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"L'effondrement du domino européen. La Grèce, l’Irlande, le Portugal…" Par Andreï Fediachine, RIA Novosti

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Un homme politique est venu allonger la liste des victimes de la crise qui sévit actuellement dans la zone euro, rejoignant la Grèce au bord de la faillite, ainsi que l’Irlande. Le premier ministre irlandais Brian Cohen et son cabinet ont été désignés pour subir le ‘’ supplice. ‘’ Les verts, partenaires cadets du parti au pouvoir Fianna Fáil, ont déclaré qu’ils ne soutenaient plus ‘’ l’aîné ‘’ qui avait déshonoré le pays en le livrant à l’Union Européenne : celle-ci achètera l’Irlande en payant les dettes de cette dernière. Brian Cohen dispose seulement de suffisamment de temps pour faire adopter le budget de l’année prochaine par le parlement. Les élections extraordinaires se tiendront en janvier et Fianna Fáil ‘’ ne sera plus au commandes ‘’ : avec une cote de popularité de 19%, le parti n’a aucune chance de remporter l’élection.

Aujourd’hui, l’UE ne s’occupe plus de la santé politique de l’île Emeraude : ce n’est pas la première fois que les Celtes volages changent de gouvernement. L’UE accorde 90 milliards d’euros pour racheter les dettes de l’Irlande, certains détails du programme devraient encore être définis fin novembre. Bruxelles est préoccupé par la configuration de l’aide à Dublin ‘’ au bord de la syncope ‘’ en se demandant à quel point cette aide sera efficace, si l’argent sera suffisant (les experts déclarent que 120 milliards d’euros seront nécessaires) et si la maladie irlandaise ne risque pas de s’avérer contagieuse.

    
Le Portugal au seuil de la réanimation

Toute l'Union Européenne s'exprime désormais dans le langage des épidémiologistes, on entend les termes ‘’ maladie contagieuse ‘’, ‘’ quarantaine ‘’, ‘’ cordon ‘’, suivis des noms des patients : la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie…

La dette nationale réelle du Portugal atteint 112% du PIB, et le déficit budgétaire 9,5% du PIB. La Grèce avait une dette de 94,6% du PIB, et le déficit de 9,8%.

En fin d’année et en avril le Portugal devra payer les obligations gouvernementales et contracter de nouveaux emprunts pour couvrir le déficit budgétaire. Et les marchés affichent déjà pratiquement 9% d’intérêts : sachant qu’au-delà de 10% on considère qu’un pays est en faillite. Lisbonne ne tiendra donc pas longtemps. L’Espagne devrait être la prochaine.

En fait, la formulation de la question est très simple : le Portugal est si petit (économiquement), qu’il serait honteux pour l’Europe de ne pas racheter sa dette. Et l’Espagne est si grande que si les syndromes grecs et irlandais d’immunodéficience financière contaminent toute la péninsule ibérique, il n’y aura plus de fonds pour la racheter. L’érosion de la monnaie européenne débutera aussitôt.

Cap sur une Europe allemande?

En fait, toutes les carences de la famille européenne pourraient profiter à l’Allemagne. La chancelière Angela Merkel a déjà obtenu le renforcement de la discipline financière dans Union Européenne, les pénalités financières en cas d’infraction et l’inclusion des conditions ci-dessus sous la forme d’un avenant au traité de Lisbonne sur la réforme de l’UE : la constitution de l’Union Européenne.

Désormais, Berlin exige encore plus. Le journal britannique The Guardian a eu connaissance d'un document spécial préparé par le ministère des Finances d’Allemagne sur ordre direct de la chancelière. Aujourd’hui, Berlin propose d’adopter en tant que standard européen quelque chose d'inédit : le partage des pertes entre les débiteurs et les créanciers. Si un pays débiteur manque de liquidités et s’adresse au fonds de stabilisation (la banque d’entraide de la zone euro qu'il est proposé de rendre permanente) pour obtenir un prêt, les détenteurs d'obligations devront automatiquement reporter les échéances et diminuer les taux d’intérêts. Si un pays débiteur est au bord de la faillite, en le rachetant les créanciers seront contraints de diminuer les taux d’intérêts des obligations et d’être prêts à subir des pertes sur les prêts, jusqu’à un tiers, voire la moitié, des sommes accordées.

Le plus surprenant est qu’Angela Merkel pourrait parfaitement réussir. Telle est la disposition des astres. Le directeur du Centre britanniques des reformes européennes Charles Grant estime que les Européens n’ont pas d’autre choix que de transformer l’UE en une sorte de version agrandie de l’Allemagne. Bien que certains soient contre, dans son for intérieur tout le ‘’ groupe allemand ‘’, à savoir les Scandinaves, les Autrichiens et les Hollandais, saluent les efforts d’Angela Merkel visant à rétablir l’ordre.

Charles Grant affirme que les Français la soutiendront également. Dans le cas contraire, Berlin tournera le dos à l’UE et se tournera vers la Russie et la Chine, et elle le fait déjà. De cette manière, l’Europe se retrouvera esseulée.

Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

source :

http://www.fr.rian.ru/discussion/20101124/187948147.html

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