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« La Turquie et les printemps arabes » Par Mohamed TROUDI

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[Exclusivité Politique-actu]

La Pax ottomonica, qui a rayonné des Balkans à la péninsule Arabique jusqu’à la fin du premier conflit mondial, constitue l’héritage qui permet aujourd’hui à la Turquie d’entretenir une politique étrangère en deux directions, à la fois occidentale et orientale, dont le but essentiel est d’assurer une meilleure lisibilité de ce pays tant sur la scène régionale qu’internationale.

Le père fondateur de la nation turque actuelle, Mustafa Kemal Attatürk, avait en effet pris acte de la mort de l’Empire ottoman après sa défaite en 1918, puis aboli le califat ottoman, créant ainsi une république laïque et mettant en place de grandes réformes pour moderniser le pays.

Pendant la guerre froide, la position turque était focalisée sur les États du Sud du Caucase et la menace de l’Empire soviétique.

Durant cette période, la Turquie a tourné le dos à un Proche-Orient en quête d’un panarabisme voué à l’échec.

La chute de l’URSS et la fin du nationalisme arabe ont ouvert la porte à un repositionnement géostratégique turc qui va se préciser dans les années 1990 et plus particulièrement depuis l’arrivée à la tête de l’État du parti islamique AKP en 2002, d’obédience islamique modérée, qui consacre l’émergence d’une bourgeoisie musulmane et d’un islam politique désigné de libéral.

D’un point de vue interne, le nouveau régime va parvenir à un savant équilibre entre une pratique du pouvoir issue de l’islam politique et le respect des institutions laïques, et ce sans heurts.

C’est à partir de cet équilibre interne que la Turquie va pouvoir développer une diplomatie de coopération plus que de confrontation, ainsi que son repositionnement géostratégique en Orient.

Il faut rappeler une réalité historique qui n’est pas toujours facilement acquise par certains milieux politiques et intellectuels arabes, c’est que le monde arabe s’est développé économiquement, culturellement, démographiquement sous l’influence ottomane.

Il y a eu bien évidemment des régions du monde arabe qui étaient plus privilégiées que d’autres par les Ottomans, notamment l’Égypte pour sa richesse et pour sa position à cheval sur deux continents, et la Syrie, de par le voisinage et les frontières communes de ce pays avec la Turquie.

Si la période ottomane a été une période de développement - en somme de progrès économiques et sociaux - comment expliquer dès lors les relations traditionnellement difficiles voire conflictuelles par certains aspects entre Turcs et Arabes ?

Pour répondre à cette question, il faut admettre la réalité suivante, c’est que le monde arabe n’a pas été, avant Abdul Hamid II, associé à la vie politique de l’Empire ottoman. En effet, le personnel politique ottoman était essentiellement recruté parmi les non-musulmans.  Les Ottomans ont plutôt insisté sur la culture et la religion dans leurs relations avec le monde arabe, notamment en privilégiant les études arabes dans leurs écoles (madrasa). Le corps religieux était largement arabisant, le recrutement dans le monde arabe était essentiellement religieux.

Le règne d’Abdul Hamid II au cours du XIXe siècle, a changé radicalement cette donne dans la mesure où l’Empire ottoman est devenu alors territorialement un empire musulman et qu’il fallait, pour maintenir la cohésion de cet empire, accorder une plus grande importance à sa partie arabe, notamment en recrutant plus de dignitaires dans le monde arabe.

À partir de cette époque, l’empire a commencé à attacher au monde arabe une importance capitale car l’islam devenait un ciment unificateur face aux impérialismes occidentaux et au risque de déliquescence de l’empire.

Cependant certains observateurs pensaient que cette attention particulière, portée au monde arabe, était venue trop tardivement ; que le mal ou la haine mutuelle étaient plus forts que cette tentative désespérée d’Abdul Hamid de rapprocher les deux entités sous couvert de l’islam, religion commune.

Dès lors, une question s’impose : Est-ce que le monde arabe est prêt à développer ses relations avec la Turquie et, inversement, la Turquie est-elle en mesure de saisir l’importance du monde arabe qui peut lui assurer une certaine profondeur stratégique, selon l’équation gagnant-gagnant, et tourner définitivement la page d’une histoire agitée ?

Les exemples turco-syrien, irano-syrien et irano-turc ne sont-ils pas un cas d’école à suivre par les autres États arabes s’ils veulent sortir de l’alignement sur les positions américaines et bâtir peut-être les prémisses d’un nouvel équilibre de forces dans la région ?

