Débats

Elevage : comprendre la crise, identifier les solutions (Coordination Rurale)

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[Dossier suivi par Eric Rogalle - Responsable national pour les questions agricoles pour "Penser la France"]

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L'année 2015 a été celle de la nouvelle PAC, avec ses baisses des montants d'aides, son verdissement et ses déçus ! Les éleveurs, galvanisés il y a deux ans au Sommet de l'élevage de Cournon par un président de la République arrivant en sauveur, ont eu le temps de voir la réalité en face : la crise perdure et elle est profonde. Les tables rondes organisées ces derniers mois dans toutes les productions n'ont abouti qu'à des mesurettes sans commune mesure avec les enjeux. Désemparés, les éleveurs ont manifesté leur détresse.

Le 3 septembre, la FNSEA a repris un mouvement parti de ses adhérents bretons mécontents et a voulu en faire une démonstration de force à Paris. De nombreux tracteurs s'y sont rassemblés pour demander des aides, encore et toujours. La CR ne souhaitait pas appuyer, et encore moins rejoindre cette mascarade, préférant axer son combat au niveau européen le 7 septembre à l'occasion du Conseil européen des ministres de l'Agriculture. Qu'en est-il sorti ? Une déception de tous côtés.

Ce dossier, centré sur les trois grandes productions d'élevage que sont le lait, la viande bovine et le porc, vise à présenter notre analyse de la crise, pour identifier des solutions concrètes et efficaces.


Le scandale de la vente à perte pour les agriculteurs


Bovins et ovins viande : une hausse constante des charges, non couverte par celle des prix

Un rapport[1] du CGAAER de février 2015 s'intéresse en particulier aux bovins viande. Ce rapport pointe le fait que les charges globales des exploitations augmentent de plus de 2 % par an depuis 10 ans, sans que le niveau des prix à la production ne permette de les couvrir. Pourtant, des marges existent : en 20 ans, le prix moyen des viandes payé aux producteurs a augmenté de 12 %, alors que le prix à la consommation a connu une hausse de 60 %.

La modulation des aides PAC, la rigueur budgétaire et le système des coefficients stabilisateurs (pour rester dans une enveloppe prédéfinie) coûtent très cher aux éleveurs spécialisés en bovins viande : chaque ferme a perdu en moyenne 20 000 € sur les quatre dernières campagnes (données Agreste – traitement interne). Ce coup de rabot aveugle sur les aides est d'autant plus destructeur que ce sont les aides qui leur permettent d'avoir un revenu positif. Mais ce revenu reste très faible et les éleveurs de bovins viande disputent régulièrement la dernière place au classement des revenus aux éleveurs d'ovins viande.

Ces derniers sont quasiment en voie de disparition, balayés par des prix d'importations sans commune mesure avec leurs coûts de production : ainsi, le nombre d'exploitations de brebis allaitantes a diminué de moitié depuis 25 ans (2014 : - 55 % / 1990), ce qui se traduit également sur le cheptel (2014 : - 45 % / 1990). La tendance au vieillissement des éleveurs est visible : deux-tiers d'entre eux ont plus de 50 ans (chiffres 2011), un tiers au moins étant aux portes de la retraite. Qui reprendra leurs exploitations dans ce contexte si difficile, avec une PAC 2015 très loin des ambitions affichées ? Notre autosuffisance en viande d'agneau n'est qu'un très lointain souvenir et le déclin du pastoralisme a des conséquences évidentes, mais aussi plus inattendues (voir dossier).

Les éleveurs de bovins viande qui produisent également des grandes cultures, soi-disant très rémunératrices si on en croit les prélèvements opérés pour la PAC 2015, ont perdu la moitié de leur revenu en 2014 ! Au final, les éleveurs de bovins et d'ovins viande n'ont ni de quoi vivre correctement durant leur carrière, ni de quoi mettre de côté, faute de bonnes années, pour préparer leur retraite.

Bovins lait : une très forte volatilité des prix

Depuis 2003, la volatilité du marché laitier mondial va en grandissant et la libéralisation du marché laitier européen en 2005 a répercuté dans l'Union Européenne cette volatilité sur le prix du lait payé aux producteurs. Le manque de stabilité touche directement les trésoreries et les revenus des exploitations.

