Débats

« Pensée, mémoire, folie – Réflexions d’un clinicien » par Bernard Gibello – Critique de M. Hubert de CHAMPRIS

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Bernard Gibello, Pensée, mémoire, folie – Réflexions d’un clinicien -, Odile Jacob, 265 p., 24,90 €.

Longtemps, la folie n’a pas été reconnue comme une maladie. Actuellement, la psychiatrie occupe encore une place à part dans la médecine. À partir du XIXe siècle, la méthode clinique a permis des descriptions extrêmement précises de la plupart des maladies mentales, mais, contrairement aux autres maladies, la clinique ne permettait pas de remonter à l’étiologie.

De nombreuses formes de psychopathologie ont été proposées, mais aucune n’a une valeur générale qui puisse s’appliquer à toutes les folies. L’expérience clinique et la réflexion montrent que la pathologie mentale ne se comprend pas selon une seule perspective, mais à partir d’une multitude d’influences et de découvertes, datant pour la plupart du XXe siècle. Chacune a éclairé une partie des mystères de la pensée folle et de la construction de la pensée saine.

Qu’est-ce qui forme la pensée et explique son dysfonctionnement ? Le professeur Bernard Gibello reprend plus de deux siècles et plus de débats, tenant compte des apports récents.

Bernard Gibello est professeur émérite de psychopathologie à l’université Paris-Ouest et président de l’Association française de psychiatrie. 

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CRITIQUE de M. HUBERT DE CHAMPRIS

[Exclusivité Politique-actu - avec l'aimable autorisation de M. Hubert de CHAMPRIS]

Il faut savoir, auteur, résister comme ici à la tentation de la vulgarisation : d’elle au vulgaire, il n’y a parfois qu’un pas (1). Et, lecteur, il nous faut aussi régulièrement s’immerger en eau froide : vous y êtes seul, mais vous y êtes bien. A condition de ne pas vous noyer, car personne n’accourra. Ainsi, dès l’entame, se surprend-t-on à parler par métaphore. Gibello, tout à la fois Guelfe et Gibelin – ce n’est pas le lieu de développer cette image historique – nous offre ici un manuel, pas un pamphlet, pas un essai. Il ne n’essaye pas. En substance (à la fois compacte, gluante, opaque, fine et transparente), nous livre-t-il ce qu’au long de sa vie de psychiatre clinicien et de professeur de psychopathologie il a pu constater, expérimenter puis théoriser. Il confronte ses constatations pratiques puis théorisées avec d’autres grands systèmes explicatifs, en particulier le freudisme. (Il nous rappelle au passage, sans même se référer uniquement à son assistance aux expériences de Charcot, que Freud fut en lui-même d’abord un observateur.) Oui, un manuel, même si, en sa modestie, feinte ou avérée, l’auteur ne prétend ne nous faire humblement part que de ses ‘‘réflexions’’. Un manuel qui nous décrit comment se comporte notre petite cervelle. Ainsi se rend-t-on compte grâce à l’auteur qu’on ne peut faire l’économie de tâter des sciences cognitives avant même de prétendre aborder le rivage tantôt en forme de plages naturellement enchanteresses, tantôt en forme de falaises redondantement abruptes, de la psychologie. En l’espèce, que surnage-t-il de notre brasse alors même qu’exsangues beaucoup ont abdiqué en cours de nage et regagné le rivage ?     

Page cent-quinze, en mentionnant les modalités de l’apprentissage via la transmission culturelle par le langage selon Vygotski, le professeur Gibello explique sans le savoir pourquoi un tel compte-rendu est tâche quasi-impossible. En temps normal, lorsque l’enfant – qui est l’état du lecteur, voire de l’éditeur, face à l’auteur – aborde une ‘‘ une zone un peu au-delà de ce qui [il] peut apprendre de lui-même’’, il peut faire appel ‘‘à des adultes (ou des enfants plus âgés) [qui] peuvent l’aider à découvrir les choses de la vie’’, ici de l’esprit. Aucun recours de cet ordre n’est en l’occurrence possible. C’est avec sa petite cervelle qu’il doit se dépatouiller, sauf à regagner prématurément le rivage, à abandonner son ouvrage. Un moyen terme pourrait aussi consister à user de force métaphores, manière de voiler tant faire se peut (et l’on peut peu) sa débilité tout en feignant d’extraire de l’œuvre rien qu’un zeste des vérités qu’il recèle.

