Débats

« L’Union Européenne est totalement incompatible avec l’indépendance nationale ... » Par Geneviève Blache

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Si cela devait encore être prouvé, il suffit aux sceptiques de consulter le Traité de Lisbonne, ratifié par la France, grâce au coup d’État provoqué par le vote de la « représentation nationale » réunie en Congrès à Versailles, - en ce funeste 4 févier 2008 -, pour le constater. Alors que, lors du référendum de 2005, - décidé par le président de la République de l’époque, « réminiscence » du gaullisme ou erreur stratégique ? - le peuple avait résolument voté NON à presque 55 % même si c’était pour des raisons diverses, et c’est bien là, la démocratie.

Ce peuple avait dès lors prouvé qu’« une certaine idée de la France » de CDG l’animait toujours. Il fit du gaullisme, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain ! Dans l’âme même de ce peuple-nation, attaché à la liberté, - qu’il faut parfois savoir mériter, - aux idéaux des Lumières et de la Révolution française, comme lors de la Résistance, étaient toujours vivaces. Indépendamment des sensibilités des uns et des autres, tous unis dans le même combat, les Français ont démontré très nettement, outrepassant les clivages, leur attachement à la sauvegarde de la nation, à l’indépendance nationale, seules garantes de la souveraineté populaire.

Nul besoin de se référer au dernier sondage, dans lequel le peuple exprime clairement son désarroi. Les élections, où le taux d’abstention devient phénoménal, est explicite. Masquer cela, en faisant ressortir le taux de la « majorité obtenue », par les uns ou les autres, est une manipulation malhonnête… Quel est l’intérêt de remporter les élections avec un taux « satisfaisant » quand les abstentions frôlent les 60 ou 65 % ? ! Est-ce là une majorité ?

Aujourd’hui, le 1er parti de France est celui des abstentionnistes, et il y a de bonnes raisons à cela, simples à comprendre. Par ce refus volontaire de participer à l’élection, les citoyens expriment une « désobéissance civique » explicite, suivant par là, toute proportion gardée, l’attitude de la désobéissance gaullienne du 18 Juin !

Comme les chefs des partis européistes, des syndicats félons, dont les dirigeants complices du pouvoir, savent pertinemment qu’aucunes des promesses faites ne peuvent être honorées, pour cause de « déconstruction » européenne, déterminent la base militante à se manifester de plus en plus en rupture totale avec ces dirigeants. Laisser le feu s’attiser en ignorant ce fait, n’arrangera rien… car la nature supranationale de l’Europe germano-atlantiste, est définitivement installée, renforcée grâce au traité de Lisbonne, si besoin était.

Le droit au travail est constitutionnel. Quel emploi peut espérer le citoyen quand nos entreprises ferment les unes après les autres pour cause de « délocalisation » ? Un pays dont le peuple est mis au chômage par l’oligarchie financière est un pays en voix de sous-développement, n’étant plus qu’une région propice au tourisme… ce qui ne l’enrichi pas, et encore moins son peuple. Ce qui enrichi une nation c’est sa capacité de production et pour les salariés, la juste répartition des plus-values. Aujourd’hui, nous sommes « colonisés » au profit des sociétés transnationales, et des oligarchies financières, même plus seulement par les États-Unis ! Alors on nous dit « c’est inéluctable, c’est la mondialisation ». Nous gaullistes, nous disons c’est faux, nos dirigeants pratiquent la politique de l’abandon, et cela n’est jamais inéluctable

A cause de ce renoncement, la France, qui consent à déléguer à un commissaire européen « dénationalisé volontaire », aux ordres des groupes de pression qui hantent Bruxelles, la défense de ses intérêts à l’OMC, est passée de 4ème puissance mondiale, à la 5ème. Et ce n’est pas fini !

