, in information M ??/2/36003, mars 1944, AN, F1 a, 3787 (chiffre total et pourcentage, ALR).

[60] Résumé de son exposé, document de la « malle Pétain », 3 W 217, AN.

[61] Article non signé, 27 septembre 1944, BA 2135, Renault, APP.

[62] AJ 40, 775, déjeuners au Ritz, octobre 1941, AN, souligné dans le texte. Banquets de la Table Ronde, Lacroix-Riz, Industriels, index.

[63]. Fernand Picard, entrée du 24 novembre de son journal, L’Épopée de Renault, Paris, Albin Michel, 1976, p. 218. De leur caractère fugace témoigne le cas unique de l’exécution de Pucheu, Lacroix-Riz, « Quand les Américains voulaient gouverner la France », Le Monde diplomatique, mai 2003, et Munich, p. 295.

[64] Rapport Caujolle, p. 226, 3 W 217, AN.

[65] Rapport Lemoine, juillet-novembre 1948, 2e partie, p. 96-97, 3 W 218, Lehideux, AN.

[66] PV de la réunion, 6 avril 1943, 3 W 218, Lehideux, AN.

[67] Résumé de son exposé, document de la « malle Pétain », 3 W 217, AN.

[68] AN, 3 W 347 à 358.

[69] Inventaire des fonds par Françoise Adnès, 2009, Archives nationales (1-346). Les cas Renault, en l’occurrence Lehideux (217-234), et Bousquet (88-95), objets photographiques de l’exposition permanente d’Oradour, sont significatifs. Cas Pétain, références 1 et 2 de la n. suiv.

[70] Lacroix-Riz, Choix et Munich, épilogues (et index), et « Les grandes banques françaises de la collaboration à l’épuration, 1940-1950 », revue d’histoire de la deuxième guerre mondiale, 1986, « I. La collaboration bancaire », n° 141, p. 3-44 ; « II. La non-épuration bancaire 1944-1950 », n° 142, p. 81-101.

[71] Jean-Sébastien Lefebvre, 26 janvier 2011, http://www.rue89.com/node/187537 ?page=6.

SOURCE :  http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1194

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Commentaires

de huntziger
à l'attention de Mme Annie Lacroix-Riz, normalienne, agrégée et professeur d'université

Chère collègue normalienne,

Pour faire fusiller le général français d'origine alsacienne Charles Huntziger pour haute trahison et entente avec l'ennemi hitléro-himmlérien, vous vous fondez sur 3 preuves :

1 - le propos d'Olivier Rist rapporté par son père Charles Rist dans son journal "Une saison gâtée" à la date du 18 décembre 1942.
Mais c'est un propos très élastique. En 2006, dans votre livre "Le choix de la défaite", vous transcrivez fidèlement ce propos en ces termes "Il semble bien que si l'armée de Sedan a lâché le 10 mai, c'est parce que son chef Huntziger (à la tête de la IIe armée) faisait partie du complot".

En 2008, dans votre autre livre "De Munich à Vichy, l'assassinat de la Troisième République", vous rapportez le même propos, mais en supprimant les mots "Il semble bien que".
D'une vague supposition, d'un racontar, vous avez donc fait une certitude.

2 - des propos de généraux français, dont vous ne donnez pas les noms, nommés "X" et "Y", rapportés par Julian Jackson dans "The Fall of France", Oxford University Press, 2003.

Permettez-moi de vous dire que leur anonymat n'autorise pas de les prendre en considération.

3 - des articles de presse parus fin 1940 dans L'Oeuvre de Marcel Déat, collaborationniste stipendié et manipulé par Otto Abetz, et dont l'organe est nettement classé antisémite sur Wikipédia.
Le 10 décembre 1940, dites-vous dans vos 2 livres de 2006 et de 2008, L'Oeuvre a ainsi écrit : "A Sedan-Mézières, ce n'était pas Corap, c'était Huntziger", Cette accusation, dites-vous, a ensuite été réitérée le 12 décembre 1940 dans un filet de dernière page.

Puis vous dites que comme par hasard, Vichy a fait arrêter Déat le lendemain 13 décembre. Vous écrivez : "Il y a là une coïncidence singulière".


Il faut donc vous rappeler que Déat n'a pas été arrêté par Vichy pour ce seul article. Il a été arrêté à cause de sa campagne incessante contre Vichy, et cela le même jour que le président du conseil Pierre Laval, que les Résistants de Vichy voulaient écarter du gouvernement.

Pourquoi cette campagne de Déat contre Vichy ? Parce que Otto Abetz voulait le faire entrer dans le gouvernement de Vichy.
Et pourquoi Déat a-t-il pris Huntziger pour cible ? Parce que Huntziger résistait pied à pied aux exigences allemandes de la commission d'armistice de Wiesbaden.
Le propos d'Olivier Rist sur lequel vous fondez votre démonstration ne serait donc qu'une réminiscence déformée de la campagne de Déat.


Alors bravo pour vos procédés d'historienne communiste. On est en plein procès stalinien, fondé, ce qui plus est, sur une publication antisémite.
Je vous promets que l'Alsace ne l'oubliera pas.
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24 February - 10h29
de JLP
RÉPONSE de Mme LACROIX-RIZ à la Rédaction de Politique-Actu

Cher Monsieur,
J’avais l’intention de répondre aux remarques de M. Streicher, mais étant donné que
1° la réponse à toute interrogation sur Huntziger se trouve dans chacun de mes deux ouvrages, Le choix de la défaite, 2e édition, et De Munich à Vichy, que, manifestement l’intéressé a mal lus (il m’impute des propos qui sont des citations de documents) ;
2° il pratique l’intimidation (depuis quand suffit-il d’être Alsacien pour être patriote ? à quel titre Marcel Déat est-il, tout fasciste et antisémite qu’il soit, aurait-il été incapable de dire quelques vérités en vidant ses querelles avec ses rivaux ?), sans parler de l’invective et de la menace, comportements qui excluent en général de ma part toute réponse (c’est ce qui est arrivé quand j’ai été attaquée par les associations « ukrainiennes », d'ailleurs fort peu ukrainiennes, le plus souvent),
j’ai décidé de me conformer à mon attitude habituelle et de ne pas répondre.
Je mets l’intéressé en copie, ce qui m’évitera d’avoir à me répéter.
Vous pouvez renoncer audit texte, ou publier ma réponse. Toute demande normalement courtoise, serait-elle en net désaccord avec moi, obtiendrait naturellement réponse.

Bien cordialement,

Annie Lacroix-Riz
0 approbation
25 February - 09h40
de JLP
Avertissement de la Rédaction. Le texte de Mme Lacroix-Riz suscite de nombreuses réactions, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter.
Les textes insultants seront supprimés tout comme les textes anonymes, favorables ou défavorables.
Merci.
0 approbation
27 February - 16h58

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