Soit :

- l’impossibilité de définir la pensée, une pensée tout aussi réelle qu’immatérielle, si ce n’est comme un ensemble réunissant : les représentations de ma conscience actuelle (habituellement verbalisées en interne) plus les contenus de toutes les catégories de ma mémoire (dont, surtout, ma mémoire à long terme) ;

- le sujet sain est comparable à celui qui cuisine sur un plan de travail bien horizontal, sur la plaque en vitro-céramique de son four. Il s’appuie sur une surface, agence ses ingrédients, croit improviser une recette qu’il aura généralement assimilée depuis belle lurette, de la plus simple (se faire cuire un œuf) à la plus sophistiquée. Justement transposé, on dira que ce sujet/cuisinier, dans sa cuisine, dispose là d’un fond pensé ensemble des enveloppes psychiques sensorielles et des enveloppes tonico-motrices qui lui seront comme un arrière-plan permanent, un décor qui est un support réel sur lesquels pourront par contraste se détacher nos incommensurables représentations mentales. Mais, il s’agit là, techniquement parlant, d’un détachement- attachement : la pensée est cette gouache qui ne prend sens que sur la toile sur laquelle elle s’imprime, à partir de laquelle elle s’exprime ; la pensée est une dépendance d’un arrière-fond qui peut certes être d’un point de vue psychologique assimilé aux films invisible susdits (les enveloppes), mais aussi, et en parallèle, d’un point de vue qu’on dira tout bêtement basiquement philosophique (idéaliste kantien) à l’espace et au temps ;

- le sujet pathogène (car, malade, il est susceptible de générer tout autant son mal autour de lui qu’un porteur de virus,- même si cette remarque est moins valable pour les psychoses que pour les névroses) vous fera une cuisine en suspension, comme en apesanteur, un peu anarchique, bien sûr vue de l’extérieur, un ‘‘concoctage’’ sans la plupart de nos habituels repères ; il suit sa recette, mais on a le plus grand mal à répertorier la recette qu’il suit. Lui seul paraît apprécier la cuisine qu’il fait selon ces règles mal connues. Il apprécie. Autrui n’apprécie pas et a du mal à saisir la rationalité d’une appréciation qui demeure pour lui au premier abord absurde.   

Neurones-miroirs ? (c’est à voir…)

Deux univers mentaux ainsi s’opposent. Cette opposition n’est pas seulement d’ordre mental mais sensoriel (et peut-être même à la longue culturels). L’autisme (non asperger) manifeste le plus nettement cette difficulté d’appréhension de la réalité. Les sciences cognitives postulent en effet que la relation entre deux sujets ne peut s’instaurer en vérité qu’à la condition qu’existe au préalable entre eux un accord implicite, une convergence/concordance des ‘‘contenus d’expressions intimes’’ : c’est là semble-t-il un préalable universel. On ne pourra donc écrire que ‘‘la compréhension directe [pouvant exister entre deux personnes] signifie qu’un accord préalable entre les individus n’est pas nécessaire pour qu’ils se comprennent’’ mais, plus exactement que l’entente (dans le sens le plus large du terme) se manifestant entre deux personnes est l’indice du rôle des neurones-miroirs dans cette sympathie étymologique dont la radicalité (l’acmé) serait à la mesure de l’amour parfait équilibré partagé qui existe alors entre elles. Ainsi la science cognitive expliquerait-elle le sentiment amoureux authentique qui rend inutile le distinguo entre l’eros et l’agapé. Le secret du don d’imitation d’un Le Luron tenait-il dans le nombre et l’efficience de ses neurones-miroirs ? Imiter n’implique-t-il pas d’ «aimer» un chouia ce que l’on est censé imiter ? Plus profondément sait-on qu’une bonne imitation dépend de la capacité de l’imitateur à se couler, corps et esprit, dans ceux de l’imité. Il s’agit là d’un processus de compréhension qui confine à l’identification. Le fait que l’imitateur soit naturellement conduit  à passer par les gestes et tout le corps avant même de poser sa nouvelle voix tend à confirmer la nécessité d’une empathie ‘‘technique’’, condition d’une ressemblance par incarnation. En ce sens, le bon imitateur est un acteur quasi-parfait.