Depuis 2005, ce réveil gaullien, d’où qu’il vienne, cette résistance populaire, qui se sont exprimés, encore renforcés aujourd’hui, doivent pouvoir s’épanouir, promus par toutes les sensibilités qui y adhérent. C’est la démarche de l’Arc Républicain de Progrès que nous avons engagée lors de notre colloque du 10 octobre 2009 à Paris. Nous y avons exposé notre volonté de revenir à l’esprit du CNR et de son combat victorieux, qui permit à la France de ne pas sombrer dans le déshonneur.

Loin d’être une idée passéiste, c’est tout au contraire une idée révolutionnaire, dans le sens noble du terme, celui de CDG.

Si, à la Libération, lorsque le programme du CNR fut pour une part significative, mis en pratique, les partis politiques au pouvoir n’avaient pas cédé aux choix atlantistes, il en eut été tout autrement. La France n’aurait pas perdu un temps précieux gouvernée par des hommes politiques, aux ordres des États-Unis, qui ont immédiatement profité de la complicité de certains syndicats réformistes financés par la CIA …*

* Suite à l’ouverture des archives de la CIA : Se référer au livre de Frédéric Charpier - La CIA en France – 60 ans d’ingérence dans les affaires françaises ; on peut également compléter son « éducation » par un autre livre qui prend la suite, celle de la Vème République, de Vincent Nouzille, « Des secrets si bien gardés - Les dossiers de la Maison-Blanche et de la CIA sur la France et ses présidents - 1958/1981.

A cette époque, où les politiques ont essentiellement privilégié leurs intérêts électoralistes, - erreurs partagées – l’union du peuple, sous la conduite de CDG, pouvait se réaliser du fait qu’il lui était possible de fédérer, comme au temps de la Résistance, les courants patriotes et républicains. Cet antagonisme, qui ne fut pas une fatalité, a été stimulé par la volonté étasunienne d’exploiter la peur de la guerre froide que naturellement elle fit alors régner. Dès lors, CDG fût irrémédiablement combattu par l’action des suppôts de l’atlantisme, provoquant sa démission.

Le « Compromis historique » du CNR était volontairement brisé.

- Que défendons-nous dans la démarche de l’Arc Républicain de Progrès ?

Comme lors de la Résistance, où ce « Compromis historique » s’est construit dans le seul intérêt de la libération nationale, et du programme républicain et progressiste du Conseil National de la Résistance, nous pensons qu’aujourd’hui, nous devons à nouveau accepter de conjuguer nos différences qui, dans l’avenir, ne manqueront pas, nous en sommes convaincus, de s’avérer enrichissantes pour la reconstruction de la res publica, du bien commun, enfin de la spécificité de la République française ? - Dans l’immédiat, sans pour autant les nier et travaillant, comme dans toute réelle démocratie, à trouver un accord sur un choix de société, nous devons contribuer à réaliser l’union du peuple de France, à travers la construction pas à pas de ce front patriotique et républicain. Ce front uni en cours de réalisation ne part pas de rien et bénéficie, dès maintenant, de l’acquis de l’existence d’une estime et une confiance réciproque entre les représentants de nos différentes sensibilités, dans le désir que nous avons de réussir l’idéal de l’Arc Républicain de Progrès et sa démarche de « Compromis historique. »

« La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. C’est pas la gauche, la France ! C’est pas la droite, la France ! Naturellement les Français, comme de tout temps, ressentent en eux des courants…Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela est une erreur nationale impardonnable. Vous me dites : à droite, on dit que je fais une politique de gauche au-dehors ; à gauche, du reste vous le savez bien, on dit : de Gaulle, il est là pour la droite, pour les monopoles, pour je ne sais quoi. Le fait que les partisans de droite et les partisans de gauche déclarent que j’appartiens à l’autre côté prouve précisément ce que je vous dis, c’est-à-dire que, maintenant comme toujours, je ne suis pas d’un côté, je ne suis pas de l’autre, je suis pour la France. » Entretien télévisé avec Michel Droit.

- Que propose l’Arc Républicain de Progrès ? L’union du peuple France, le rassemblement des sensibilités républicaines, patriotiques et sociales dans l’élaboration d’un « Compromis historique » conforme aux exigences de notre temps.