Prix moyen du lait payé au producteur en France
Figure : Prix moyen du lait payé au producteur en France – Web-agri.fr

Au premier semestre de 2015, une conjoncture particulièrement défavorable est venue s'ajouter à ce contexte difficile : la baisse de la demande mondiale liée notamment à l'embargo russe, la hausse de la production de l'UE et la concurrence de la Nouvelle-Zélande, ont touché le marché laitier de plein fouet.

Ces difficultés liées au prix du lait font  d’importants dégâts. En 15 ans, un tiers des producteurs de lait français ont disparu. La Bretagne, première région laitière où la production est à la pointe de la compétitivité, a perdu 10 000 exploitations laitières entre 2000 et 2010 (dernier recensement agricole). Mais, depuis 5 ans, cette évolution s'est encore aggravée : les producteurs disparaissent et ceux qui restent n'ont pas d'autre choix que de s'agrandir, pour produire toujours plus de volume, en alimentant par là-même la course aux prix bas. Cela implique des investissements, qui peinent à être remboursés lorsque le prix du lait ne suit plus. C'est le cercle infernal.

Porc : des charges insurmontables face à un prix faible

Coûts de production du porc

Le secteur porcin français est en crise depuis plus de dix ans. De premier pays producteur de l'Union Européenne il y a vingt ans, la France est aujourd'hui passée 4ème en termes de cheptel et elle ne va pas tarder à être doublée par la Pologne. En recul sur le marché européen en vif et en poids de carcasse, nous sommes même devenus importateur net.

Les éleveurs de porcs français sont parmi les plus compétitifs en Europe avec une amélioration constante du nombre de porcelets sevrés par truie. Le coût de production moyen 2008-2012 en atteste : la France a le coût le moins élevé des cinq grands pays producteurs européens (Ifp-Interpig). Mais ce coût de production a beaucoup augmenté ces dernières années (Source Ifip – voir graphique ci-contre) pour passer à 1,54 €/kg net au 3ème trimestre 2014. Le poste alimentaire représente près de 70 % du coût de production.

Cours du porc au MPB

Face à cela, le prix ne suit pas (voir graphique ci-dessus). Le prix d'objectif de 1,40 €/kg, lancé par Stéphane Le Foll, reste un prix de survie. Pour vivre dignement de leur travail, il faut payer aux éleveurs de porcs 1,60 €/kg.

Pour des éleveurs majoritairement en intégration, cet écart entre coût et prix de vente les a conduits à un endettement lourd et permanent qui limite leur indépendance et qui les oblige à produire coûte que coûte. Les alternatives à ce modèle intégré sont rares et les producteurs, même en groupements indépendants, peinent à défendre leurs intérêts. L'instabilité du prix du porc, encore une fois démontrée lors des récents épisodes au Marché du porc breton (MPB), représente un problème majeur dans les exploitations.

Les normes environnementales et de bien-être animal nécessitent également des investissements très importants. Or, le niveau d'endettement des éleveurs de porcs ne leur permet pas d'y faire face. Ainsi, depuis les dernières mises aux normes obligatoires pour les truies gestantes, 15 % des élevages bretons ont cessé leur activité faute de moyens pour investir.


Produire pour l'export sur le marché mondial ruine notre agriculture


Viande bovine

La crise n'est pas uniquement conjoncturelle comme aiment à le dire certains responsables syndicaux et les pouvoirs publics. La crise est avant tout structurelle, plus ou moins accentuée par des effets conjoncturels : les relations diplomatiques, les contextes géopolitiques, les problèmes sanitaires, les crises laitières, etc.

Le revenu des éleveurs est faible parce que la filière ne parvient pas à les rémunérer. La France a un rôle prédominant sur le marché européen des bovins viande et de la viande bovine. Pourtant, les cours observés dans d'autres pays membres sont très souvent supérieurs à ceux constatés chez nous.

Une aberration : en France, nous ne produisons pas pour notre marché ! Ainsi, nous produisons beaucoup de jeunes bovins allaitants que nous exportons, et nous mangeons surtout de la vache (notamment laitière) elle-même importée… Où est la logique ?