Mais, comme toujours, lorsque la science fait une trouvaille, elle a, dans un engouement de jeune amoureux, tendance à lui imputer toutes les vertus, à en faire un sésame qui ouvrirait bien des portes. Il nous plait toutefois de penser que ces neurones-miroirs qu’on se représentait comme ces petits poissons argentés qui brillent sous l’eau et que le pêcheur à la ligne utilise en guise de leurre verront aux yeux mêmes de la science leurs surfaces polies se métamorphoser à l’avenir en vitraux. Si ces neurones-miroirs participeraient de notre sens de l’altruisme, de la ressemblance, de la sociabilité et de bien des notions ou sentiments qui en découlent, il est probable que la ‘‘surface’’ de ces miroirs puissent être déformées,- déformées car au préalable déjà informés. Cocteau aurait à nouveau dit d’eux que certains réfléchissaient trop avant de s’activer tandis que d’autres n’en avaient pas assez pris le temps. Si bien que ces neurones-miroirs, s’ils réfléchissent avant qu’ils ne s’activent, peuvent fort bien réfléchir en dépit du bon sens réel que leur vis-à-vis donne à ses actions, à son comportement. Habités d’un contenu moral, abritant un spectre personnel de valeurs, on pourrait même ajouter qu’ils sont polies au point de ne pas à tout coup vous imiter (s’ils veulent vous ménager et ne pas vous renvoyer, par exemple, une image blessante). Concaves, convexes, rayés, certains encore lisses, leur aspect le plus souvent biseauté, bigarré en font des êtres bizarres, possibles sources de déformations de la pensée. Autrement dit, ils nous renvoient une image, mais une image qui n’est pas fatalement fidèle au sujet reflété. Ces neurones-miroirs sont en effet chez chacun lestées de toute notre histoire. Le miroir est sale, ou chatoyant, ou gravement rayé. Notre miroir n’est jamais neutre ; ce qui est certes bien le comble en matière d’optique : il n’est pas objectif ! Comme la moindre cellule de notre plasma sanguin, ces neurones d’altruisme sont porteurs d’histoire(s), puisque plein de ces ‘‘préjugés nécessaires’’ – nécessaire à la vie en société(s) – tels que l’entendait Burke. C’est la raison pour laquelle il apparaîtra peut-être utile de requalifier ces trop fameux neurones. C’est le narcisse qui sera content : neurones-miroirs, dites-moi que je suis le plus beau ! Lesquels lui répondront : Te vois-tu, nous sommes devenus vitraux ! Vitraux comme ceux des cathédrales qui, aux visiteurs, racontent une histoire… Sans compter que si ces neurones font fonction de ‘‘miroirs’’ dirigés vers autrui, leur angle d’orientation peut se modifier non seulement par rapport aux neurones-miroirs de l’autre mais aussi vis-à-vis des autres neurones-miroirs du sujet, lesquelles peuvent se relier entre elles à tout instant – l’instant en question étant inférieur à la nano-seconde - : dès lors, on comprend qu’on ne peut parler de ces fameuses neurones sans parier sur les jeux de miroirs en cascades perpétuelles et infinies qu’ils nourrissent (2).

Doit-on crier casse-cou face à un commentaire littéraire (et donc pseudo-scientifique) d’un discours scientifique ? N’est-ce pas là tourner autour du pot parce que, en vérité, on ne cerne rien de lui, rien de ce qu’il est, à peine (quand même) de ce qu’il en est ? Cette alarme ne s’avère en fait guère fondée si l’on prend conscience que cette appellation de neurones-miroirs est elle-même une métaphore. Si on est parvenu à constituer, à créer en laboratoire, en respectant chacune des étapes de sa formation, une cellule maligne, et vice et versa, nous ne savons comment apparaît la pensée, ni de quoi elle est constituée. Pire, réelle mais immatérielle comme le rappelle Gibello, nous ne saurions au juste dire si l’on peut toucher ce qui n’est pas matière. Mais ce qui est réel… existe. On pardonnera la redondance, laquelle est cependant utile : comment nous représenter au plus près ce que nous ne pouvons précisément pas nous représenter mais seulement (ne pas nous empêcher d’)… imaginer ? Il y a là toute la question de l’idée, de l’image et de la sensation et, surtout, la question de l’impossibilité de les dissocier, car, si certains contenus de certaines mémoires peuvent être remaniés et la mémoire emprunter les mêmes circuits que l’imagination, la réciproque est tout aussi vrai. On n’imagine jamais rien d’autre que ce qui a existé, qui existe ou qui va exister. Et, en fait, ces trois instances de la modalité temporale pour parler avec pédanterie n’en font qu’une puisque ce qui existera existe déjà puisqu’il a déjà été imaginé, ne serait-ce que dans l’entendement divin. (Où l’on voit, ô bon lecteur, que la biologie du cerveau a partie liée à la métaphysique et que tout est dans tout, réciproquement et vice-versa.) 

Il n’est ainsi pas à coup sûr hors de propos (parascientifique) de laisser filer la métaphore : pris dans son élan, d’elle-même elle fore de sous-sens en sous-sens, aidant à un jour atteindre le sens ultime d’une découverte. En attendant, sur cette lancée, poursuivons, et notons que ces neurones-miroirs ne peuvent que nous inciter de plus fort à «huiler» nos synapses : il est acquis – acide alpha-linolénique oblige - qu’une gélule quotidienne et à vie d’un gramme d’huile de poissons gras est la bonne dose pour aider à comprendre et aimer.