Comme le tentèrent certains dirigeants de l’Italie dans les années 70, nous devons aujourd’hui parvenir à ce « Compromis historique », seule manière de former un front patriotique capable d’arriver au décrochement de l’Union européenne, afin de nous dégager définitivement de ce totalitarisme. Nous savons tous pertinemment que l’Europe est irrémédiablement et indéniablement supranationale. Nous savons que les Alter-européistes, malgré leurs vaines promesses, souvent malhonnêtes, « au mieux naïves », ne pourrons jamais exiger le changement des choix politiques des 26 pays de cette construction fédérale pour une soi-disant autre Europe sociale ! C’est un leurre ! L’Europe, construction atlantiste, intégrée dans l’OTAN, ne sera jamais progressiste, comme l’est par sa Constitution, la République française.

Brièvement, expliquons cette remarquable démarche tentée en Italie, et que seul, un crime de sang a pu empêcher. Et ce n’est pas par hasard, tellement sa réussite aurait mis en échec la stratégie étasunienne. Ce qui est à noter, c’est que ce que l’on a appelé en son temps « la stratégie Berlinguer », fut soutenue, entre autres, par un libéral, le philosophe Noberto Bobbio, prouvant par là, la qualité œcuménique du projet.

Durant la décennie 70, l’Italie se débattait dans une guerre fratricide où deux clans rivaux, de forces relativement identiques, voulaient le pouvoir, sans pour autant l’obtenir. Il s’agit de la Démocratie-chrétienne, menée par Aldo Moro, et du PCI mené par Enrico Berlinguer. L’un et l’autre comprirent que celui qui remporterait le pouvoir, ne pourrait pas pour autant, diriger sereinement le pays. D’où, cet accord entre leur deux chefs et leurs partis, qu’on appela le « Compromis historique ».

Nous ne pouvons développer ici cette action dont tout, y compris les détails, sont une « leçon de gaullisme », mais, nous pouvons nous y référer, comme nous le faisons pour le CNR, et à l’instar de cet l’exemple, l’analyser et y réfléchir afin de comprendre l’intérêt de la démarche de l’Arc Républicain de Progrès, qui s’en rapproche. Les États-Unis, l’Église avec le puissant appuie du Pape Paul VI, et de façon moindre, le patronat, en la personne d’Agnelli, - la coalition lui avait donné l’assurance qu’il conserverait la Fiat, - arrivèrent à faire avorter ce projet de « Compromis historique » ; les États-Unis, devaient combattre âprement ce projet car n’oublions pas que l’Italie, était alors une alliée privilégiée de l’OTAN, et ceux-ci n’entendaient pas laisser faire.

D’ailleurs, ce furent les services secrets de l’OTAN, qui, finançant et armant les Brigades Rouges, ont commandité l’attentat qui couta la vie à Aldo Moro, ce qui compromit bien sur la suite. Notons cependant, que cette tentative qui échoua entre autres à cause du crime odieux, est à rapprocher de l’échec de la jeune République française à la Libération. Les Anglo-Saxons et certains dirigeants français acquis à la cause étasunienne et sélectionnés pendant la guerre, ne voulaient pas de Charles de Gaulle. Ils connaissaient de longue date, son intransigeance par rapport à l’exigence qu’il avait concernant l’indépendance nationale. En la personne de Jean Moulin, trahi et arrêté dans des circonstances plus qu’obscures qui d’ailleurs laissent ouvertes bons nombres d’interrogations, CDG et avec lui l’ensemble des républicains patriotes, avaient perdu son plus important et fidèle soutien, torturé à mort et de fait politiquement éliminé, ce qui ne pouvait que satisfaire les visées des dirigeant des États-Unis de la vassalisation ultérieure de la France et de l’Europe.

La disparition de Jean Moulin contribua objectivement à ce que le CNR ne puisse survivre politiquement à la Libération et avec lui l’esprit et l’unité de la Résistance.