Dans le cas du monde arabe, les relations d’Ankara ne visent pas seulement à stabiliser des relations historiquement très tendues, mais surtout à jouer un rôle de pont, comme elle peut le faire avec l’Asie centrale ou avec la zone de coopération économique de la mer Noire. C’est l’idée dite de « pomme rouge » qui revient constamment dans les relations de la Turquie avec ses voisins arabes immédiats, qui considèrent à juste titre la Turquie comme un pont d’accès à l’Europe.

Ceci est d’autant plus vrai que les échanges avec le monde arabe ont été multipliés par dix depuis les années 1970 et que la Turquie est parfaitement présente aujourd’hui dans tous les marchés du Moyen-Orient.

L’inverse est aussi vrai puisque les capitaux arabes sont extrêmement présents par le biais des banques islamiques mais aussi par le biais d’un certain nombre d’investissements. Ces banques continuent encore aujourd’hui à fonctionner et à exercer leurs activités sur le marché turc, alors que de nombreuses autres banques ont fait faillite, ce qui est un signe d’une amélioration certes timide mais non moins encourageante.

La présence d’une population arabe ou du moins arabophone en Turquie, par ailleurs bien intégrée dans le tissu social turc, peut être un autre facteur du réchauffement des relations turco-arabes.

Cette population arabe se divise en trois catégories : celle qui est d’origine ottomane, installée depuis longtemps à Istanbul, les Arabes de nationalité turque, originaires des régions proches de la Syrie, et les Arabes fraîchement immigrés.

Le premier groupe est pratiquement dilué dans le reste de la population turco-musulmane.

Le second garde un esprit assez communautaire, et les mariages mixtes sont moins fréquents.

Enfin, pour le troisième groupe, il s’agit souvent de réfugiés venus du Liban, pendant la guerre civile, d’Irakiens chassés par la répression au temps de la dictature ou après l’invasion américaine, ou encore de réfugiés syriens venus trouver de meilleures conditions de vie.

Il faut d’abord signaler que, dans le monde arabe, il y a de multiples attitudes.

Une partie du monde arabe considère que l’expérience turque, en somme, est une expérience qui doit être suivie sur le plan du développement politique, de la laïcité, de l’ouverture et même sur le plan économique. C’est un modèle que le monde arabe peut et doit suivre.

On rejoint ici la fameuse question qu’on se pose depuis le XVIIIe siècle : est-ce que l’islam est compatible avec le développement et le progrès ?

La Turquie fournit à cet égard une réponse des plus convaincantes.  Elle est, en ce sens, un modèle pour un certain nombre de pays arabes car elle montre que l’on peut devenir laïque tout en restant musulman, développer un pays sur le plan économique tout en restant musulman, développer le capitalisme tout en restant musulman, voire devenir un pays européen (c’est en tout cas ce à quoi prétend la Turquie) tout en restant musulman. 

Au-delà de la différence des étiquettes politiques des uns et des autres, exception faite des islamistes les plus durs, ces partis pensent à juste titre que les Turcs ont pu intégrer l’islam dans le jeu politique sans remettre en cause un certain nombre de fondamentaux (l’État de droit, la possibilité de faire des lois en dehors de la charia, de concilier islam, modernité et ouverture sur l’extérieur…).

Il me semble que le monde arabe attend beaucoup de la Turquie, notamment, en cas d’intégration au sein de l’UE, qu’elle joue son rôle de pont vers l’Europe.

Faut-il le rappeler, c’est la Turquie qui a créé avec l’Espagne un pôle de dialogue entre les deux civilisations chrétienne et musulmane.

C’est également Ankara qui représente en quelque sorte une vision pacifique de l’islam pour l’Union européenne et c’est elle qui pourrait développer en Occident une autre image de l’islam, portée davantage sur le contenu et la réalité tolérante de cette religion que sur le terrorisme et la stigmatisation à outrance.

La politique étrangère turque est circonstanciée et s’adapte aux tendances régionales. Plusieurs facteurs participent à ce contexte régional propice au retour turc sur la scène régionale : la faiblesse du bloc arabe qui se dispute le leadership (Égypte, Arabie Saoudite et Syrie), l’échec du projet US du Grand Moyen-Orient remodelé, la quasi-inexistence de l’Europe dans la région et les difficultés actuelles du régime iranien et surtout les effets des « printemps arabes » et notamment du printemps syrien.

Cette nouvelle conjoncture  favorise le retour turc que l’on pourrait qualifier de « néo-ottomanisme » en ce début de XXIe siècle.