Pas bêtes

Avant même la pensée, il y a de la conscience que l’on peut qualifier de pensée informelle (sa forme la plus courante étant la pensée verbale). De ce distinguo pas toujours explicitement opéré résulte ce qui n’est peut-être qu’une fausse querelle : existerait-il une pensée non-verbalisée en notre for ? qui ne soit pas toujours et fatalement mise en mots ? Un ethno-psychologue et ami des animaux comme B. Cyrulnik répond par l’affirmative. A bon droit si l’on veut bien remplacer pensée par conscience : les animaux n’ont peut-être pas une conscience (car cela impliquerait qu’ils possédassent une conscience morale au sens humain de l’expression), mais ils ont conscience (laquelle, en bonne phénoménologie, est conscience de quelque chose). Mais, à l’inverse de celle de leurs maîtres, il ne s’agit pas d’une conscience formulée (ou auto-conscience). En effet, on peut fort bien avoir conscience de sans être conscient pour soi-même de cet acte, sans conscience réflexive. Cette forme paradoxale de conscience sans retour sur elle-même propre à l’animal peut cependant conduire chez lui à l’existence de sentiments dont l’expérience immémoriale de l’humanité montre malheureusement que bien des hommes sont inaptes à les éprouver. Au reste, chez l’homme, des phénomènes particuliers de conscience comme la monition, la prémonition, la télépathie ne font pas intervenir les mêmes états, les mêmes étapes que ceux que l’homme qui pense observe en lui-même : ce sont là des prises de conscience directe, non consciemment élaborées, à la fois ‘‘brut de fonderie’’ et extrêmement fines et fidèles d’une réalité extérieure. Plutôt même que de prise de conscience (laquelle laisserait croire à l’entrée en ligne de la volonté) devrait-on parler de réception soudaine, souhaitée ou pas, informant le récepteur.

Puis, en-deçà même de la conscience des animaux, existerait une pré-conscience larvaire  végétale, minérale. En conséquence, entendrons-nous dorénavant parler de la conscience comme d’un état antérieur à la pensée (verbale ou verbalisée), et verrons-nous le Professeur Gibello caresser d’autant voluptueusement dans le sens du poil son chat pensant, si ce n’est (aux yeux) persans (3).

De mal en pi

En somme, l’homme sain fait sa tambouille dans sa cuisine mentale comme on l’a entrevu plus haut. L’homme atteint d’un disfonctionnement, au premier chef l’autiste, cuisine lui aussi mais en agençant de manière biscornue ses plans de travail, en utilisant de façon peu orthodoxe ses ustensiles, en nous préparant une cuisine moléculaire, comme en apesanteur, qui nourrit son homme mais qui ne nous nourrit pas pour la (bonne ?) raison que le sujet sain ne parvient ni à la goûter, ni à en en goûter l’intérêt. On dira, pour faire court, que le psychosé cuisine pour lui-même avec un sens du goût et une sociabilité, disons…exigeante. Hors névrose, entre le sujet sain et le sujet affecté (cette terminologie improvisée est ici aussi nécessaire que l’emploi d’un lexique précis et fondant en permanence sa nécessité dans une thèse universitaire) s’insère l’autiste de type asperger dont Daniel Tamet (4), fameux ‘‘mémorialiste’’ du nombre pi est maintenant une figure connue. On a compris que sa synesthésie lui faisait percevoir et voir le déroulé de ce nombre jusqu’à une certaine décimale sous la forme d’une fresque murale en couleurs. A des groupes de chiffres s’associent donc ces formes de couleur qui sont presque tout autant ressenties que visualisées. Tamet déambule donc dans la forêt de pi 3,14… en suivant le fil rouge bariolé si l’on peut dire d’une remémoration/reconstitution au toucher des galeries d’un Louvre auparavant visité. La grande difficulté que connaît ce sujet à conduire une automobile permet de comprendre ce qu’il vit et ce qu’il voit au cours de cette expérience. A l’inverse du conducteur lambda qui va certes faire corps avec son véhicule, mais pour le gouverner, Tamet, pénétrant dans l’habitacle, va instinctivement être comme aspiré dans une sorte d’exploration du moteur, de l’ensemble des rouages de la voiture qui engage tout son être et tous ses sens. Comme revêtu de capteurs sensoriels, il épouse les sensations de cet objet, une auto devenue sous ses sens un être vivant. Il ne la dirige en aucune manière et on conçoit qu’avec lui, on ira vite dans le fossé. En l’occurrence, on le constate, l’aide-mémoire est la mesure du souvenir, même s’il ne renvoie pas à la …mémoire.

Le cas Tamet est intéressant en ce sens qu’il nous renseigne un peu sur cet espace, cet inter-monde entre sujets sains et malades.