- Référons-nous à : La Terreur fabriquée made in USA – Webster G. TARPLAY –

« Nous vivons une époque où les réalités politiques et sociales ne cessent d’être manipulées par de puissant services de renseignements (CIA, FBI, MI-6, FSB/KGB, Mossad, BND, SDECE, SISMI, et autres)… […] C’est pourquoi une appréciation réaliste du 11 Septembre ne doit prendre pour point de départ l’étude de la société du Moyen-Orient, mais plutôt les antécédents de l’OTAN et de la CIA en matière de terrorisme d’État en Europe de l’Ouest, et partout ailleurs, à la suite de la 2ème Guerre mondiale. C’est bien là, et non dans une quelconque grotte éloignée de l’Hindou Kouch, que l’on trouve les méthodes et les gens qui ont fait le 11 Septembre…

[…] Le terrorisme fabriqué est une stratégie utilisée par les oligarques pour faire la guerre au peuple… Il faut donc s’y opposer. Mon regard sur ces événements vient du fait que j’étais aux premières loges - en qualité d’analyste, de journaliste et d’écrivain - lors des périodes terroristes en Italie et en Allemagne dans les années 70 et 80… […] Zamberletti, avait été l’un des rares politiques italiens à avoir subodoré le rôle de l’OTAN dans l’enlèvement de Moro…

Signor Zamberletti, un Démocrate-chrétien intelligent qui a été vice-ministre de l’Intérieur chargé des services secrets italiens, a fait un certain nombre d’observations intéressantes à propos de l’OTAN. […] Là dessus, Zamberletti devint la cible du parti anglo-américain en Italie. […] Sa principale découverte était que Moro avait été tué par les services de renseignement de l’OTAN qui avaient utilisé les Brigades Rouges à la fois comme instrument et comme couverture. Moro avait été assassiné parce qu’il était déterminé à donner à l‘Italie un gouvernement stable intégrant le Parti Communiste au cabinet et à la majorité parlementaire. Ce projet était contrecarré - pour violations des sphères d’influence de Yalta qui faisaient de l’Italie un vassal des États-Unis - par l’aile de l’establishment de la politique extérieure américaine proche de Henry Kissinger ainsi que par certaines factions de l’élite dirigeante italienne regroupée autour de la loge réactionnaire P-2 qui était encore secrète à l’époque. De ce fait, mon enquête citait comme principaux suspects Kissinger, l’OTAN, et les services secrets britanniques, et non pas les ambassades du pacte de Varsovie désignées par les médias italiens. Plus tard, la veuve de Moro devait révéler que son mari avait été directement menacé par une personnalité dirigeante des États-Unis parce qu’il persistait à vouloir inclure le PCI dans la majorité italienne. Cet individu avait dit à Moro que toute tentative d’inclure le PCI dans le gouvernement aurait des conséquences terribles pour sa personne. Certains commentateurs qui ont cru identifier Kissinger et n’avaient sans aucun doute pas tort.

- Que voulons-nous faire ?

Nous l’avons déjà dit, il y a plusieurs visions du gaullisme, et plusieurs analyses ou interprétations possibles de la philosophie gaullienne étant donné l’atypisme de l’homme et de sa politique. Le débat est loin d’être clos à ce sujet. C’est d’autant plus évident, que dépourvu de toute conception zélatrice, il n’était l’otage d’aucun camp. « On ne peut vraiment être gaulliste si on est de gauche, ni si on est de droite. Être gaulliste, c’est n’être ni à gauche, ni à droite, c’est être au-dessus, c’est être pour la France. » Charles de Gaulle - Concernant l’Europe, - et pas seulement pour juger de sa politique européenne - il n’est rien de mieux, plutôt que d’interpréter sa pensée, d’aller à la source et de rependre ses écrits ou paroles : Ce qui est primordial, c’est de ne pas s’arrêter définitivement à l’opinion qu’il donne des évènements à une époque, et de la tenir pour définitive, ce serait là une grande erreur. Il faut considérer, d’une façon globale la totalité de sa réflexion sur tout sujet, en considérer l’évolution. Son ouverture d’esprit, tout autant que ses rencontres, lui ont permis, tout au long de sa vie, et cela, dès sa jeunesse, d’évoluer, - quelques fois même de façon très éloignées, - dans ses analyses ou déclarations antérieures. C’est ce qui a créé le pragmatisme de sa stratégie politique et géopolitique. Il a pu nous surprendre par une clairvoyance ou des prévisions, même parfois, avant-gardistes, grâce à une intense réflexion étayée sur sa parfaite connaissance de l’Histoire de France et du Monde, - que d’aucuns on jugées, en se moquant, hasardeuses, - nous constatons, aujourd’hui qu’elles se sont réalisées ou se réalisent. Il fut reconnu comme un géopoliticien de grande envergure, qui a servi à la justesse de sa réflexion et de celle de ses contemporains. Le président Nixon, le dira lui-même !

