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"La tragédie vénézuélienne : les États-Unis projettent un nouveau coup d' État en Amérique latine" par Gabriella LIMA

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[NDLR : Avec l'aimable autorisation de l'autrice]

Le 6 mars 2019

Washington mène une opération de grande ampleur visant à renverser le gouvernement légitime du Venezuela. Afin de promouvoir leurs intérêts dans la région, les pouvoirs américains envisagent d'aller jusqu'à l'assassinat du président Maduro.

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Lors de son intervention à CNN le 24 février, le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a ouvertement annoncé l'intention de Washington de "passer aux actes" pour soutenir l'opposant Juan Guaido. Il n'a pas manqué d'ajouter que "les jours de Nicolas Maduro étaient comptés".
Ainsi, Washington a démontré une nouvelle fois que le règlement pacifique de la question vénézuélienne n'est point sa priorité. Le scénario américain ne prévoit pas une issue à la crise.  Au fait, il repose sur les intérêts financiers et politiques étasuniens que les services spéciaux et les agents de la Maison Blanche sont prêts à défendre. Par tous les moyens et à toutes échelles. C'est notamment cela, et non pas la crise au Venezuela, qui a provoqué l'émergence de l'opposant loyal, un pantin de Washington, Juan Guaido,dont la légitimation du pouvoir garantirait aux Étas-Unis l'accès aux ressources du pays et renforcerait l'influence américaine dans la région. Voilà pourquoi le département d' État s'est précipité à apporter son soutien à l'opposition vénézuélienne.

Soutien militaire

Les  État-Unis ont recours à leurs forces et services spéciaux pour renverser le gouvernement au Venezuela. De surcroît, ils planifient de transférer des armes aux opposants via les pays voisins. 
Les déclarations menaçantes de Pompeo ont succédé à une journée de violences aux frontières colombiennes. C'est là où Guaido et ses partisans s'étaient dirigés sous prétexte de faire passer une aide humanitaire américaine. Une telle coordination des actions suscite des questions. Il est bien probable que Washington considère la Colombie comme une base de départ pour lancer une intervention militaire au Venezuela. Or, c'est là où les  États-Unis déploient leurs forces spéciales en dépit du mécontentement de la population.
Une telle coopération s'explique par le fait que le gouvernement colombien est depuis longtemps contrôlé par Washington. C'est sous l'administration de Bush que Bogota a commencé d'obtenir des financements solides en provenance des USA. Pourtant, ces investissements n'ont pas bien amélioré le paysage économique en Colombie. Les experts estiment plutôt le contraire. En effet, d'après un économiste colombien Álvaro Pardo, la Colombie est aujourd’hui dans une situation économique pire qu’en 2003. Ainsi que Venezuela, elle subit une crise économique grave. Mais Washington ne se dépêche pas de sauver la population colombienne et renverser le gouvernement. Car les États-Unis financent seulement les projets profitables.

Soutien financier

Alors qu'elle dépense d'énormes sources pour couvrir les opérations de ses forces, la Maison Blanche a trouvé un moyen d'économie concernant le soutien aux partisans de Guaido.
En effet, les États-Unis ont gelé des avoirs vénézuéliens. Il est évident qu'ils projettent d'investir cet argent de Caracas dans l'opération visant à garantir la légitimité du président autoproclamé.
Cela confirme de plus l'intention de la Maison Blanche d'éliminer le chef d' État actuel et la négligence des autorités américaines envers les Vénézuéliens.

Soutien informationnel

Outre le soutien militaire et financier, Washington fait circuler des messages sur la violence du gouvernement vénézuélien visant à saboter le président et semer le chaos pour promouvoir les intérêts de sa créature. Heureusement, beaucoup d'Européens, ayant un esprit critique, analysent ces informations et n'hésitent pas à exprimer leurs préoccupations.
Certes, Washington recourt à tous les moyens pour renverser le gouvernement non grata, se justifiant toujours par de belles notions,  "liberté" et "démocratie". L'issue d'une telle ingérence est prédicable. Car les États-Unis ont réalisé un pareil scénario à plusieurs reprises.

Gabriella LIMA*

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Blogueuse d'origine italienne, Gabriella LIMA s'intéresse aux relations internationales particulièrement aux relations entre l’Europe et le Proche-Orient. Elle publie déjà sur le site Expression.libre.

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