SSC, ou le savoir sous conditions suspensives

Nous l’avons saisi : si l’homme sain fait vaille que vaille sa tambouille, il ne fait pas que s’y retrouver ; il se trouve, et les autres, aussi, le trouve ou le retrouve. Il fait son bonhomme de chemin au sein des SSC (systèmes symboliques complexes), qui ne sont autres, au fond, que des connaissances ordonnées (de la musique aux mathématiques en passant par tous les autres domaines de connaissance, c’est-à-dire d’appréhension/compréhension de la réalité). D’une réalité… extérieure, faudrait-il ajouter, les sciences cognitives au départ oscillant entre ces deux erreurs (faux) (5) gémellaires que sont le matérialisme (souvent teinté de sociologie idéologique – Changeux) et l’idéalisme absolu (Berkeley) pour devoir se stabiliser sur le réalisme,- un réalisme philosophique commandé donc par la psychologie clinique aidée de plus en plus par les imageries électromagnétique et autres. Le langage, dispersé, éclaté – sanction de la tentation de Babel oblige – en langues, est le premier des SSC. On conviendra ainsi qu’a priori ceux qui le maîtrisent le mieux auront le plus de chances d’approcher en vérité la réalité. A ceci près que les sciences cognitives sont tout autant que les autres affectées du syndrome de Gödel : seul leur orgueil leur fait croire qu’elles sont auto-       suffisantes. De l’intérieur, leur cohérence n’est pas décidable. Elles sont aussi dépendantes (à tous points de vue : logique, axiologique etc) des autres sciences (y compris celles dites ‘‘humaines’’) que peut l’être d’autrui un cul de jatte tenu de courir un 110 mètres haies. A priori, donc, le langage paraît primordial. A posteriori, ce qui ne participe pas stricto-sensu d’un SSC – comme un sentiment – peut tout aussi bien, et, souvent, plus finement, s’approcher d’encore plus près de ce qu’on saurait donc, faute de mots plus adéquats, qu’appeler, thomisme oblige encore, la réalité/vérité. 

Au sein d’un SSC, en l’occurrence la langue, peut exister un sous-SSC comme la linguistique. En fait, on est ici en présence d’un cas de figure pratiquement inconcevable mais tout à fait envisageable dans le cadre d’un SSC : une poupée-russe s’emboîtant dans les deux sens : la langue surplombe la linguistique (puisque le linguiste use fatalement d’une langue) tandis que, dans le même temps, la linguistique gouverne le langage (puisqu’il est politiquement tendancieux de prétendre qu’elle ne fait qu’en découvrir les règles alors qu’elle en décide) (6). Peut-être démontrera-t-on un jour que tout SSC est indissociable d’un sous-SSC (ou d’un autre SSC) qui tout à la fois l’explique, le justifie et le valide et découvrira-t-on les binômes les plus incongrus… la danse et l’agronomie, la poésie et l’astrophysique (il est vrai que ce second duo est plus banal car raisonnablement concevable…)          

L’éthologie des maladies mentales renvoie aussi à la notion de «structure cognitive», la question se posant en premier lieu étant de savoir si les disfonctionnements mentaux ressortent en premier lieu des structures cognitives acquises (position majoritaire grosso modo dans les thèses cryto-matérialistes, comportementalistes – USA – Changeux) ou de celles innées (si l’on se reporte par exemple à la question des capacités de traitement des modules perceptifs ( Piaget, Gibello etc.).     

Poursuivons par sauts cadencés, si ce n’est condensé car le sérieux et la densité d’un discours qui se respecte comme celui du Professeur Gibello ne manquerait, sinon, de nous entraîner dans des domaines (matières) où le rédacteur sait d’expérience qu’il conviendrait alors de se mettre en écriture automatique comme le pilote d’un Airbus qui s’imagine en perdition renonce au gouvernail manuel de l’aéronef pour se remettre en pilotage automatique.

Mœurs 

 Avec la bestialité, la nécrophilie et d’autres joyeusetés, notre professeur de psychopathologie pense que l’homosexualité est une anomalie de l’orientation de la sexualité de cause inconnue. Voilà, comme dirait ma concierge, une ligne qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Elle est insérée dans le paragraphe intitulé « La pensée peut enfin être anormale ou singulière dans (…) le rejet des règles de la vie en société ». Bernard Gibello ‘‘n’est pas certain qu’il s’agisse d’une maladie mentale. Plutôt (serait-ce) une maladie de l’éthique’’. ‘‘Anomalie’’ est un terme apparu en 1570 et dont la racine grecque indique qu’elle renvoie à des irrégularités qui ont d’abord concerné la grammaire et la botanique. Si on fouine, on voit bien que le a privatif, s’il ne prive pas en la stricte occurrence de la norme mais de la règle du nom, connote de la normativité. Si le bilan sanguin de Chaban n’est pas dans la norme, que son taux d’hématies est bien faible et qu’il ne peut plus en effet escalader quatre à quatre les marches de Matignon (et non de l’Elysée comme on l’a dit trop souvent), eh bien, il ne va pas s’en offusquer. Normalement, une cure de boudins fera l’affaire. Mais l’anormalité du taux d’hématies pourra renvoyer à une autre anormalité qui fera qu’il ne pourra être pallié de manière normale à la première anormalité. Bref, à quelles conditions et à quel types de condition, peut-on - ou doit-on – passer d’une normativité biologique (physiologique, endocrinologique etc etc, bref, en tous cas médicale) à une normativité morale puis à une normativité juridique (pour fonder un jugement de valeur d’un jugement de goût) ? Voilà le genre de question que notre époque ne se pose plus, pire : qu’elle interdit de poser. Son anapathologisme n’en est pas moins paradoxal. L’époque post-moderne d’un côté exècre toute idée de maladie, d’anomalité/anormalité et, de l’autre, vous en fourgue ou s’exclame face à d’autres, montées en épingle et plus ou moins bidons. Gibello signale qu’il a eu quelque doute sur le sérieux du diagnostic de syndrome bi-polaire lorsqu’il a lu qu’il consistait à pouvoir être joyeux le matin et triste le soir…(7) 