- Comme exemple, rappelons-nous de ce qu’il déclare lors du débat national concernant la CED -

- Pierre Maillard cite dans : De Gaulle et l’Europe,

p. 120 « […] La notation rapportée par le journaliste américain Cyrus L. Sulzberber - Le tourbillon de l’histoire, Mémoires - à la suite d’un entretien avec de Gaulle le 21 janvier 1954, et citée par Ernst Weisenfeld : « Je garantis que l’armée européenne ne se fera pas ! Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir d’entreprendre contre elle. Je travaillerai avec les communistes, pour lui barrer la route. Je déclencherai une révolution contre elle. Je préférerais encore m’associer au Russes pour la stopper. Elle ne passera pas. Je le répète, je ferai une révolution pour l’empêcher ».

id. p. 127 « […] Elle avait déterminé [la CED] des clivages profonds qui souvent passaient à l’intérieur même des partis… à l’exception peut-être du MRP. Ces clivages s’étaient accompagnés de jugements sommaires et souvent tendancieux : partisans de la CED qualifiés de zélateurs systématiquement pro-américains ; adversaires de la CED considérés non seulement comme antiallemands, mais comme prosoviétiques, en raison de la convergence qui s’était établie dans l’opposition au traité entre les communistes d’une part, une partie des radicaux (dont Mendès France) et les gaullistes d’autre part. Plus profondément encore, le débat avait révélé une divergence de conceptions fondamentale sur l’avenir de la France, par rapport à la fois à l’Europe et à ce qu’on commençait à appeler la communauté atlantique, les uns considérant la vision gaulliste comme anachronique, les autres les conceptions de Jean Monnet comme utopiques et attentatoires à la souveraineté et à la sécurité de la France… Le chancelier Adenauer, avait considéré l’échec de la CED, sur laquelle il avait beaucoup misé, comme une véritable catastrophe. L’Allemagne de l’époque,… rêvait de solutions supranationales…. Dieu, pour la République fédérale, était donc plus que jamais américain. L’affaire de la CED avait à cet égard fait apparaître, dans la vision politico-stratégique des deux pays, un déphasage qui devait se prolonger longtemps. »

Le 14 septembre 1958 à Colombey-les-Deux-Églises : id. - p. 146 « […] Enfin, ultime précision qui en éclaire la portée et qui, par la suite, pèsera d’un poids très lourd, la coopération en question devrait être conçue dans une optique d’autonomie de l’Europe, notamment par rapport à l’Amérique, dont l’Europe, tout en maintenant avec elle les liens indispensables, ne devait pas être l’instrument .. Les propos du Général sur ce point, sont l’écho lointain, mais sans équivoque, du dessein qu’il avait tracé, dès 1949, dans son discours de Bordeaux. »

id. p-152 « […] Restait évidemment à savoir sur quelles bases s’effectuerait la construction de l’Europe. Sur ce point le Général n’avait, depuis dix ans, pas changé. Pour lui, il s’agissait de construire non pas une Europe intégrée, supranationale, mais une Europe de la coopération sans porter atteinte à la souveraineté ni à l’identité de chacun…