Quant à la politique de soutien, elle est inefficace : chaque euro accordé aux producteurs est capté par l'aval. Ainsi, en 2014, 257 M€ d'aides aux producteurs ont été captés par les abatteurs (données de l'Observatoire de la Formation des Prix et des Marges).

Le fonctionnement du marché de la viande bovine et du vif doit être revu. La différence de taille économique entre les maillons de la filière est si importante que le jeu de l'offre et de la demande est truqué et conduit à affaiblir les plus faibles, à savoir les éleveurs. Face à cela, le regroupement des producteurs actuel reste inefficace. Pour apporter des solutions pérennes aux éleveurs et construire les bases d'une filière au fonctionnement vertueux, il n'y a pas d'autre choix que celui de réformer en profondeur les relations commerciales.


Lait de vache

En UE, la croissance des volumes de lait produits se fait surtout pour l'export vers les pays tiers (en grande partie l'Asie). Cela génère pour la France un solde commercial important (3,8 milliards d'euros en 2014) ce qui, vu l'état des finances et de l'économie françaises, est sans doute considéré comme précieux par les pouvoirs publics.

Pourtant, le fait de baser notre production sur l'export est à double tranchant et comporte des risques certains qui se traduisent aujourd’hui par des prix très sensibles aux variations du marché mondial (embargo russe, crise chinoise, etc). De plus, certains pays sur lesquels nous comptons pour acheter nos produits visent l'autosuffisance (93 % pour l'Asie en 2012) et risquent donc rapidement de nous faire faux bond : ce qui engorgera le marché et pèsera sur les cours.

Pour rémunérer dignement leur travail, les éleveurs laitiers ont besoin d'un prix à 45 cts/litre, ce que ne peuvent offrir ni le marché mondial ni les laiteries qui veulent se positionner à l'international. Au final, les éleveurs sont toujours perdants.


Porc

Faute d'avoir anticipé collectivement la baisse de notre production, l'ajustement de la capacité française d’abattage se fait dans la douleur, notamment dans l'Ouest avec les difficultés du groupe  GAD et AIM. Cinq groupes totalisent les ¾ de l’abattage français, les deux premiers (Cooperl Arc Atlantique et Bigard) représentant chacun 20 %. La distribution alimentaire a investi le secteur et réalise désormais 1/3 des abattages de porcins bretons.

La viande de porc, comme la plupart des produits frais dans les rayons de la distribution, fait l'objet d'un report de marges important pour compenser ceux où les grandes marques agro-alimentaires font pression sur les prix. De plus, les promotions permanentes faussent le prix des produits et dévalorisent auprès des consommateurs le travail de qualité des éleveurs, soumis à des normes contraignantes.


Relevés de prix du porc en 2014Figure : Relevés de prix du porc en 2014 (Hypermarché – Observatoire des prix et des marges)


Enfin, l'embargo russe est venu aggraver la situation. En 2013, la Russie représentait le 3ème marché d’exportation pour les opérateurs français avec près de 70 000 tec, soit près de 10 % des exportations françaises. Dans un marché national au solde devenu déficitaire en valeur le chiffre d’affaires à l’exportation pour le porc français a donc reculé en un an de 10 % pour atteindre 1,3 milliard d’euros en 2014. Ce chiffre non négligeable montre notre dépendance à l'export, et l'embargo russe en a confirmé les dangers. À défaut de vendre à la Russie, la plupart des volumes s’est retrouvée sur le marché communautaire ou national . Les pièces ont été stockées ou vendues pour être transformées dans les fondoirs, au tiers de leur valeur de 2013...

Le « syndicalisme de solution » : produire plus pour gagner moins !

La FNSEA avait appelé 1 000 tracteurs à venir manifester à Paris le 3 septembre 2015. Les grandes revendications : l'insuffisance du plan d'urgence de 600 millions décidé en juillet, une année blanche pour les traites bancaires, des aides plus importantes, la demande de plus de considération, etc.

