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"UN NOUVEAU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE EST-IL POSSIBLE ET NÉCESSAIRE ?" Intervention de Jean-Luc Pujo - Samedi 3 novembre 2012

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"UN NOUVEAU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE EST-IL POSSIBLE ET NÉCESSAIRE ?"

Meeting Politique Front syndical de Classe - MPEP – PRCF – Penser la France - UPR

Samedi 3 novembre 20h30 AIX EN PROVENCE

Intervention de jean-luc Pujo

***

Mes premiers mots seront des remerciements.

Je veux remercier ici - Jacques NIKONNOF et Michèle DESSENE - pour l’organisation de cette rencontre – Remercier le M’PEP pour la qualité des échanges qui ont eu lieu durant cette université d’automne.

C’est là une qualité rare, indispensable pour toute démarche de refondation politique. Nous l’attendons tous.

Je veux aussi remercier tous ceux qui nous font l’amitié de partager cette tribune et que je veux saluer.

***

Vous nous demandez : « UN NOUVEAU CNR EST-IL POSSIBLE ET NÉCESSAIRE ? »

Cette interrogation revêt pour moi un caractère prioritaire.

Ce, pour trois raisons, que je vais tenter d’exposer sous la forme de trois questions.

1ère question : Quelle est la nature profonde de la crise que nous vivons actuellement en France ?

2ème question : « Que faire » face à cette crise ?

3ème question : Comment bâtir les nouveaux rapports de force politique ? C’est la fameuse interrogation pour un « nouveau CNR ».

***

I – Quelle est la nature profonde de la crise actuelle en France  ?

On rebat les oreilles des français d’un mot : « La crise ».

Endettement, taux d’intérêts, faillites, bulles spéculatives … - j’en passe et des meilleures – Hedgfund, Subprime, Swaps ... Nous sommes tous devenus des experts – ou presque – des montages financiers, des échanges interbancaires, des marchés à termes …etc.

Rajoutez à cela, quelques catastrophes météorologiques, quelques débats sociétaux (le droit de vote des étrangers aux élections locales ou le mariage des couples homosexuels), saupoudrez le tout de quelques faits divers sordides ; rajoutez une pincée de détails croustillants sur la vie de nos puissants : les SMS de  Mme TrierWeiller pour alimenter le triangle amoureux avec François Hollande et Ségolène Royal, comme hier les SMS de Carla Bruni-Sarkozy ou ceux de Cécilia … - Tiens c’est vrai, rien n’a changé !- Tout est écrit d’avance.

On occupe notre espace mental par un Storrytelling d’envergure.

Autrement dit – et je suis désolé de faire usage de ce mot tranchant dont il faut reconnaître qu’il est fort clair - Autrement dit : « On nous prend pour des cons ! »

[Applaudissements - rires - entendus "Oui!" -"Bravo !"]

***

La crise que nous vivons est une crise autrement plus grave.

Cette crise est d’abord et avant tout une crise éminemment politique. C’est aussi une crise profondément spirituelle.

Je vais donc tâcher rapidement de la définir si vous le permettez.

***

Les français le sentent bien.

La France n’existe plus vraiment : nos gouvernants de gauche comme de droite n’ont plus aucun pouvoir véritable – nous ne décidons plus pour nous même - nous n’avons plus de frontière – reste un peuple, une nation aux quatre vents ouverts …

La France n’est plus dirigée. Et ce ne sont pas les rodomontades du pauvre ministre Valls qui expulse lamentablement quelques familles rom qui peuvent faire illusion. Au contraire, elles trahissent l’incompétence comme la vilénie exercée au nom d’une pseudo-République. Et ne parlons pas de la honteuse extradition d’une française vers l’Espagne…

Ainsi notre pays glisse à veau l’eau.

Notre peuple conscient – pleinement conscient -  Quel peuple que celui de la France ! – Notre peuple en souffre.

Car aucun grand peuple n’aime à ne plus être dirigé, représenté, que par des incompétents.

Mais il y a pire.

A cette crise politique d’abandon s’ajoute une crise plus grave encore : une crise spirituelle majeure.

Dans le même temps où nos élites – je veux dire ces gens qui nous sont donnés pour telles – s’abandonnent dans la soumission et la corruption – dans ce même temps, s’opère par des mécanismes d’une subtilité incroyable le plus grand des hold-up intellectuels de l’histoire de notre pays.