Et P. Maillard, citant les Mémoires d’espoir de CDG, 1, p. 186. « Nous nous accordons aisément, sur le principe, qu’il y a lieu non point de confondre les politiques respectives des deux pays, comme l’avaient prétendu le faire les théoriciens de la CECA, de l’Euratom et de la CED, mais au contraire de reconnaître que les situations sont très différentes et de bâtir sur cette réalité

- Prenons maintenant Alain Peyrefitte dans : C’était de Gaulle - 2

- Parlant de l’Allemagne -

Conseil des ministres déc. 1963 p.255 « Il n’est pas exclu que le Marché commun soit une machine impossible. p. 252 Croyez-vous que nous ayons besoin du Marché commun pour respirer ? p.253

Conseil des ministres, 7 juil. 1964 p.260

« L’Europe sera européenne ou ne sera pas. Les Anglo-Saxons ne voulaient pas voir la France être la première en Europe ».

Salon doré, 28 oct. 1964 p.267

[…] Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte, qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! … D’ailleurs, tout ce qui a été fait pour l’Europe, par ceux qu’on appelle les « européens », a très bien marché tant que c’était la France qui payait tout. On a commencé par la Communauté européenne du charbon et de l’acier ? Ca a consisté en quoi ? En ce qu’on a rendu à l’Allemagne son charbon et son acier, qu’elle n’avait plus car on les lui avait retirés. On les lui a rendus pour rien. Et ça a consisté à donner aux Italiens ce qu’ils n’avaient pas : du charbon et du fer. Alors ils ont pu faire une industrie métallurgique. Mais nous, nous n’avons pas retiré un rotin de la CECA, pas un rotin ! Nous avions un problème qui était la modernisation de nos mines, mais nous les avons modernisées sans que la CECA nous donne un sou. Voilà ce qu’à été la CECA ! C’était une escroquerie, au profit des Allemands et des Italiens !

Après quoi, on a fait l’EURATOM. Et c’est la même chose. Dans l’EURATOM, nous apportons 95 %. Il n’y a que nous qui ayons une réelle capacité atomique. Les autres n’en ont absolument aucune, ni installations, ni spécialistes pour les faire tourner. Alors, nous mettons en commun nos 95% de capacité atomique et autres mettent leurs 5% et on partage les résultats, chacun au même titre ! C’est une escroquerie !

La Communauté européenne de défense, c’était la même chose… »

Salon doré, juil. 1965 p. 296 C’est pourquoi nous ne voulons pas que les décisions essentielles qui nous concernent soient prises par les autres, que notre destin nous soit imposé par des étrangers.

Salon doré, 15 sept.1965 p 299

« Le vote à la majorité, voyez-vous, c’est le même processus que la décolonisation, mais en sens inverse. Quand nous donnons l’indépendance à la Côte d’Ivoire ou à l’Algérie, leur destin nous échappe ; elles deviennent pleinement responsables d’elles-mêmes ; nous cessons de l’être à leur place. […] Cette 3ème phase, ça veut dire que les autres décideront à notre place, que nous cesserons d’être souverains, que nous perdrons notre indépendance. Par exemple, dans le domaine de l’agriculture ou de l’armement atomique, nous savons que notre cas est différent de celui des autres ; donc, nous serions en minorité, nous serions dominés, nos partenaires nous imposeraient leur volonté, pour un point que nous considérons comme essentiel […] Je ne serai pas l’homme qui aura accordé leur indépendance à nos colonies, et perdre son indépendance à la France ! […] Faire perdre son indépendance à la France, ce n’est pas compatible avec sa grandeur, ce n’est pas dans la vocation de De Gaulle.

Salon doré, 13 oct. 1965 p. 303

« […] les Allemands ont pris maintenant une position de dissidence par rapport à notre traité de coopération et d’amitié. Nous ne pouvons pas les empêcher.

[…] L’Allemagne suit sa voie, et ce n’est pas la nôtre... Alors, nous ne pouvons plus avoir une politique commune avec elle… […] Je vous dis que l’Allemagne a changé de direction et que dans la direction qu’elle a prise, nous ne l’accompagnerons pas.