Ainsi pourrait-on en déduire 1/ que l’homosensibilité a très probablement plus à voir du côté du cerveau, du coup d’œil comme dirait Marguerite Yourcenar, que d’autres paramètres, 2/ qu’il n’est guère raisonnable de légiférer à partir de ce qui est en terme psychiatrique stricto sensu une bizarrerie. Rappelons que la psychiatrie nomme bizarrerie la tendance, l’anodine manie d’aimer manger les croûtes de fromages cuits (mais tant que vous ne le faites pas ostensiblement…) 3/ qu’un Chevènement, par exemple, a eu raison de s’abstenir pour le moins à l’occasion de certain récent scrutin, 4/ que la civilisation, et en premier lieu la judéo-chrétienne, qui a quelque rapport avec la politesse, c’est peut-être avant tout sauver les apparences et ne pas appeler un chat un chat, sauf celui de Montherlant, de Colette et de Gibello naturellement.

Vive donc la litote, l’euphémisme, la périphrase et l’anti-phrase et arrêtons-nous là car Proust établissait un lien entre le goût forcené de l’étymologie et l’inversion (8).

Bébés :

Gibello aurait tendance à dire mal-fondé le gâtisme gaga des parents s’émerveillant du sourire de leur enfant de cinq mois. Il insiste au contraire sur le caractère primordial de  l’enveloppe tonico-posturale, ‘‘prototype de toutes les enveloppes psychiques’’ (dont, soit dit en passant, la précocité de l’apparition et la solidité sont favorisées par l’haptonomie pendant la grossesse). Il ne s’agirait pas là de manifestations de sociabilité et d’intelligence. Une récente étude franco-danoise a pourtant mis en évidence chez des nourrissons de cinq mois les mêmes réponses cérébrales à des stimuli extérieurs que chez les adultes. Les bébés possède donc des mécanismes d’accès à la conscience (9). 

De Gaulle :

S’y serait-elle cru à bon droit autorisée, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne spécialiste de ceux qu’il est convenu d’appeler surdoués, et qui a nommément ‘‘proposé’’ d’abord à l’édition puis à la lecture l’ouvrage ici vaguement survolé, aurait-elle suggéré à son maître de remanier son développement consacré au surdon intellectuel ? L’étude de ces deux pages (127-128) confirme avant tout qu’il serait indispensable d’ériger (avant même de l’affiner) une véritable nomenclature en la matière. Oui, un peu de taxinomie serait bienvenu. En la matière donc, on renverra à J. Siaud-Facchin, Trop intelligent pour être heureux –L’adulte surdoué (Odile Jacob) et au Dr Elie Hantouche, La cyclothymie, pour le meilleur et pour le pire (Robert Laffont) – sous la réserve qu’on ne peut faire fond sur ce second livre qu’après que toute sa taxinomie, de la couverture à la dernière ligne ait été de fond en comble réorganisée : l’infrastructure est juste, la superstructure ne tient pas ! En d’autres termes, le vocabulaire est sans dessus-dessous, ignorant les types, attribuant à l’un ce qui appartient à l’autre, ce qui peut s’avérer malencontreux pour les parents des sujets concernés, pour ces derniers et…pour l’avancement de la science tout simplement. Ainsi pp. 16-17, nous présente-t-on un tableau fort juste et précis de caractéristiques relevant, écrit-on, du type créatif ; l’embêtant, c’est qu’on situe à longueur de pages ce dernier parmi les bi-polaires ; l’ennui, c’est que l’on sait à la fois confusément et de manière topique que les types s’interpénètrent souvent partiellement ; l’embêtant, c’est que l’on subsume sous le vocable de surdoué des types parents mais différents, dont les caractéristiques une fois encore se recoupent ou sont identifiables dans d’autres types ; l’ennui, c’est qu’en l’état, il n’a pas été élaboré une typologie unique, suffisamment large et complète en ses sous-types, et stabilisée… ; l’embêtant, c’est qu’on ne sait pas même avec certitude ce qui serait caractéristiques majeures (baptisant le type) et caractéristiques mineures (pouvant être absentes chez le sujet ou se retrouver dans plusieurs sous-types) ; le prometteur, c’est que Madame Siaud-Facchin, atténuant par là la pertinence de ce que nous venons d’écrire à la seconde, a effectivement réussi à concentrer sous un unique terme l’ensemble des caractéristiques utiles et nécessaires à la caractérisation de ce qui nous importe ici. Le hic – et l’amusant - c’est qu’on retombe sur le mot – un mal, des mots … - sur la querelle des universaux que Gibello aborde sans le savoir en citant Guillaume d’Occam (Ockham) et en critiquant les nomenclatures/classifications insécurisées (et souvent dangereuses) qui résultent de la multi-appellation d’une même chose ou notion. Au fait donc ! Le fait, c’est que le bon mot tient en un acronyme, celui que forge… mais en passant… Jeanne Siaud-Facchin avec le HYP.I.E. . Mais il est peu utilisé, l’usage portant ses suffrages sur le ‘‘surdoué’’. Surdoué pourrait être utilement et sans méprise employé à condition de le tenir comme l’unique synonyme de notre hypie.