La CR ne peut que déplorer que l’attitude des hauts dirigeants du syndicalisme majoritaire qui se servent de la détresse des éleveurs pour faire croire qu'ils défendent encore les agriculteurs. Hélas, c'est bien la FNSEA qui a préparé les orientations libérales de la réforme de la PAC 92 qui a fait disparaître dans son sillage plus de la moitié des agriculteurs. Le pire est que la cogestion est telle que les mesures annoncées par Manuel Valls étaient déjà connues : il s'agissait donc bien pour la FNSEA de montrer sa puissance.

La FNSEA est responsable de la situation actuelle (PAC, coopération, contractualisation...)

Si la FNSEA défendait les agriculteurs, l'agriculture ne serait pas dans l' son état de délabrement actuel et la FNSEA serait à nos côtés pour demander une réorientation de la PAC. Elle qui se trouve à la tête des coopératives ferait en sorte qu'elles soient exemplaires dans la rémunération de leurs adhérents. Elle ne serait pas à la pointe du combat pour la contractualisation, qui va soi-disant  permettre une meilleure rémunération des éleveurs. Cela fait plusieurs années que les contrats existent dans le secteur laitier, et nous voyons le résultat. Les contrats proposés par les laiteries sont désavantageux pour les éleveurs : il faut s'engager à produire une quantité estimée de lait par avance, des pénalités sont fixées à la charge du producteur qui dépasse ou sous-produit l'estimation qui aura été faite (ce qui arrive systématiquement puisque la production du lait n'est pas faite par des machines, mais par des animaux). Il est inacceptable d'être ainsi contraint à produire et ce, sans garantie de prix minimum et sous la menace permanente de pénalités. La pression est mise pour signer ces contrats avec des risques de cessation de collecte du lait à la ferme et des retraits de primes pour les réfractaires.

Un contrat est un engagement. Dès lors qu'il est signé sous la contrainte ou dans des conditions déséquilibrées de dominant-dominé, il ne peut pas fonctionner correctement. C'est une relation gagnant-gagnant qui construit durablement un partenariat économique avec, pour chaque signataire, des droits et des devoirs. De plus, la contractualisation ne pourra être efficace que si la notion de coût de production est spécifiquement inscrite dans la fixation du prix du lait et si le contrat est équilibré.

La FNSEA reste sourde à l'appel de sa base

Au final, les dirigeants se sont félicités que le gouvernement ait soi-disant entendu leur message et ait pris des mesures, mais ils n'ont pas entendu les huées de leur base, déçue et écœurée de repartir les mains vides. Les 600 millions annoncés ne vont pas résoudre le problème : sur cette somme, 500 millions sont des aides à l'investissement. Mais comment investir quand on n'a pas de revenu et qu'on a déjà du mal à rembourser les investissements déjà réalisés pour être toujours plus compétitifs sur le marché mondial ? Il leur faudra encore et toujours gagner en compétitivité pour conquérir le marché mondial, quoi qu'il leur en coûte : le slogan « Produire plus pour gagner moins » n'est pas et ne sera jamais celui de la Coordination Rurale.

D'autres que nous le disent

Pierre Priolet (Consommer-juste.fr, Lettre d'information du 1er septembre 2015)
« Sur le principe, vous allez penser que la FNSEA a une puissance de mobilisation très importante. En fait, quand vous mobilisez peu et que vous voulez créer, avec l’accord du gouvernement, une impression de masse, 1 500 tracteurs suffisent à bloquer un nombre suffisant d’axes routiers pour perturber de manière significative les citoyens d’une grande ville comme Paris. De plus, comme vous disposez d’un budget conséquent, vous payez 150 € chaque participant de ce défilé et vous avez réussi à faire croire que vous représentez la France agricole dans son ensemble. Cela, c’est la première partie de la manipulation-cogestion Etat-FNSEA. La deuxième partie consiste à recevoir dans l’après-midi, un communiqué du gouvernement qui annonce des mesures que tous connaissaient déjà depuis quelques jours et sur lequel l’Etat et la FNSEA se sont mis d’accord à l’avance. Communiqué qui permet d’affirmer que vous avez obtenu une victoire de haute lutte grâce à la pression des manifestants et au génie de négociateur de votre Président de syndicat : une réponse très positive à nos revendications. Et pour les autres, la compassion du Ministre face à une crise de cette envergure ! Un mensonge, deux gagnants ! [...] Le ministre connaît parfaitement les prix de revient de tous les produits agricoles région par région et chaque aide accordée ! Pourquoi ces prix ne sont-ils pas connus du grand public alors qu’ils le sont du ministre ? Pourquoi cache-t-on la vérité sur nos coûts de production au grand public, alors que nous payons des fonctionnaires pour les calculer ? Le SMIG est connu de tous. Les barèmes du RSA sont connus de tous. Les agriculteurs en ont assez des mascarades et des compromissions entre l’agro-alimentaire et la grande distribution. »