Salon doré, 10 nov. 1965 p.305 « Les Allemands ont vite oublié. On ne peut pas compter sur eux. Ils avaient été mon grand espoir, ils sont mon grand désappointement »

Entre 1963 et 1965 CDG se rend bien compte que les Allemands sont définitivement atlantistes, il n’a pas pu les convaincre d’organiser l’ « Europe européenne », indépendante, et.que « les Anglais sont complètement dans la main des Américains » p.310.

Sa politique d’indépendance nationale lui a permis d’espérer, grâce à l’installation de la Force de dissuasion « tous azimuts » et au projet qu’il va rapidement réaliser, de la sortie de la France de l’OTAN, que sa stratégie de « L’Europe doit s’enfoncer comme un coin entre les deux blocs », était infaisable, et, qu’il ne serait en aucun cas suivi par les États-membres. Il change alors de stratégie : « Il faut resserrer les liens avec les Russes » p.312. Il précise qu’il ne fait pas un renversement d’alliance. Il ne se libère pas d’une hégémonie pour se lier à une autre. Nous savons bien que sa politique est toujours basée sur l’indépendance nationale. Il entend que la voix de la France soit toujours la voix de la liberté dans le monde : « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde » Londres, 1er mars 1941

Cependant, cette attitude doit bien nous démontrer aujourd’hui, qu’il n’aurait jamais accepté aucun des abandons de souveraineté auxquels ont cédé nos dirigeants, de traités en traités. On peut toujours nous dire que nous le faisons parler, nous les opposants à l’Europe supranationale, nous maintenons que c’est faux, car nul n’est besoin de le faire parler… il suffit de le lire dans ses Mémoires, livres de toutes époques, notes, lettres, carnets, discours, conférences de presse, interviews, tous ces témoignages nous éclairent.

Quelques soient les époques, la philosophie gaullienne, qui est, entre autres, l’indépendance de la France, est toujours la même, n’être colonisé par personne, par aucun pays.

- Parlant de l’URSS -

Salon doré, 4 janv. 1965 p. 313 L’Ambassadeur Philippe Baudet, vient de rendre compte des ouvertures de Kossyguine, chef du gouvernement soviétique. Question d’Alain Peyrefitte : « Vous prenez très au sérieux les avances de Kossyguine ? « Nous les accueillerons avec sympathie. Nous avons beaucoup de choses en commun avec les Russes. C’est vrai depuis longtemps, depuis toujours. […] AP – Vous croyez-vraiment qu’il peut y avoir coopération franco-soviétique ? « Il y a un déclenchement à l’heure actuelle. On le sent un peu partout. La guerre froide est périmée. […] L’Union soviétique, elle-même, est en train de devenir autre chose. […] Il serait aberrant qu’entre la France et la Russie, les rapports ne tendent pas à devenir ce qu’ils avaient toujours été. La décision funeste de Napoléon d’attaquer Alexandre Ier est la plus lourde erreur qu’il ait commise. Rien ne l’y forçait. C’était contraire à nos intérêts, à nos traditions, à notre génie. C’est de la guerre entre Napoléon et les Russes qui date notre décadence. Il est de l’intérêt de la France d’avoir de bons rapports avec la Russie. Ca a toujours été une bonne période de notre histoire, quand la France était en étroite relation avec les Russes. »

- En conclusion :

Nous voyons bien que CDG n’était pas « pro ou anti » communiste ; il n’était pas, non plus, « pro ou anti » libéral, et

surtout pas dans le sens actuel du terme.

« Nous voulons la mise en commun de tout ce que nous possédons sur cette terre, et pour y réussir, il n’y a pas d’autre moyen que ce que l’on appelle l’économie dirigée. Nous voulons que ce soit l’État qui conduise, au profit de tous, l’effort économique de la nation tout entière et fasse en sorte que devienne meilleure la vie de chaque Français et de chaque Française. [… Il faut que la collectivité, c’est-à-dire l’État, prenne la direction des grandes sources de la richesse commune et qu’il contrôle certaines des autres activités, sans bien entendu exclure les grands leviers que sont, dans l’activité des hommes, l’initiative et le juste profit. » Octobre 1944 à Lille.