Ferdinand LOT, l’historien, décrivant les conséquences de la défaite d’Alésia – la chute des tribus gauloises devant les légions de César - écrivait : « Alésia, c’est beaucoup plus qu’une défaite, c’est la mort d’une âme remplacée dans le même corps par une autre âme, ou, si c’est la même âme, c’est une âme vidée  de tout souvenir, une âme dont la mémoire est abolie (…) D’autres lois, d’autres usages et, ce qui est pis que tout, une autre langue vont la remplir »(1)

Nous vivons actuellement en France une nouvelle défaite magistrale devant une Rome toute symbolique.

C’est la fin de la France c'est-à-dire le changement profond de notre identité par la mutation même de notre âme collective, l’âme de la France.

***

Alors, il faut nous interroger : Mais c’est quoi la France ?

La France est bien sûr le fruit de son Histoire mais tout autant de sa géographie.

La France est un pays carrefour, ouvert et ne doit donc sa résistance aux temps – à l’histoire - qu’à une puissante Idée – celle d’un vouloir « vivre ensemble » exigeant - Idée faite d’équilibre, de tempérance et de tolérance.

La France, c’est d’abord et avant tout, l’équilibre.

Héritière de cet esprit latin qui nous a tant donné, le modèle français est un modèle de partage entre sphère du privé, d’une part, et sphère du public, d’autre part.

En France, ce qui relève de l’un est séparé de ce qui relève de l’autre.

Ce modèle n’a rien à voir – strictement rien à voir - avec le modèle anglo et saxon, aujourd’hui importé par l’idéologie néolibérale.

Là où les français sont attachés à la notion d’Intérêt général – notion supérieure garantie par l’Etat (c’est son rôle) – les anglo et saxon affirment – eux – que la société est faites de la somme  des intérêts particuliers.

Pour eux, tout a un coût. Tout peut être source de profits.

Pour nous, français, il existe des biens dont la valeur est inestimable ; que l’on ne peut résumer à un coût, encore moins les exploiter pour réaliser des profits.

Eux privatisent tout.

Nous, nous affirmons l’existence de biens inestimables : la santé, la vie, l’éducation, les routes, les hôpitaux … ça n’a pas de prix !

Pour eux, tout s’affiche : sexualité et croyance.

Pour nous, sexualité et religion sont affaires privées.

Ce sont ces valeurs, c’est ce modèle que la République a pour mission de protéger.

C’est au nom de ce modèle que des jeunes gens se sont engagés à l’aube de leur vie dans la Résistance : écoutez-les témoigner !

Ils vous le disent encore aujourd’hui : « Nous voulions un monde meilleur, fait de justice et de partage … pour les générations futures  » !

Qu’avons-nous fait de cet engagement ?

Que faisons-nous de leurs promesses déposées pleines de larmes au pied du lit de leurs sacrifices ?

Que faisons-nous ? Indignes que nous sommes aux souvenirs du sacrifice de ces Hommes !

[Grand silence de la salle]

***

Oui ! Aujourd’hui, nous assistons à la fin de la fin de la France.

Non pas tant que les français aient dit « oui » !

C’est bien sûr le contraire : nous assistons en direct au viol de la France.

Nous vivons en direct le forçage d’un modèle sur un corps qui n’en veut pas.

Car quoi !?

Le 29 mai 2005 : les français ont dit « NON » !

Ils n’ont pas dit « Oui mais non »  ou « Non mais Oui » !

Ils ont dit un « NON » clair, cinglant !

Et deux ans après - à peine ! - voila qu’un Parlement corrompu valide le même texte infâme !

La Nation a été - là - victime de la plus honteuse des forfaitures !

Il faudra juger ces Hommes là. Ce jour viendra. Et nous serons impitoyables. Tous ! « En prison, pour médiocrité »(2) ! Dirons-nous avec Montherlant !

C’est de ce viol dont la France est aujourd’hui politiquement malade.

Et c’est de cette maladie dont les français sont atteints, en silence.

En silence ?

Eh bien reprenons la parole ! Faisons Nation ! Faisons démocratie !

Face à cette crise - politique et spirituelle - il faut que le peuple de France reprenne en main le destin de la Nation ! 

***

II – Quel est notre programme de redressement ? – Le fameux « Que faire » ?

Pour quel programme ? (C’est ma deuxième interrogation)

Pour nous - « Penser la France » - un programme s’impose, en trois points. Il faut :

- 1 – Libérer la France ;

- 2 – Relever la Nation ;

- 3 – Réussir la République ;

***

1)   Libérer la France :

Retrouver l’indépendance de la France, cela veut dire recouvrer toute notre capacité à décider dans le seul intérêt de la Nation.