A dire vrai, le diagnostic d’hyper-phosphorescence intellectuelle permanente substantiellement conjointe à l’hypersensibilité en un sujet ressort du genre scientifique (s’il en est) et artistique de la biographie intime. Zweig nous en donne un très lointain aperçu…très lointain on l’a dit. Avouons-le : la masse des données de tous ordres que nous possédons sur la vie du Général de Gaulle ne permettent pas en l’état de réunir un nombre suffisant d’indices à l’appui de ce diagnostic. On note une hypermnésie tout au long de la vie, des épisodes de pensées suicidaires prégnantes en plusieurs occasions, par exemple lors de l’échec de l’expédition de Dakar au début de la guerre. Tout à sa joie, de Gaulle s’attendait à ce que des bateaux viennent, sirènes hurlantes, au devant de son navire en signe de ralliement, pas qu’on lui tire dessus au canon ! Il savait qu’il prenait un risque mais, brûlant les étapes qu’il avait vu que le conflit allait connaître, tout à son idée de son inéluctable mondialisation, nonobstant son pragmatisme, son sens des réalités, de Gaulle s’y voyait déjà, croyant enclencher en un tour de main par cette expédition de Dakar le ralliement des colonies. Extrême désarroi, panique même, avec peut-être phase dépressive (nature à préciser) juste avant sa visite à Baden-Baden chez Massu. Ce dernier lui prodigue les mots que de Gaulle espérait entendre : la reprise en mains est …à portée de mains. Sursaut : discours radiodiffusé. Dissolution de l’Assemblée. Manifestation monstre de soutien sur Champs. Vague gaulliste aux élections de juin 68. On a donc là en une semaine des états d’âme en dents de scie susceptible en effet de recevoir une qualification psychiatrique. En 1969, l’organisation du référendum peut être considéré, Malraux en convenait, comme un «Equivalent-suicide». En définitive, de Gaulle est hors-nomenclature. Ce n’est pas tant l’analyse que l’examen synthétique de sa vie qui permet de le rattacher au genre ‘‘génie’’. Généralement, recèle-t-il nombre de caractères originaires du hypie. Mais ce peut être tout aussi bien un doué affecté d’un QI voisinant les 130 mais à la sensibilité nullement exacerbée. Il y a du genre «créatif» dans le génie, mais tous les créatifs ne peuvent évidemment se voir estampillés de l’ordre du ‘‘génie’’. Toutefois, la créativité du grand militaire et du grand politique se retrouvent chez le compositeur ‘‘génial’’ et les classifications de hypie, doué, surdoué ressortent en premier lieu d’un conditionnement psychique interne. Le hypie peut marcher là, dans la rue, mais statistiquement, il faut bien se dire qu’il a pu être ce paysan fiévreux à la gorge enflammée  labourant son champ sans oto-rhino en Lotharingie sous l’ère carolingienne et qu’il est, aussi, ce prisonnier politique dans un camp en Corée du Nord. Question : quel est le point saillant commun à ces trois personnes (et qui les différencie des autres) ? Il n’y en a pas deux, et il tient en ces cinq mots : sensibilité supérieure à la souffrance. Tout sujet appartenant à un type doit, pour être exactement compris, être envisagé en rapport à son conditionnement psychique externe. Le lien (ou, plutôt, le ratio) entre ces deux conditionnements donnera une idée de l’envergure du sujet : envergure intensive : valeur morale (et autres) de la personne et de l’œuvre, envergure extensive (ou historique) : notoriété. L’abscisse et l’ordonnée ; l’instance et la circonstance ; l’ontogenèse et la phylogenèse. L’individu au milieu de ses histoires (10).