« Mais cette conception d’un pouvoir armé pour agri fortement dans le domaine économique est directement liée à l’idée que je me fais de l’État. Je vois en lui, non point, comme il l’était hier et comme les partis voudraient qu’il le redevienne, une juxtaposition d’intérêts particuliers d’où ne peuvent sortir jamais que de faibles compromis, mais bien une institution de décision, d’action, d’ambition, n’exprimant et ne servant que l’intérêt national. » Mémoires de guerre.

« Si nous entendons faire en sorte que, dans un peuple tel que le nôtre, la valeur individuelle, la liberté, l’émulation, demeurent à la base de l’activité nationale et même trouvent profit à se développer encore, si nous permettons de lever progressivement, au moment voulu, les contraintes que la guerre oblige l’État à faire peser, bref, si nous n’imaginons pas l’économie française de demain sans un « secteur libre » aussi étendu que possible, nous déclarons que l’État doit tenir leviers de commande. Oui, désormais, c’est le rôle de l’État d’assurer lui-même la mise en valeur des grandes sources d’énergie : […] ainsi que des principaux moyens de transport : […] et des moyens de transmissions, dont tout le reste dépend. […] C’est son rôle de disposer du crédit, afin de diriger l’épargne nationale vers les vastes investissements qu’exigent de pareils développements et d’empêcher que des groupements d’intérêts particuliers puissent contrarier l’intérêt général. » A l’Assemblée consultative mars 1945.

« […] en notre temps, la seule querelle qui vaille, est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer ». Conférence de presse, Palais de l’Élysée, le 25 mars 1959 :

« Quand nous aurons gagné la guerre, il nous faudra rendre à l’homme sa dignité ». A Jean Moulin à Londres en 1942

« Quand il s’agit de l’indépendance et de la grandeur de la patrie, il existe, entre tous les Français, une solidarité vitale, un domaine commun et indivis, pour la défense duquel ils ont ensemble versé de siècle en siècle, et tout récemment encore, tant de sang et tant de larmes que toute prétention ou surenchère en sont exclues sous peine de sacrilège et où est de mise que le simple respect de l’humble amour de la France. » Discours d’Épinal, le 29 juin 1946 :

- Notre souhait et la mission que dans ce rassemblement nous devons accomplir :

Agir pour la réussite de l’Arc Républicain de Progrès qui a été constitué afin de servir avec ardeur cette noble cause de l’indépendance nationale, de la souveraineté populaire et du progrès social. Le combat que nous sommes déterminés à mener à travers le développement de la stratégie d’union du peuple de France sera victorieux ! Alors, nous serons enfin libre de faire nos choix de société, dans une action commune responsable, privilégiant l’intérêt général, dans l’intérêt de l’État-nation ; bien sur qu’il y aura dès lors, débats, peut-être même, affrontements citoyens. Il n’est pas nécessaire pour autant de se retrouver dans un climat de guerre civile ! La République respectant la démocratie, le peuple étant souverain, les choix de société doivent alors être décidés dans de justes transactions, et l’application de cette politique ratifiée, les dirigeants devront s’engager à la respecter avec rectitude, et en cas de « changement de cap » dus à des événements imprévisibles, s’en référer au peuple pour acquiescement.

C’est pour cela que nous nous inspirons du programme du Conseil Nationale de la Résistance, car il illustre parfaitement par les différentes composantes de ses concepteurs l’idée de consensus sans lequel aucune nation n’est gouvernable.

La politique ne s’applique pas contre le peuple, mais avec le peuple. Le peuple, c’est la nation, seule garante de son destin, de l’indépendance nationale, et des intérêts vitaux.

La « déconstruction » européen, c’est le nœud gordien, il ne se dénoue pas, il se tranche …

CONSCIENTS DE CETTE ETAT DE FAIT, QUITTONS L’ UNION EUROPENNE !…

Geneviève Blache février 2010

SOURCE : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article510

[MERCI à GUILLAUME]

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