Nous connaissons tous les attributs de la souveraineté définis depuis la Renaissance, par Jean Bodin : battre monnaie ; faire les lois ; rendre la justice ; décider de la paix et de la guerre ;

Tous ces attributs ont été perdus par la France. Il nous faut les retrouver.

Pour cela, nous devons :

1 - sortir de l’OTAN, et dire NON au bouclier anti-missile américain ;

- 2 - sortir de l’Union Européenne, cette nouvelle « Nef des fous » ;

3 - sortir de l’EURO ;

Il n’y a pas d’alternative possible à ce triptyque.

[Entendus : "Bravo"!]

2)   Relever la Nation :

Il nous faut relever la Nation.

C'est-à-dire réapprendre la France. Réapprendre les valeurs communes, supérieures qui fondent la France.

Eduquer nos concitoyens les plus jeunes à l’esprit des Lumières, plein de promesses : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondée que sur l’utilité commune. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

Désolé ! Ça a quand même plus de gueule que « In god we trust !(3) » Non ? 

[Applaudisements ! "Bravo"]

Nous devons combattre avec la plus grande fermeté tous les communautarismes possibles et inimaginables.

Nous devons réaffirmer avec force cette évidence : « Le communautarisme, c’est du racisme ! »

3)   Réussir la République :

Enfin, nous devons réussir la République

C'est-à-dire remettre la République partout.

Nous devons faire priorité autour de ce message comme un mot d’ordre : nous devons restaurer la République, en tout lieu, pour tous les Hommes.

L’ordre républicain comme la justice républicaine.

C’est cela que nous appelons – nous – « l’hyper-république » !

C’est la volonté de faire Nation avec tous ceux qui adhérent au pacte républicain, aux valeurs supérieures de notre humanité, au nom d’une Idée élevée de la France.

***

Comment alors mettre en œuvre ce programme ?

III – Comment bâtir une nouvelle force politique ? C’est le « Comment Faire » ? C’est le fameux « nouveau CNR ».

L’ensemble des partis politiques français sont aujourd’hui corrompus par le système.

Nous n’avons plus rien à attendre des partis politiques actuels.

Nous le savons, la social démocratie et la droite financière sont vendues au néolibéralisme.

Le Front National protestataire a toujours été un parti ultralibéral regardant vers Washington, qui plus est différentialiste et non universaliste.

Alors, nous allons devoir inventer.

Le salut seul viendra du peuple de France agrégé autour des fondements républicains plus que républicains.

Nous allons devoir revenir aux fondamentaux – renouer avec l’esprit de la France, l’esprit de la République.

Il nous faut donc travailler à l’émergence d’un front commun, alliant – forces progressistes, forces de l’ordre et de la tradition.

Nous devons aujourd’hui allier le meilleur de la Gauche avec le meilleur de la Droite.

Nous devons réveiller la France, la rééduquer à l’essentiel – Comment ?

« Il nous faut retrouver le goût du danger, de l’aventure, le défis à la peur, la dignité de la vie et de la mort … toutes ressources d’intelligences et des âmes qui s’étiolent – précisément - dans la servitude »(4).

Cet esprit, la France l’a connu dans un passé récent. C’est celui qui habitait les Hommes du Conseil National de la Résistance, conjuguant leurs différences au nom de l’intérêt supérieur de la France, au nom d’une idée élevée de l’Homme.

Quelle force portée par ces Hommes hors du commun, qui s’impose à l’esprit comme une évidence parce qu’elle a pour elle la « Force accablante de l’unanimité républicaine » pour reprendre les termes de Jaures.

Alors, serons-nous dignes de ce combat ?

Sommes-nous encore capables du « beau sursaut de la colère » pour reprendre l’interrogation magnifique du grand Résistant Jean Cassou ?

***

Nous sommes tous réunis ce soir pour répondre – tous ensemble - un grand « oui ».

Sachez simplement, Chers Compagnons, Chers Camarades,  que - plus que jamais - le peuple de France attend que nous soyons à la hauteur de cette espérance, celle qu’il porte depuis si longtemps en son cœur.

Cette espérance, c’est l’espérance en la France, dans le génie de la France.

Alors Oui ! Retrouvons foi en la France et tout redeviendra limpide !

Vive le nouveau CNR !

[Applaudissements nourris - Entendus : de multiples "Bravos" !]

Fin


(1) « La Gaule » Ferdinant LOT ;

(2) « La Reine morte » Montherlant ;

(3) « En Dieu nous croyons »

(4) Le philosophe Manuel de Diéguez ;

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