Débats

« SARKOZY va-t-il brader notre dissuasion nucléaire ? »

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C’est ce que propose la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) proche de l’UMP dans ses « 12 idées pour 2012″ !

Or, « la dissuasion nucléaire ne se partage pas » !

Cherche-t-on à mettre fin à notre dissuasion  nucléaire comme le veulent les américains ?

Un scandale déjà dénoncé sur de nombreux sites par des militaires et des géo-stratèges français, notamment sur le blog Secret défense :

http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Une-fondation-proche-de-l-UMP-propose-de-partager-la-dissuasion-nucleaire-avec-l-Allemagne_a463.html

***

EXTRAITS des travaux de la Fondation proche de l'UMP :

Proposition 8 : la France doit partager avec l’Allemagne sa force de dissuasion nucléaire dans le cadre de la communauté franco-allemande instituée.

Partage de la stratégie, partage de la décision, partage du financement, le tout au service d’une véritable ambition  politique. Une telle idée suscitera évidemment oppositions et réticences, et en particulier du côté allemand. En Allemagne,  le nucléaire et,  a fortiori, l’arme nucléaire suscitent un rejet  épidermique non seulement dans la population, mais également  au sein de la communauté militaire. Le nucléaire est vécu  comme un risque et non comme une protection – chez nous, c’est l’inverse ! Ajoutons aussi l’attachement historique des  militaires allemands à l’OTAN, comme le montre leur peu d’empressement à s’engager dans la Politique européenne de  sécurité et de défense (PESD). En matière de défense, l’histoire du couple franco-allemand a souvent été une histoire de rendez-vous manqués et de rencontres sans lendemains, même si le bilan présente aussi un actif, avec la brigade franco-allemande  et le corps européen.

L’adhésion de l’opinion française n’est cependant pas acquise.

Depuis 1964, l’arme de dissuasion est un symbole majeur de  notre indépendance nationale, de notre puissance mondiale, de notre indépendance stratégique et d’un optimum de recherche  et de technologie contribuant à maintenir notre industrie au  meilleur niveau. Option ultime en cas de menace imminente  sur notre intégrité territoriale, sur notre population ou sur nos intérêts vitaux, l’arme nucléaire reste pour beaucoup un pouvoir  qui doit demeurer une propriété exclusivement nationale.

Pourtant, la doctrine française a évolué au fil du temps et ouvre  potentiellement la porte à une dissuasion franco-allemande partagée. L’évolution des discours présidentiels, de François

Mitterrand à Nicolas Sarkozy, témoigne bien de cette ouverture.

Il est important de les relire pour apprécier les enjeux.

En 1994, François Mitterrand ouvrait la porte à une révision  doctrinale  : «  L’arme nucléaire française n’est pas à la  disposition de tout le monde ou des autres. Elle dépend de la  seule décision française. C’est peut-être une vue un peu étroite  mais, pour le temps qui vient, c’est la seule définition que je  reconnaisse. Dans d’autres temps, ceux qui bâtiront l’Europe  ou qui continueront cette construction, pourront examiner, si  l’évolution politique le permet, de quelle façon cet armement  ou son utilisation pourraient être partagés. Aujourd’hui, cela  me paraîtrait un contresens, et ce contresens, je n’entends pas  le faire. »

Le 19 janvier 2006, sur la base de l’île Longue, Jacques Chirac  poursuit sur le chemin ouvert par François Mitterrand : « Le  développement de la politique européenne de sécurité et de  défense, l’imbrication croissante des intérêts des pays de l’Union  européenne, la solidarité qui existe désormais entre eux, font  de la dissuasion nucléaire française, par sa seule existence, un  élément incontournable de la sécurité du continent européen.