La doctrine turque dite du « zéro problèmes avec nos voisins » constitue aujourd’hui le point cardinal des relations stratégiques de la Turquie avec ses voisins orientaux. Qu’en est-il de la Syrie, souvent présentée comme la vitrine de ce repositionnement géostratégique de la Turquie dans son environnement immédiat, en dépit de relations très tendues entre ces deux voisins, notamment en 1998 ?

Est-ce que  la révolte syrienne en cours depuis plus trois mois peut - si non changer du moins - bouleverser cette donne ?

Quelle est la position turque face aux bouleversements profonds qui traversent  la Syrie aujourd'hui ?

Ce rapprochement nettement observé ces dernières années avec la Syrie peut-il être mis en cause après les dernières déclarations des responsables turcs et l'agacement syrien de l'intervention turque dans les affaires internes de Damas ?

Il est clair que l'affaiblissement du régime alaouite syrien par les effets de la  révolte populaire exprimant un raz le bol général de l'état de délabrement politique et social de ce pays et en l'absence d'une solution politique clairement identifiée, la Turquie semble prête aujourd'hui plus que jamais à jouer un rôle majeur par sa volonté de pouvoir transposer son modèle politico-religieux en Syrie et probablement ailleurs dans le reste du monde arabe en ébullition.

C'est à mon sens l'affirmation de la  doctrine de la « profondeur stratégique » chère à Ahmet Davutoğlu, ministre turc des affaires étrangères,  à laquelle est très souvent prêtée aujourd’hui l’étiquette de néo-ottomanisme.

Elle consiste en un objectif simple : valoriser la place géostratégique de la Turquie en exerçant un activisme régional et une politique extérieure multidimensionnelle dans le voisinage immédiat de la Turquie, notamment arabe. En effet, la position turque face à la crise syrienne peut constituer l'ébauche d'une mise en  application de la doctrine turque.

Ce repositionnement turc est d’autant plus opportun que la Turquie est parvenue aujourd’hui à s’imposer comme un modèle à suivre pour l’opinion publique arabe sunnite, lassée par l’absence de positions courageuses, qui sonne comme un abandon pur et simple de la cause palestinienne par les régimes arabes, dont ils ont fait par ailleurs leur cheval de bataille depuis les indépendances.

En effet, devant l'affaiblissement et puis l’effacement de l’Égypte par son alignement  sur les positions israélo-américaines, devant la disparition du rôle historique de l’Irak et surtout devant l’isolement de la Syrie en l'absence de réponses politiques à la crise qui secoue le pays depuis trois mois - tournant clairement à une crise ouverte de régime contesté par la rue - un grand boulevard s’ouvre aujourd'hui à Ankara pour marquer un retour fracassant sur la scène moyen-orientale.

Ce retour turc se trouve d’autant plus facilité que l’opinion publique arabe, de la Syrie au Caire en passant par la Jordanie, l’Arabie Saoudite et le Maghreb, exprime sa frustration. Cette opinion ne se reconnaît ni dans le wahhabisme saoudien, ni dans le prosélytisme chiite iranien, même si ce dernier fait encore rêver, comme en témoigne le nombre relativement important de musulmans sunnites qui se tournent vers le chiisme - notamment au Maghreb central - en signe de remerciement à la république islamique d’Iran pour son soutien affiché à la cause de la résistance palestinienne et libanaise.

Il ne faut pas oublier que la république islamique d'Iran produit plus de rhétorique anti israélienne que le monde arabe réuni.

Faut-il le rappeler, le problème du leadership arabe au Moyen-Orient se pose à l’aune des deux véritables puissances régionales qui ne sont pas arabes : la Turquie et l’Iran. C’est la triste réalité comprise par les peuples arabes, qui misent désormais davantage sur la Turquie de par les liens historiques et le facteur religieux (islam sunnite) qui les rassemblent.

L’opinion arabe perçoit la Turquie comme une démocratie en plein essor économique qui a réussi à trouver un savant équilibre entre un gouvernement se réclamant des valeurs d’un islam moderne, ouvert sur son environnement régional et international, et une institution militaire attachée aux valeurs laïques léguées par le père fondateur de la Turquie moderne, Kemal Atatürk.

Ce qui est certain, c’est que, en cas de réussite ou même d’échec, la Turquie aura frappée un grand coup en renforçant son image dans la région et en se rapprochant encore un peu plus de son statut de porte-drapeau des causes arabes, en tête desquelles la cause palestinienne.