Tribune du 14/08/15 de Périco Légasse (lefigaro.fr)
« C'est un problème de déloyauté communautaire et de mode de consommation à la fois. Mais c'est surtout un problème de stratégie agricole et de vision politique pour l'alimentation de demain. Reprenons le problème à sa genèse. Cela fait quarante ans que l'on explique aux éleveurs de porc (et de poulet) Bretons que, sur ce terrain-là (celui du bas de gamme intensif polluant), ils resteront imbattables, que personne ne pourra faire mieux, et que si ça devait être le cas, cela proviendrait de si loin que des mesures protectrices seraient prises aussitôt au niveau communautaire pour protéger le marché. Ces grands stratèges n'avaient évidemment pas prévu que le problème viendrait du voisin de palier. Que doit faire le boulanger quand son cousin germain installe un stand devant sa boutique en vendant la baguette de pain 20 centimes moins cher que lui avec le même papier d'emballage? Si rien ne se passe, c'est, à moyen terme, notre indépendance alimentaire qui est menacée. A moins que ce ne soit pas une menace et que l'on puisse un jour trouver normal que 75% du contenu de nos assiettes provienne d'au-delà de nos frontières. A vendre peu à peu le pays à la découpe, nos industries les plus florissantes, nos technologies les plus performantes, nos brevets, nos voitures, nos vins, pourquoi pas notre garde-manger ? »


Pour la CR, le combat est à Bruxelles pour obtenir une réorientation profonde de la PAC

La mission de la PAC est de garantir une alimentation saine et de qualité, mais avec un revenu pour les agriculteurs. Hélas, la puissance de notre industrie agroalimentaire s'est développée sur celle de notre agriculture et comme la CR l'avait prévu lors de la réforme de la PAC de 1992, tout ce pan de notre économie s'effrite. Pour redresser la barre avant qu'il ne soit trop tard, la France doit obtenir de ses partenaires européens une réforme profonde de la PAC.

Ce n'est pas à Paris que les choses se passent, mais à Bruxelles : remettre de l’argent sans changer le système ne servira qu’à repousser l’échéance. C'est pourquoi la CR s'est joint à l'appel de l'European Milk Board à l'occasion d'un Conseil agricole extraordinaire réuni en urgence face à la crise le 7 septembre 2015. Il s'agissait de demander une régulation des marchés et une production tournée vers nos besoins plutôt que soumise aux errements du marché mondial : ce combat est le seul capable de résoudre durablement la crise de l'agriculture.

Sans organisation permettant de gérer et d'agir sur la production et les marchés en UE, il sera impossible d'atteindre les nouveaux objectifs que doivent se fixer nos partenaires européens :

- une garantie de prix rémunérateurs pour les producteurs,
- une garantie des volumes de produits à traiter et commercialiser pour l'aval, en adéquation avec les débouchés disponibles,
- une garantie de qualité et de quantité pour les consommateurs.

Le Programme de Responsabilisation des Marchés (PRM) que nous portons pour le secteur laitier avec l'EMB (cliquez ici pour le lire) est une déclinaison très concrète de ce projet de régulation que nous portons pour toutes les productions. Il faut d'urgence, et tous ensemble, gagner ce combat des prix rémunérateurs et de la régulation pour enfin sortir de plus de 60 ans d'errements.


[1] Rapport de situation et de proposition sur la filière bovins viande
SOURCE:
http://www.coordinationrurale.fr/elevage-comprendre-la-crise-identifier-les-solutions.html

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