Débats

"GREVE GENERALE du 12 octobre - APPEL de l'ARP" par Jean LEVY

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APPEL de l'ARP du 9 octobre 2010 - BAGNEUX

Chers amis et camarades,

Nous sommes entrés dans une phase d’accélération de l’histoire.

En quelques semaines, la sourde colère intériorisée par les salariés, et au-delà, par des couches de plus en plus larges de la population, s’est muée en volonté collective d’action de haut niveau. C’est ce sentiment qu’expriment les décisions prises dans de nombreuses professions, départements et entreprises de cesser le travail le 12 octobre et de recourir à un mot d’ordre de grèves reconductibles, décidées par les travailleurs eux-mêmes.

Tel est le chemin parcouru en un temps record par le monde du travail.

Rappelons-nous les atermoiements des directions des centrales syndicales, les freinages au « tous ensemble », gaspillant la combativité populaire par des « journées de manifestations » trimestrielles en 2009, semant ainsi un sentiment d’impuissance et d’inutilité de ces mobilisations périodiques.

Face au mécontentement grandissant parmi les militants ouvriers, les directions confédérales, CGT en tête, ont dû accélérer le mouvement et multiplier les initiatives nationales depuis le mois de septembre.

Des millions de travailleurs sont descendus, par trois fois, dans les rues de plus de 200 villes de France. Ils sont soutenus aujourd’hui par 72% des Français.

Les salariés ont pris ainsi conscience de leur force et aussi, face à l’attitude du pouvoir voulant dicter sa volonté d’imposer sa « réforme » des retraites, contre vents et marées, les salariés du public comme du privé, ont ressenti « l’ardente obligation », pour reprendre une expression du général de Gaulle, de passer à un stade supérieur. D’où la grève du 12 octobre et ses prolongements qui seront décidés au matin du 13, en assemblées générales.

Nous sommes donc en présence d’une épreuve de forces.

Le pouvoir ne veut pas reculer, car en la matière, il applique la politique de contre révolution sociale décidée au niveau européen, et mise en œuvre dans chaque Etat, quelle que soit la couleur du gouvernement en place, de droite comme social-démocrate.

Le pouvoir ne peut pas reculer politiquement, car il a le sentiment que seule une victoire dans l’épreuve de force peut conforter son audience, mesurée aujourd’hui à son plus bas étiage, à 26%, selon Le Figaro.

Le pouvoir se sent menacé, et Nicolas Sarkozy sent qu’il joue gros, dans l’affrontement qui se prépare.

Les forces économiques qui l’ont mis en place en 2007 lui cherchent déjà un successeur, moins déconsidéré dans l’opinion.

Dans son camp, d’abord, avec tous ceux qui tentent de se démarquer et prennent, en paroles, certaines distances avec le Président, alors qu’ils partagent, sur le fond, le même projet politique.

Dans le camp socialiste aussi, qui commence à espérer l’alternance en 2012, par rejet massif de Nicolas Sarkozy, avec Martine Aubry ou DSK.

Le capital mondialisé n’a guère de crainte de leur accession éventuelle au pouvoir, du fait du choix délibéré du Parti socialiste au « marché » et à « l’Europe ». Au contraire, une telle solution pourrait, dans l’esprit de grands patrons, réduire la menace d’un affrontement social…

Nous en sommes là à quelques jours du 12 octobre.

Le pouvoir va tenter d’amoindrir le mouvement de grande ampleur qui se prépare, auquel, les jeunes, lycéens et étudiants, vont prendre toute leur place. Déjà, les « autonomes » de la RATP, sous couvert de l’UNSA, déclarent forfait. Comme il s’agit essentiellement de machinistes, on escompte en haut lieu un nombre de métros et d’autobus en activité pour crier à « l’échec de la grève ».

D’autres manœuvres sont à prévoir. Et parmi elles, est espérée la défection de centrales syndicale habituées à la trahison. Mais cette fois, la pression de la « base » est telle qu’une décision de rompre le front commun aboutirait à des ruptures internes beaucoup plus fortes que celle subie par la CFDT en 2003.

Ce qui conduit à une certaine prudence les leaders de celles-ci.

La puissance et la détermination du mouvement social seront les seuls garants de l’unité au sommet.

Dans cette situation, quelle devrait être l’orientation de l’Arc Républicain de progrès ?

D’abord, tout faire pour soutenir de toutes nos forces, le mouvement du 12 octobre et les grèves reconductibles qui suivront, en s’adressant à l’opinion publique par tous les moyens dont dispose l’ARP.

Ensuite, en tirer toutes les conclusions politiques.

Expliquer que ce n’est pas seulement une équipe aux abois qu’il faut changer.

Remplacer Sarkozy par X ou Y, de droite, ou soit disant, de « gauche », faisant la même politique économique et sociale, ne modifierait en rien la situation des salariés, ni celle de la France.

C’est la société qu’il faut changer : substituer à la caste privée, qui s’est approprié le pouvoir économique et politique pour son seul profit, un système orienté vers la satisfaction des besoins collectifs et individuels de la population.

Cet objectif impose de rendre à la Nation, la propriété de tous les secteurs économiques stratégiques, qui en déterminent les choix. Ce qui doit conduire, en premier lieu, à une réindustrialisation de la France.

Cette politique, dictée par l’intérêt national, implique l’indépendance complète de notre pays et la souveraineté de son peuple. Cette orientation est incompatible avec l’intégration de la France dans l’Union européenne, celle-ci imposant des choix opposés aux intérêts à ceux de notre pays.

Ce sont ces idées qu’il faut développer au sein de la population pour que celle-ci s’en empare, et, au-delà de sa révolte sociale, dépasse celle-ci, en faisant de la question nationale la pierre angulaire de ses combats politiques.

POUR UNE FRANCE INDEPENDANTE

AVEC UN PEUPLE SOUVERAIN

DANS UNE REPUBLIQUE SOCIALE

Source :

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article890

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Mot clés : greve generale - ARP - Jean LEVY

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