En se rangeant du côté du plus faible, Ankara renforcera son statut d’un parrain plus juste et moins impartial auprès des populations arabes anéanties par autant d’années d’échec politique et militaire, de frustrations et de désillusions.

Durant plusieurs siècles, la Turquie a été le siège de l’Empire ottoman qui régnait sur le monde arabe. Manifestement, la Turquie semble aujourd’hui vouloir tourner cette page de l’histoire commune et faire relancer des relations fondées sur l’islam comme facteur historique commun.

L’enlisement du conflit israélo-palestinien et l’absence totale de perspectives de sortie de crise lui donnent l’occasion d’amorcer un retour fracassant sur la scène moyen-orientale et par là même d’ouvrir une nouvelle ère de relations turco-arabes. Ce repli de la diplomatie turque sur son environnement immédiat, qui peut s’expliquer en partie par les atermoiements voire le refus européen à son égard, est aujourd’hui menacée par l'inextricable cas syrien.

Si la crise  libyenne a permis à Ankara de donner à son approche des révoltes arabes une dimension stratégique plus affirmée, ménageant ses intérêts et confortant sa position de puissance régionale ascendante, il en sera autrement face à la crise syrienne de par  la géographie et les relations très particulières d'Ankara avec Damas.

Il faut dire que la Turquie est sérieusement inquiète par la  tournure prise par les derniers événements qui se déroule dans ce pays voisin ne serait-ce que sur le plan humanitaire.

La Turquie craint en effet de voir se multiplier à ses frontières, des révoltes générant des gouvernements provisoires, voire incertains.

Cela n’est certes pas encore le cas en Syrie mais si cela devait se produire, la politique turque de voisinage qui constitue l’un des socles de la nouvelle diplomatie turque, risquerait d’en être affectée.

En effet, la transformation des relations turco-syriennes, qui a été l’un des acquis majeurs de cette diplomatie refondée, au cours des 4 dernières années, s’est basée sur une relation fortement personnalisée du premier ministre turc et du président syrien.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier le volet kurde qui reste dans une impasse inquiétant et vient presque jeter de l'ombre sur le modèle turc de développement et de démocratie.

Le parti kurde BDP, représenté au Parlement, n'a eu de cesse de critiquer les contradictions et les failles du « modèle turc », qui se permet de donner des leçons de démocratie et tarde presque volontairement à concrétiser sur le terrain «l’ouverture démocratique», décidée en 2009 pour apporter une solution politique à la question kurde.

En somme les Kurdes cherchent encore aujourd'hui leur place « Tahrir » ou encore la place Alkasba en Tunisie.

Est-il encore opportun de parler  de convergence turco-syrienne ? Est-elle toujours porteuse de bouleversements majeurs dans l’équilibre régional après les printemps arabes ?

Je pense en effet que, sans être source de mutations spectaculaires (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne le sera pas un jour), le rapprochement turco-syrien en particulier et turco-arabe en général est aujourd'hui menacé  par les différentes révoltes arabes et principalement syrienne.

Néanmoins, la Turquie cherche à  transformer cet handicap en un levier majeur pour tenter en dépit de tout d'exporter son modèle vers les pays arabes touchés par les révoltes.

Pour la Turquie, il y a là l’occasion de montrer son nouveau visage de puissance régionale, sur les plans politique et économique, tout en essayant d’obtenir l’appui du monde arabe sur le dossier kurde.

La Syrie - à condition de régler par le dialogue politique la crise qui secoue terriblement le pays -  pourrait retrouver sa place de force régionale non négligeable, qui sera difficile à défendre sans le soutien turc, notamment face à Israël.

La Syrie pourrait ainsi sortir de son isolement imposé par des années de panarabisme dont on mesure les limites et se défaire de l’image désuète - encore tristement présente dans l’opinion publique occidentale - d’un pays soutenant le terrorisme d’État.

Quant aux autres pays arabes, ils peuvent tirer profit de ce rapprochement avec la Turquie.

Ce sera probablement une occasion inattendue et rêvée pour cet ensemble arabe en marche poussive vers la démocratie : pouvoir enfin sortir de son alignement total et nocif sur les positions américaines, qui ruinent les intérêts et les causes arabes, en tête desquelles la cause palestinienne.

***

*Mohamed TROUDI est chercheur en relations internationales et stratégiques, politologue, spécialiste du monde arabe et musulman. Il collabore à la revue Géostratégiques et intervient régulièrement dans les colonnes de Politique-actu.

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Mot clés : iran - israël - islam - musulman - egypte - turquie - empire - IRAK - Syrie - otoman - euope

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