En 1995, la France avait émis l’idée ambitieuse d’une dissuasion  concertée afin d’initier une réflexion européenne sur le sujet. Ma conviction demeure que nous devrons, le moment venu,  nous poser la question d’une défense commune, qui tiendrait  compte des forces de dissuasion existantes, dans la perspective  d’une Europe forte, responsable de sa sécurité. »

Enfin, le 21 mars 2008, à Cherbourg, Nicolas Sarkozy, confirme  la position de son prédécesseur : « S’agissant de l’Europe, c’est  un fait, les forces nucléaires françaises, par leur seule existence,  sont un élément clef de sa sécurité. Un agresseur qui songerait à mettre en cause l’Europe doit en être conscient. Notre  engagement pour la sécurité de nos partenaires européens est l’expression naturelle de notre union toujours plus étroite. Tirons-en, ensemble, toutes les conséquences logiques : je propose d’engager avec ceux de nos partenaires européens qui le souhaiteraient un dialogue ouvert sur le rôle de la dissuasion  et sa contribution à notre sécurité commune. »

La main tendue française n’a pas été saisie par les Européens, en  particulier par les Allemands. Ou, plus exactement, il n’y a pas encore eu d’accusé de réception de leur part. La porte restera-t-elle toujours fermée à cette idée de copropriété de fait ? A court terme, sans doute, mais sur un horizon plus éloigné l’idée  conserve sa fécondité.

L’Allemagne reste un acteur politique de second rang, faute  d’une vision stratégique et d’une capacité de défense conformes  à son rang de puissance économique en Europe. La puissance  militaire n’est plus la condition suffisante d’une influence politique mondiale, mais elle en demeure une condition  nécessaire.

L’efficacité de l’OTAN est également questionnée comme  substitut à une politique européenne de défense autonome. Les Américains financent toujours beaucoup, mais leurs  regards sont clairement tournés vers le Pacifique. Le parapluie  américain se rétrécit et rien ne garantit sa pérennité.

En Allemagne, l’option d’une défense anti-missile de conception américaine reste dominante en tant qu’alternative  à la dissuasion nucléaire. Mais, d’une part, les Alliés ne la  considèrent pas en alternative au nucléaire mais bien en  complément, comme le Sommet de Lisbonne l’a acté ; d’autre part, la question de son financement, très coûteux, reste posée  à long terme. Tout cela sans soulever le défi d’une autonomie de décision des Européens à l’abri de cette illusoire «  ligne  Maginot » technologique, qui serait conçue, mise en œuvre et  financée majoritairement par les États-Unis.

Si la France reste une puissance politique reconnue, c’est  largement en raison de sa force de dissuasion et de son système  de défense complet et cohérent. Aujourd’hui, la France est  un des rares pays au monde à disposer de technologies, de  savoir-faire et de compétences lui permettant d’avoir une force  de dissuasion nucléaire entièrement fondée sur des capacités  nationales indépendantes.

Allemands et Français ne peuvent ignorer la fragilisation des  postulats sur lesquels sont fondées leurs positions respectives  en matière de sécurité et de défense. Les attitudes sont d’ailleurs  moins figées qu’il n’y paraît, on l’a vu, et notamment en France  au sommet de l’État.

Proposition 9 : La France et l’Allemagne doivent entretenir et développer ensemble une capacité nucléaire conjointe.

Si nous imaginons que le principe d’une dissuasion partagée  est accepté, il reste à esquisser ce que pourrait être son  contenu opérationnel. Sur le plan opérationnel, cette capacité  est portée par des unités franco-allemandes. Ces unités sont  nécessairement réparties des deux côtés du Rhin. Le pouvoir de  recourir à l’arme nucléaire est partagé en ce sens que chacun des  deux pays possède la capacité de l’activer pour ce qui concerne  les armes nucléaires situées à l’intérieur de ses frontières.

L’activation des unités nucléaires franco-allemandes ne saurait  faire sens au plan militaire en dehors d’une politique de défense  repensée et redéployée en commun. Chacun des deux pays se  place sous la protection de l’autre.

Les états-majors ne sont pas nécessairement fusionnés, mais  les plus hauts responsables conçoivent ensemble les plans de  frappe. Les équipements sous-marins et aéroportés deviennent mixtes en termes de forces, sans doute plus pour les troupes  aéroportées d’ailleurs, car la cohésion d’un équipage de sous-marin doit être extrême. On notera que des avions allemands  participent déjà à des missions nucléaires de l’OTAN. à terme, la décision nucléaire pourrait devenir strictement franco-allemande  : le code nucléaire serait partagé entre le président de la République française et le chancelier de la  République fédérale d’Allemagne, chacun possédant un code  ne pouvant fonctionner sans le code de l’autre.

SOURCE :

http://www.fondapol.org/wp-content/uploads/2011/12/12-idees-pour-2012-WEB.pdf

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