En compagnie du financier américain Warren Buffet (à qui on ne confiera pas ses économies parce que ... hum… dans le genre ‘‘placement risqué’’,  il n’y a guère mieux à moins qu’une crise hypomane ne vous incite à suivre les conseils d’un autre hypomane et à risquer votre portefeuille d’actions au casino tenu par votre frère jumeau…),  Gibello classe le Général parmi les surdoués. Peut-être en est-il. Mais le génie, c’est ici plus que la résilience, plus que l’endurance, c’est - en effet - la résistance (essentiellement une résistance au dramatique absence de sens du tragique de la vie et à l’irénisme psychologique de Franklin D. Roosevelt). Ecoutons Proust : «Ce qui est cause qu’une œuvre de génie est difficilement admirée tout de suite, c’est que celui que l’on évite est extraordinaire, que peu de gens lui ressemblent.» Et Zola plus encore : «Tous les grands créateurs ont rencontré au début de leur carrière une forte résistance- C’est une règle absolue qui n’admet pas d’exception.» 

Nous avons relevé que cette nécessité de mieux sérier à tous moments et à tous propos est une nécessité impérieuse pour cette science humaine, très humaine mais jamais trop humaine qu’est la psychologie. Une science qui a un besoin viscéral, organique de se voir aidée par des sciences exactes et qui (lui) sont non moins parallèles telles les sciences cognitives. Comment apprend-t-on ? Comment savons-nous ce que nous croyons savoir ? Plus l’équipage navigue dans la tempête et l’obscurité, plus il éprouve un besoin vital de s’entendre. A chaque notion, à chaque groupe humain, son expression. Jeanne Siaud-Facchin distingue très rapidement «l’extraverti très créatif » du « surdoué pragmatique qui a mentalisé son comportement et canalisé son intelligence », l’ «hypersensitif anxio-émotif » du «surdoué solide, adapté, charismatique.» Elle les distingue mais ne les sépare pas. Car leurs points communs l’emportent en effet sur leurs différences.

Le temps ne nous est pas imparti de montrer la situation philosophique des réflexions cliniciennes du Professeur Gibello, de les référencer en regard, par exemple, de Matière et mémoire de Bergson. Mais on a bien compris que l’intérêt de l’entreprise résultait de prime abord du caractère inévitablement non clinique des considérations d’un clinicien. Cette situation, on n’a pas eu la prétention de l’identifier, même s’il nous semble l’avoir laissé…imaginer.

Gibello surprend par la fourniture en son discours de la preuve du stade étonnamment élevé de connaissances relatives au développement de la pensée atteint par la psychopathologie et les sciences associées. On y perd son latin, mais ce n’est pas un drame puisqu’on retrouve son hébreu. Une étymologie, que certains disent sauvage, soutient que savoir est de racine hébraïque. Savoir, c’est se souvenir, c’est – vous vous en rappelez - savoir se souvenir. Les neurosciences nous le confirment. Ainsi, notre pensée est-elle sans le savoir hébraïque, au sens cognitif (se souvenir), et au sens ethnique qui plus est (originellement issue du peuple juif, à moins qu’il soit plus simple, dites-vous, d’écrire : originaire), l’un des deux pôle d’excellence de ce dernier étant, justement, le savoir (11). Voilà qui est bien, qui commence bien : dans l’heureuse ambiguïté de l’idée, de toute idée civilisée. 

                                                                                                          Hubert de Champris

 

(1)même si, en intention pour le moins, tout ouvrage publié par un éditeur s’adressant, comme on dit, au ‘‘grand public cultivé’’ (espèce dont on ne sait au demeurant si elle est disparue, en voie de disparition ou de réapparition) est par définition un ouvrage de vulgarisation.

(2) cf. Michael S. Gazzaniga, Le libre arbitre et la science du cerveau, Odile Jacob, pp. 176 et ss. (science du cerveau sans doute et faute d’orthographe dans le titre encore plus certainement…) ; entretien avec Jean-Michel Oughourlian, Le Figaro, 16 IV 2013.

(3) cf. B. Cyrulnik, E. de Fontenay, P. Singer, Les animaux aussi ont des droits, entretiens avec K. Lou Matignon, Seuil.

(4) aux éditions Les Arènes.

(5)faux et pas… faussement.

(6)à notre échelon, il n’y a pas lieu de distinguer langue et langage.

(7)cf. recension de Mikkel Borch-Jacobsen, La fabrique des folies , La Croix, 26 II 2013.

(8)cf. Antoine Compagnon, Proust entre deux siècles, Seuil.

(9)cf. Libération, 29 IV 2013.

(10) en fait c’est l’articulation entre d’une part les deux types d’envergure (horizontale et verticale) et l’affinement du ‘‘hippisme’’( !) (alias surdoué), d’autre part, qui permettra d’y voir plus clair. (cf. aussi Claude Thélot, L’origine des génies, Seuil et Philippe Brenot, Le Génie et la Folie, Odile Jacob poches.)

(11) cf. Yuri Slezkine, Le siècle juif, Points, p. 350, entre autres. «La communauté la plus intelligente de la terre » disait de Gaulle des Juifs : cf. Fondation Charles de Gaulle, Charles de Gaulle, chrétien, homme d’Etat, Cerf, p. 372.

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